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Les revenus télécoms encore en baisse, malgré la montée de la fibre et de la 4G
FAI Crédits : AndreyPopov/iStock/ThinkStock

Les revenus télécoms encore en baisse, malgré la montée de la fibre et de la 4G

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Après un espoir fin 2016, les revenus du secteur affichent une nouvelle baisse, malgré la transition vers le très haut débit fixe (porté par la fibre) et la généralisation de la 4G sur mobile. À l'ère de l'illimité, l'explosion des usages ne signifie pas celle du chiffre d'affaires.

Après une légère remontée des revenus fin 2016, les télécoms voient à nouveau leurs chiffres partir à la baisse. L'Arcep a publié son observatoire des marchés des communications électroniques, pour le deuxième trimestre. Le chiffre d'affaires global a plongé de 0,2 % face à 2016, à 8,9 milliards d'euros, dont 8,1 milliards pour les seuls services télécoms.

Sur le fixe, les revenus s'établissent 4,3 milliards d'euros sur trois mois (-0,6 %), soit « une baisse plus contenue depuis le début de l’année 2015 que les années précédentes (-2% par an en moyenne entre 2012 et 2014) » selon l'autorité. Les revenus spécifiques au haut et très haut débit ont bien monté (+2,7 %, à 2,9 milliards d'euros), mais les autres activités liées ont perdu de leur superbe. Les services à valeur ajoutée (les numéros spéciaux) ont fondu de 9,4 %, pour s'arrêter à 264 millions d'euros.

Côté mobile, les revenus grimpent par contre (modestement), avec 0,9 % de mieux face à 2016, à 3,5 milliards d'euros. Malgré un revenu moyen par abonné en légère baisse, le parc de forfaits continue inlassablement de grossir, avec une explosion de la part de lignes en 4G et de la consommation de données, alors que les usages classiques continuent de décroître.

Explosion du très haut débit, fibre en tête

Fin juin, le pays comptait 28,1 millions d'abonnements à l'Internet fixe, dont 70 % (19,7 millions) disposent d'un accès couplé à la télévision. Si ce taux grimpe lentement depuis quatre ans, il ne donne pas encore lieu à une extension de la redevance audiovisuelle, réclamée par les sociétés de gestion collective et constamment repoussée par le gouvernement.

La facture moyenne reste relativement stable à 34 euros HT par mois, alors que les clients basculent progressivement du haut au très haut débit. À la mi-2017, 6,1 millions d'abonnés disposaient d'un débit descendant à 30 Mb/s ou plus. C'est 1,4 million de mieux qu'à la mi-2016. Pour mettre ce chiffre en perspective, c'est environ 20 % du total des accès Internet en France, et 37 % des lignes éligibles au très haut débit.

La progression s'appuie surtout en fibre jusqu'à l'abonné (FTTH), qui a gagné 800 000 abonnés en un an. Le rythme accélère nettement, alors que 600 000 clients avaient passé le pas entre la mi-2015 et la mi-2016. Au total, 2,65 millions de logements sont connectés en FTTH. Le réseau distance le câble à plus de 100 Mb/s, qui compte 1,33 million de clients (+10,2 % en un an).

Abonnés très haut débit T2 2017 Arcep
Des revenus en baisse continue, alors que les débits montent - Crédits : Arcep

Entre 30 Mb/s et 100 Mb/s, les connexions en VDSL, câble non rénové et box 4G comptent pour 2,2 millions de lignes, soit 360 000 de mieux sur un an. Ce segment doit voir sa part gonfler d'ici 2020, le gouvernement comptant sur l'amélioration des débits pour la majorité des Français, notamment en 4G fixe. Le potentiel technique de cette dernière solution reste tout de même à prouver, l'Agence du numérique appelant à la prudence face aux ambitions des industriels.

