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Telegram supprime 2 000 canaux liés à Daech par mois
Applications

Telegram supprime 2 000 canaux liés à Daech par mois

Et le rythme augmente
3 min

L’application de messagerie Telegram a été critiquée à plusieurs reprises pour son manque d’actions contre son utilisation par Daech, et plus globalement par les terroristes. Une réputation qui lui colle à la peau, et dont le service veut se débarrasser en montrant qu’il agit.

Depuis environ deux ans, Telegram est pointé du doigt. L’aura est peu reluisante : l’application a notamment été utilisée par Daech, a priori pour plusieurs attentats récents, dont ceux de Paris. De nombreuses conversations s’articulaient autour du chiffrement de bout-en-bout (E2E), qui empêchait les services de renseignement et les forces de l’ordre de faire leur travail.

Par défaut, un chiffrement classique

Il faut ici préciser un élément important : contrairement à WhatsApp depuis sa bascule vers le protocole Signal, les conversations ne sont par défaut pas chiffrés de cette manière. Elles disposent bien d’un chiffrement, mais comme pour tant d’autres services hébergés, Telegram en possède la clé.

Avec une solution E2E, l’éditeur n’a aucun moyen de savoir ce qui transite, les serveurs ne servant que de relais pour des informations chiffrées. Dans Telegram, ces communications correspondent aux conversations secrètes qui, comme pour WhatsApp ou même dans Messenger, ne sont lisibles que depuis un seul appareil (conséquence logique de la clé privée).

Une moyenne de 2 000 canaux et bots bloqués par mois

Or, les reproches faits à Telegram ne concernaient pas uniquement les conversations secrètes. L’application propose depuis longtemps une fonction de canaux de conversation, où n’importe qui peut librement s’inscrire. Cette facilité à créer des groupes a attiré l’attention de groupes terroristes, dont Daech, ou de personnes proches de ces mouvements. Les bots étaient également dans la ligne de mire.

Telegram a justement communiqué à ce sujet, par la voix de son PDG, Pavel Durov (également fondateur du réseau social Vk en Russie). Il indique ainsi qu’entre 60 et 70 bots et canaux liés à Daech sont supprimés par jour, avec une moyenne de 2 000 supprimés en tout par mois. 1 987 ont été bloqués en septembre, 1 800 en octobre, 2 094 en novembre, et 2 118 pour l’instant en décembre (en date du 25).

Tout repose sur les utilisateurs

Comment la société procède-t-elle ? Par les signalements des utilisateurs. Les canaux sont publics et chaque version de l’application contient une procédure pour déclarer un problème. La fonction se trouve toujours dans l’interface du canal, sous la forme d’un bouton ou d’un menu. Les demandes sont ensuite examinées et des actions prises en conséquence.

Ces dernières ne sont d’ailleurs pas nouvelles. Le 18 novembre 2015, l’éditeur indiquait déjà avoir bloqué 78 canaux de conversations liés à Daech. Un chiffre intéressant et qui pose la question de l’évolution croissante : le nombre de canaux a-t-il augmenté de manière significative avec le temps, ou les moyens de lutte ont-ils été intensifiés, conduisant à une moyenne de 2 000 fermetures par mois.

La problématique pose en fait la question de l’intervention d’un éditeur dans une solution de messagerie ou dans un réseau quelconque. Elle se retrouve régulièrement dans le réseau Tor, qui permet à la fois à des personnes de communiquer dans des pays où la liberté d’expression n’est pas garantie, et à d’autres de masquer des réseaux d’échanges de contenus pédopornographiques. De fait, certains continueront de favoriser la neutralité totale de ces réseaux, quand d’autres préfèreront qu’un certain degré de surveillance reste en place.

On notera cependant que dans le cas de Telegram, l’éditeur n’indique pas parcourir lui-même le contenu des canaux. Il s’appuie exclusivement sur les signalements des utilisateurs. À moins de développer des moteurs spécifiques de détection dans de nombreuses langues – et donc de mettre en place une surveillance plus ou moins prononcée de toutes les conversations – la mission réclamerait des moyens conséquents.

Publiée le 28 décembre 2016 à 14:29


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