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Facebook : la Messenger Platform 2.0 veut conquérir le monde avec ses bots
Applications

Facebook : la Messenger Platform 2.0 veut conquérir le monde avec ses bots

Le lourd bruit des bots
8 min

Lors de sa très riche conférence d’ouverture de la F8 hier soir, Facebook a abordé Messenger, dont la dimension de plateforme prend encore de l'ampleur. Le service a toujours pour objectif d’être bien plus qu’une messagerie, et les efforts de l’entreprise en ce sens sont manifestes. Au risque d’en faire trop ?

Il y a bien longtemps que Messenger n’est plus vraiment une application classique de messagerie au sens où on l’entend habituellement, comme peuvent l’être Telegram, Viber ou encore bien sûr WhatsApp. L’éditeur a renforcé son service, lui adjoignant différentes capacités, que ce soit directement ou via des bots, l’un des grands axes de développement récents – pas que chez Facebook d’ailleurs, comme en témoignent les exemples de Skype et Twitter.

Hier soir, après avoir longuement discuté des réalités augmentée et virtuelle, Facebook s’est donc dirigé vers la Messenger Platform, qui passe pour l’occasion en version 2.0. Toujours plus de bots, de contacts avec les entreprises, agrémentés de QR codes ou de jeux, pour un ensemble qui se veut décidément le grand compagnon de vie de tout un chacun.

La grande offensive des bots

C’est David Marcus, vice-président de la plateforme, qui s’est occupé hier soir des présentations sur Messenger. Prouvant que le service n’est plus depuis longtemps un simple outil de communication pour le grand public, le responsable a indiqué que sur la masse du 1,2 milliard d’utilisateurs on trouvait désormais 65 millions d’entreprises.

Pour chacune, Messenger veut devenir le lien privilégié avec ses clients, un domaine où Twitter cherche également à se faufiler. Les évolutions de la plateforme la destinent à devenir une sorte de catalogue des entreprises connectées – pensez aux Pages Jaunes – avec l’arrivée prochaine d’un onglet Découvrir, qui les référencera ainsi que l’ensemble des bots rattachés.

Cet onglet est en fait en cours de déploiement. Si vous ne le voyez pas encore, il suffit donc simplement d’attendre. L’ajout est clairement important, puisque l’aspect découverte est souvent celui qui permet de se distancer de la concurrence (quand elle existe), surtout au sein de services qui brassent une quantité énorme de données. Quitte à aller chercher ce qui existe ailleurs.

Comme Facebook l’a fait pour Snapchat et ses Stories, elle propose désormais les Smart Replies, que l’on a déjà vues chez Twitter. Le principe est le même : les développeurs programment à l’avance des réponses à différents cas de figure. Pour les entreprises, cela signifie notamment donner quelques premiers éléments de support, orienter le client vers le service adapté, lui fournir un moyen de contact, etc. En clair, l’idée reste de traduire une FAQ sous forme de bot.

Cette fonctionnalité est spécifique aux Pages et pourrait bien intéresser les petites et moyennes entreprises qui n'ont pas nécessairement les ressources pour développer un bot, ces Smart Replies étant beaucoup plus simples d'approche.

david marcus facebook messenger

Des QR codes pour lier des évènements à des bots

Pour mettre encore davantage l’accent sur ces derniers, Facebook va également proposer les Messenger Codes. Rien de bien compliqué ici puisqu’il s’agit simplement de QR codes liés directement à des bots spécifiques. Ils sont faits pour accompagner des évènements, avec l’idée que les utilisateurs scanneront directement ces éléments picturaux pour aller chercher le bot qui va bien.

À voir si cette fonctionnalité prendra davantage que les QR codes, qui ne sont entrés que très partiellement que dans les mœurs. Petite précision, les entreprises auront la possibilité de générer plusieurs codes « paramétriques » pour un produit ou un évènement.

Dans tous les cas, le succès de ces fonctionnalités passe avant tout par la qualité des bots. Beaucoup ne proposent que des fonctionnalités sommaires et ces petits modules en eux-mêmes ne sont pas une garantie de succès. Si l’idée est d’améliorer les relations entre les entreprises et leurs clients ou d’améliorer leur visibilité, les développeurs concernés ont tout intérêt à travailler avec soin les interactions disponibles.

Incruster les entreprises et le streaming musical dans les conversations

Pour ceux qui n’ont que faire des bots, il reste cependant d'autres ajouts en approche. À commencer par les Chat Extensions, des compléments qui vont permettre aux utilisateurs dans les conversations groupées d’intégrer des fonctionnalités provenant d’autres services.

Exemple simple avec Apple Music ou Spotify : plutôt que d’aller dans l’application chercher un titre ou une liste de lecture, on reste dans Messenger et on utilise l’extension associée pour aller récupérer cet élément, qui se retrouve alors partagé avec les autres participants.

La dimension de partage change de paradigme ici. L’idée est bien d’appuyer que Messenger est un endroit où l’on reste : ce sont les autres services qui s’adaptent et s’intègrent, plutôt que de considérer la messagerie comme un simple débouché depuis les autres applications. En outre, on voit clairement venir le type d’évolution qu’une telle intégration suppose.

