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Game Connection : la Paris Games Week des professionnels du jeu vidéo
Jeux video Crédits : Kevin Hottot - CC BY-SA 4.0

Game Connection : la Paris Games Week des professionnels du jeu vidéo

Serious game
6 min

Pendant que le grand public s'essayait aux dernières nouveautés vidéoludiques dans les trois halls occupés par la Paris Games Week, une autre manifestation se déroulait au niveau inférieur de l'un d'eux : la Game Connection. Un salon destiné aux professionnels, où studios et éditeurs scellent leurs partenariats.

La Paris Games Week n'est pas seulement un rendez-vous pour les familles et joueurs. En coulisses, dans un hall dont l'accès est interdit au grand public, éditeurs, studios, vendeurs de middleware et de moteurs de jeu se réunissent et enchaînent les rendez-vous en tête-à-tête pour parler affaires.

D'autres se massent dans diverses conférences où l'on parle monétisation et où l'expérience de petits studios compte autant que celle amassée par les géants du secteur. Ce salon dans le salon s'appelle la Game Connection Europe et se tient régulièrement à Paris depuis maintenant 16 ans.

L'édition 2016 avait regroupé, selon ses organisateurs, 2 700 visiteurs provenant d'une soixantaine de pays, certains exposants faisant partie du gotha de l'industrie vidéoludique. 

Notre dossier sur la Paris Games Week 2017 :

Allées vides et ambiance studieuse

Pendant que dans les halls voisins le public fait la queue – parfois pendant plus de deux heures pour essayer un seul jeu, sous le bruit assourdissant des caissons de basse et des animateurs haranguant une foule prête à bousculer son voisin pour arracher un t-shirt – dans les couloirs de la Game Connection, tout n'est que chuchotements.

Oubliez également les stands grandiloquents et les spectacles son et lumière, les stands de chaque exposant sont d'une grande sobriété. Une table, quelques chaises, parfois un ordinateur portable et une simple bâche pour identifier à qui l'on a affaire. Les couloirs eux, sont quasi vides et laissent apparaître une moquette à la couleur criarde. Un tout autre monde.

En passant au milieu des box, on retrouve quelques noms connus, comme Nintendo, OVH ou Unity, venus prêcher pour leurs plateformes, l'un voulant attirer des studios indépendants sur sa Switch, l'autre vantant la robustesse de son cloud, et le dernier la facilité d'emploi de son moteur.  

Games Connection
L'archétype d'un stand à la Game Connection - Crédits : Mary Chan

Au milieu de tout ce petit monde, un espace avec dix bornes numérotées, où se rejoignent les dirigeants et les développeurs, qui ont organisé leur journée avec une petite application fournie par les organisateurs.

Il suffit d'y entrer ses disponibilités, et la machine s'occupe du reste en remplissant tous les créneaux libres avec des rendez-vous fixés par un algorithme, jusqu'à une quarantaine par jour. Ainsi, de 9h du matin jusque tard le soir, le salon se transforme en une foire au pitch, chacun ayant rodé le sien avant de se lancer dans le grand bain.

Le CNC au chevet des studios

Parmi les acteurs présents sur le salon, le CNC partage un stand, un peu plus grand que les autres avec la BNF, venue faire un peu de pédagogie auprès des studios autour du dépôt légal de leurs œuvres. Un point sur lequel nous reviendrons prochainement plus en détail.

Le CNC lui, est venu rappeler aux uns et aux autres qu'une multitude d'aides à la création est accessible à la plupart des studios, et que contrairement à la croyance populaire, les démarches ne sont pas aussi lourdes qu'elles n'y paraissent. « Il faut bien comprendre que le CNC est là pour aider les studios à se développer, il faut qu'ils viennent nous voir », nous explique un des représentants de l'institution. 

À ceux qui estiment que la procédure est trop complexe ou chronophage, le CNC répond qu'il suffit de prendre rendez-vous avec les équipes dédiées au jeu vidéo afin de préparer le dossier en amont, et cibler les bonnes aides en fonction de l'avancement du projet. « Nous n'avons virtuellement pas de limite quant au nombre de dossiers pouvant être financés » nous lâche-t-on.

