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Un maire interdit à Niantic « l’implantation virtuelle » de pokémons
Loi Crédits : KeongDaGreat/iStock

Un maire interdit à Niantic « l’implantation virtuelle » de pokémons

Y en avait-il ?
3 min

Le maire de Bressolles (Ain) a pris un arrêté municipal pour interdire purement et simplement l’implantation virtuelle de pokémons sur le territoire de sa commune. Une interdiction motivée par des soucis jugés réels.

Afin de prévenir quelques troubles consécutifs à la chasse aux pokémons, Fabrice Beauvois a signé un court texte administratif pour prohiber, dès son article 1, « l’implantation virtuelle de personnages Pokémon ». Pour motiver cette décision, le maire de cette bourgade de 800 habitants a soulevé cinq arguments.

Il y aurait déjà un « danger » relatif à la recherche de ces bestiaux, du fait de l’inattention des piétons et des conducteurs « visionnant leur téléphone ». De plus, cette quête peut favoriser « en soirée et la nuit la constitution de groupes dont il convient de prévenir l’émergence ». Identiquement, elle serait nourrie par « une propagation contagieuse et anarchique », susceptible « d’addiction dangereuse ». Enfin, et de ce fait, ce phénomène risque de troubler le « bon ordre et la tranquillité publique ».

L’exécution de l’arrêté, signalé notamment par Le Progrès, a été laissée à la charge de The Pokémon Company et Niantic, qui disposent de deux mois pour attaquer la décision devant le tribunal administratif.

Si cette disposition a peu de chance d’être prise en compte, ce n’est en tout cas pas la première fois que des politiques s’inquiètent de la vague Pokémon Go. Voilà peu, des députés sont ainsi montés au créneau, estimant que des joueurs peuvent par ce biais s’introduire illégalement chez des particuliers ou pire, dans des lieux sensibles tels des centrales nucléaires ou des sites militaires.

pokemon go arrêté bressolles

De la CNIL, au CERT-FR en passant par les parlementaires

Du côté du gendarme des données personnelles, la CNIL apportait fin juillet un autre éclairage contrasté sur ce jeu populaire, à savoir la possibilité pour son éditeur de drainer des armées de consommateurs potentiels vers des espaces physiques commerciaux, tels « des magasins partenaires, des marques sponsorisant des lieux ».

Elle expliquait le mode opératoire : « concrètement, plutôt que de revendre les données de ses utilisateurs, l’éditeur du jeu préfèrera inciter ses joueurs à se rendre chez ses partenaires commerciaux. Ces derniers rémunéreront plus ou moins l’éditeur selon la qualité des profils qui franchiront leur porte. Ainsi, plus les données collectées par l’application sont précises, plus le profilage du joueur/consommateur est fiable, meilleure sera la rémunération de l’éditeur ». Quand d’un côté, les particuliers chassent le pokémon, de l’autre, l’éditeur transforme le chaland en consommateur.

Et la CNIL de recommander une vigilance accrue : « Face au manque de transparence de certaines applications, beaucoup d’utilisateurs n’ont pas conscience de la quantité d’informations personnelles qu’ils sont susceptibles de transmettre vers l’extérieur ni de savoir où elles vont, ou encore à quelles fins elles peuvent être utilisées. Il ne faut jamais oublier qu’un jeu gratuit implique une contrepartie à obtenir de la part du joueur ».

Le 1er aout, un bulletin du CERT-FR, publié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, épinglait également cette problématique, parmi d’autres risques : « de par son fonctionnement, l'application collecte en permanence de nombreuses données personnelles qui sont ensuite transmises au développeur du jeu, par exemple les informations d'identité liées au compte Google ou la position du joueur obtenue par GPS. Certaines indications visuelles (nom de rue, panneaux, etc.) présentes sur les photos prises avec l'application peuvent aussi fournir des indications sur la position actuelle du joueur ».

Marc Rees

Publiée le 16 août 2016 à 09:09


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