Comme nous l'avions vu, la fibre reste encore majoritairement accessible en zones très denses, soit les grandes agglomérations. Les connexions entre 30 et 100 Mb/s devraient occuper les zones rurales à court et moyen terme, aidant le très haut débit à grignoter le haut débit. Il a fondu de 540 000 abonnements en un an, pour un total de 21,9 millions de lignes, dont 21,4 en ADSL. La tendance, entamée depuis 2015, n'est pas prête de s'arrêter.

La moitié des forfaits connectés en 4G

Côté mobile, 73,5 millions de cartes SIM étaient en circulation fin juin (hors M2M), soit 1,6 million de mieux en un an. Comme d'habitude, la progression est entièrement due aux forfaits, dont le nombre grimpe de 2,4 millions, pour s'établir à 62,7 millions. Sur cet ensemble, 20,6 millions sont couplées à un abonnement fixe (+1,7 million). La technique de rétention des abonnés, consistant à fournir une remise pour l'abonnement fixe et mobile, semble marcher à plein.

Le trimestre a compté 1,8 million de conservations de numéros, contre 1,5 million un an plus tôt.

En face, le prépayé continue sa lente chute. Avec 10,8 millions de cartes SIM dans la nature fin juin, leur nombre a baissé de 900 000 sur un an. À peine 8,3 millions sont actives (-12,7 % sur un an), ce qui signifie que 2,5 millions n'ont émis aucun appel ou SMS en trois mois.

L'Arcep pointe la baisse « ininterrompue » de ce parc depuis début 2012, soit l'arrivée de Free Mobile sur le marché. Le revenu moyen par utilisateur s'établit, lui, à 15,9 euros par mois (-0,9 %), contre 17,8 euros par mois en forfait (-1,6 %).

Cette baisse du revenu par utilisateur est à l'opposé des usages. Fin juin, la moitié des cartes SIM étaient utilisées en 4G, soit 36,5 millions au total (+10 millions en une seule année). Ces clients 4G représentent 90 % de la consommation mobile totale, de 522 Po sur le trimestre. Une quantité qui a plus que doublé en un an. Un mobinaute consomme 2,5 Go en moyenne par mois, contre 4,8 Go en 4G.

Près de 75 % des cartes SIM en activité sont utilisées sur un réseau 3G, c'est-à-dire 54 millions (+3,8 millions en un an). La demande de cartes de couverture détaillées pour l'Internet mobile, qui devraient arriver au mieux en 2018, devient donc de plus en plus pressante.

Cartes SIM forfaits prépayés T2 2017 ArcepCartes SIM 3G 4G T2 2017 Arcep
Crédits : Arcep

Chute des appels et SMS, un tiers de cartes MtoM supplémentaires

Il faut dire que l'explosion de l'Internet mobile amène la chute des utilisations plus classiques. 47,1 milliards de SMS ont été échangés en trois mois, soit 8 % de moins qu'un an plus tôt. En moyenne, chaque mobile a envoyé 225 SMS par mois, contre 250 en moyenne depuis 2012.

Le trafic téléphonique suit aussi une pente descendante (-4,5 %), avec 57,9 milliards de minutes échangées. Dans le détail, chaque ligne a émis 2h30 d'appel par mois (-24 minutes). 16,6 milliards de minutes ont été émises depuis les téléphones fixes (-13,6 %), contre 41,3 milliards depuis des mobiles (-0,3 %, soit la première baisse depuis 2009).

Enfin, un secteur se porte (très) bien : les cartes SIM pour objets connectés, le MtoM. Fin juin, la France comptait 13,7 millions de ces cartes, contre 10,3 millions au deuxième trimestre 2016. Leurs revenus restent tout de même stables, à 27 millions d'euros. Les réseaux très bas débit, comme LoRa et Sigfox, ne sont pas encore pris en compte, ce qui arrivera une fois leurs volumes suffisants. En attendant, le MtoM reste un marché aux revenus limités, selon le régulateur.

Publiée le 10 octobre 2017 à 09:00


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