Depuis 2008, seulement 200 jeux, produits par 80 studios, ont pu profiter du Crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV) estime l'institution. Le fonds d'aide au jeu vidéo (FAJV) soutient quant à lui une quarantaine de projets par an pour un total de 3 à 4 millions d'euros selon les années. Le CNC pilote enfin avec l'Ifcic un fonds octroyant des prêts aux studios, à des conditions préférentielles. Il est doté de 20 millions d'euros, et peut amener jusqu'à 2 millions d'euros par titre.

La monétisation des jeux au cœur des préoccupations

Le long d'un couloir, plusieurs espaces étaient réservés pour suivre diverses conférences. Casques sans-fil vissés sur la tête, pour ne pas déranger le fourmillement des pitchs quelques mètres plus loin, présentateurs et spectateurs philosophent sur des sujets divers, comme les dernières tendances de monétisation pour les jeux. 

Sur ce sujet, Chris O'Kelly, responsable de studio chez Huuuge Games, Etienne Fougerousse, « editorial economic designer » chez Ubisoft Mobile, Julien Dulioust, responsable de la monétisation chez CCP Games et Nikola Cavic, responsable du développement Nordeus, ont échangé leurs expériences respectives.

« L'un des points cruciaux, c'est que vous devez impérativement laisser au joueur la liberté de s'investir financièrement ou non dans votre jeu », insiste-t-on chez Ubisoft, arguant que la limite entre un jeu free-to-play (à accès gratuit) et un « pay-to-win » (payez pour gagner) est souvent assez fine.

Ce modèle-là peut néanmoins fonctionner, s'il est clairement présenté au joueur. Le cas de World of Tanks est ainsi cité lors du débat. « Il y a là un chemin pay-to-win très clair puisque le joueur peut acheter directement des chars plus performants. Cependant, les compétences du joueur restent un élément très important pour déterminer sa performance, surtout sur PC », note Julien Dulioust, précisant que la prépondérance du « skill » du joueur est bien plus importante sur PC que sur mobile, où les mécaniques sont souvent plus simplistes. 

World of Tanks Blitz

Autre enseignement : l'abonnement n'a pas la côte sur mobile. « C'est un très bon moyen de souder une communauté, mais on manque de données pour jauger de son intérêt sur mobile », lâche Etienne Fougerousse. Le modèle de l'abonnement dit « chinois » commence quant à lui à prendre de l'ampleur.

L'idée est de faire acheter au joueur un pack permettant de récupérer une récompense par jour pendant un mois. « Cela permet de faire revenir le joueur chaque jour pendant un certain temps », note-t-on chez CCP Games, qui voit là un bon moyen de maintenir son nombre d'utilisateurs quotidiens, un indicateur crucial pour les jeux free-to-play. 

Reste un mystère à résoudre : comment parvenir à convaincre un joueur de dépenser de l'argent dans un jeu gratuit ? Il n'y a malheureusement pour les éditeurs pas de recette miracle, mais il est déjà établi que certains schémas ne fonctionnent pas du tout. « Vendre des objets cosmétiques dans un jeu solo par exemple, ça ne marche pas. Le cosmétique c'est quelque chose de social, on veut le montrer aux autres », appuie Etienne Fougerousse.  

Parmi les quelques options obtenant de bons résultats, offrir des avantages « VIP » aux joueurs en fonction de leur niveau de dépenses. « Ce n'est pas très démocratique, mais d'un point de vue business c'est quelque chose de très très efficace » indique-t-on du côté d'Ubisoft. 

« Proposer des objets de vanité, comme des badges pour soutenir une équipe, est également une stratégie payante. Ceux qui n'ont jamais dépensé d'argent sur le jeu avant vont ensuite le faire beaucoup plus facilement », assure Nikola Cavic, reprenant l'exemple d'écussons aux couleurs de clubs de football sur Top Eleven.

Autant d'options qui fleuriront peut-être, d'ici quelques mois, dans votre free-to-play préféré. 

Publiée le 14 novembre 2017 à 08:30


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