Facebook y voit très probablement un cercle vertueux : un renforcement de la visibilité pour les entreprises, ainsi qu’une utilisation prolongée de Messenger. Des sociétés comme Apple (Music), Kayak, Spotify, TheScore, OpenTable, Food Network, NBA ou encore le Wall Street Journal sont déjà dans la boucle. Le bénéfice pourrait d’ailleurs être important, puisqu’un utilisateur qui partage une liste de lecture Spotify incitera sans même y faire attention les autres à s’y abonner pour en profiter.

Facebook espère peut-être qu’une majorité de messages soit liée, d’une manière ou d’une autre, à un service qui, même s’il n’est pas techniquement payant, aura toujours quelque chose à vendre.

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Une « intelligence » artificielle qui déborde sur la commande en ligne

Si les bots sont un domaine dans lequel s’ébattent plus ou moins joyeusement les entreprises, les assistants personnels en sont un autre. Facebook possède d’ailleurs le sien depuis bientôt deux ans. Nommé M, il n’est pas toujours pas disponible en France, mais continue néanmoins de s’enrichir.

M se veut maintenant davantage un moteur de recommandations. En analysant les conversations, il est censé être capable de proposer des activités, des lieux où sortir, des films à voir et ainsi de suite. Il permet dans une moindre mesure de recommander des Stickers quand il estime que c’est pertinent. Il autorise en outre la commande directe de nourriture via une compatibilité avec Delivery.com, une première pour l'assistant.

Ce dernier ajout en dit assez long sur les perspectives offertes à Messenger si Facebook réussit son pari. On peut tout à fait imaginer qu’un utilisateur, sans trop savoir comment contacter une entreprise, n’aura qu’à fouiller le catalogue de bots, trouver celui qui l’intéresse puis faire une commande si le choix lui est donné. Et s’il ne va pas spontanément vers cette société, M le fera peut-être pour lui plus tard.

Il sera particulièrement intéressant de voir Facebook résoudre l’équation qui se profile, quand son moteur de recommandation va croiser les besoins toujours croissants de la publicité. Sur quels critères M se basera-t-il pour proposer un service ou un autre ? Les entreprises pourront-elles investir pour y gagner en visibilité ?

Messenger veut aussi se renforcer sur les jeux

Messenger risque d’avoir au bout d’un moment un certain problème d’interface s’il continue à intégrer un nombre croissant de fonctionnalités, au risque d’ailleurs de devenir une véritable usine à gaz. Facebook déploie pourtant actuellement un nouvel onglet, cette fois dédié aux jeux.

Les développeurs ont en effet un plus grand nombre de capacités devant eux, notamment à travers les bots – encore eux décidément. Outre ces « Game bots », Facebook veut également renforcer ce qu’elle appelle le « gameplay profond ». Derrière ce nom se cache tout simplement des jeux au tour par tour, où l’utilisateur et ses contacts peuvent s’affronter de manière asynchrone. Exemple évident, une bataille navale et bon nombre de jeux de société.

Ces ajouts viennent compléter les Instant Games, disponibles depuis novembre dernier. Il faut croire que Facebook ne les trouvait pas assez visibles, et pour cause : il fallait trouver l'icône de manette dans les fonctions de conversations, accessibles depuis le « + » bleu.

Une application à tout faire, au risque d'une overdose ?

On peut se demander finalement si Facebook n'en fait pas un peu trop. La plupart des utilisateurs ignorent bien entendu les annonces faites par l'entreprise hier soir et ne découvriront donc ces ajouts que petit à petit. Mais d'une application qui servait simplement à discuter avec ses amis, on passe à une véritable usine dont le concepteur aimerait qu'elle convienne à presque tous les types d'interactions.

Une évolution qui pose bon nombre de questions, notamment pour une application dont le poids se rapproche déjà des 300 Mo (la version 113 pèse 277 Mo sur iOS). Par exemple, les choix ergonomiques alors que l'interface est déjà « rongée » par des éléments dont on ne peut jamais se débarrasser bien longtemps : les Stories (qui ont bien du mal à prendre, contrairement à Instagram), les contacts favoris, ceux en ligne, etc.

Aucune option ne permet d'avoir uniquement la liste classique des conversations. Et quand on constate le respect de Facebook pour le concept de choix, il y a de quoi s'interroger sur la suite des évènements. Surtout, on se demande si l'utilisateur va répondre présent devant cette avalanche de fonctionnalités potentielles et sur l'idée d'un Messenger omniprésent. Il ne sera pas si simple pour certains d'accepter l'idée qu'un tiers serve de lien entre eux et les services qu'ils souhaitent consommer.

Facebook pourrait cependant réussir son pari si les développements suivent et que le résultat permet concrètement de gagner du temps et/ou en qualité de service. La société américaine aura alors inventé le minitel nouvelle génération.

Notre dossier sur la F8 2017 :

Publiée le 19 avril 2017 à 17:36


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