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Canal+ a rétabli le signal de TF1 (hors replay)
Télévision MàJ

Canal+ a rétabli le signal de TF1 (hors replay)

Jean-Pierre Pernaut aussi
18 min

Mise à jour du 10 mars 2018 à 09:51 :

L'éventualité d'un blocage global de TF1 s'éloigne, Canal+ venant d'indiquer que le signal était rétabli, à temps pour la soirée consacrée au concert des Enfoirés sur la première chaîne. Aucun autre détail n'est donné, si ce n'est que le replay n'est toujours pas remis en place. Maxime Saada avait indiqué que le signal serait restauré si un accord était signé. Pour l'heure, TF1 n'a encore rien annoncé de tel.


Les réactions se multiplient dans le conflit opposant Canal+ à TF1. Ainsi, le PDG de la filiale de Bouygues est monté au créneau alors que Free et Orange le menacent d'une coupure. Le président de l'Arcep a aussi livré son avis, tandis que le Ministère de la Culture fait le dos rond.

Dans le conflit qui oppose TF1 à ses distributeurs, les choses se compliquent. Cela fait maintenant deux ans que le groupe cherche à proposer à ses partenaires une offre « Premium » comprenant l'accès à ses chaînes, accessibles gratuitement via la TNT, et un ensemble de service comme le start over, un flux 4K, un replay plus long, etc.

TF1 Premium, un peu trop pour certains

L'objectif affiché était de récolter 100 millions d'euros, mais pour le moment seuls Bouygues Telecom et SFR ont signé. Le premier appartient au même groupe (Bouygues), le second aurait sauté le pas à la faveur d'une reprise de ses chaînes par Bouygues Telecom. Un échange de bons procédés permettant à chacun de faire pression sur les autres distributeurs.

Mais depuis février, c'est la guerre ouverte avec Orange, Canal+ et Free, qui jugent la proposition de TF1 trop coûteuse par rapport à ce qui leur est proposé. Leurs contrats de distribution, dénoncés par la filiale de Bouygues en avril 2017, se terminaient respectivement le 31 janvier, 28 février pour les deux premiers et le 31 mars 2018 pour le dernier.

Chez Orange l'accès à MyTF1 n'est plus disponible sur les Livebox depuis un mois, mais le FAI n'a pas coupé le signal en direct de TF1. Il a préféré supprimer ses campagnes publicitaires à venir sur les chaînes de son « opposant ». Canal+ a de son côté sauté le pas dans la nuit de jeudi à vendredi et coupé le flux en direct comme le replay, le tout accompagné d'une assignation au Tribunal de commerce de Paris. Free a clairement annoncé que lui aussi pourrait tout couper.

Car une échéance importante approche : la coupe du monde de football en Russie qui commence le 14 juin. Les choses s'accélèrent donc sérieusement, chacun montrant ses muscles et son impact potentiel sur l'autre, quitte à pénaliser les téléspectateurs le temps de la négociation. Heureusement, ces derniers ne sont pas sans solutions.

Canal+ reste ferme : « TF1 se pensait tout puissant »

Vendredi, le CSA nous confiait être attentif à la situation bien qu'il n'ait pas été sollicité officiellement par l'une des parties. Le Conseil nous confirmait que Canal+ pouvait tout à fait décider de ne plus proposer les chaînes de TF1 au sein de son offre, tout comme un fournisseur d'accès à Internet. Une analyse partagée par l'Arcep.

Idem pour le cas de l'offre TNT Sat puisqu'une autre solution est accessible : Fransat. Reste la question des zones blanches, et des clients qui ont sans doute mieux à faire que de changer le réglage de leur installation satellite en fonction des conflits du moment entre chaînes et distributeurs. 

De son côté, le Ministère de la Culture publiait un tweet « humoristique » vendredi soir afin de préciser, en substance, aux téléspectateurs que la TNT permettait de continuer à accéder aux chaînes du groupe TF1 pendant « la tempête » :

Mais dès la fin du week-end, tout est reparti de plus belle. Invité du Village médias d'Europe 1 lundi matin, Maxime Saada, directeur général de Canal+, a indiqué qu'il ne remettrait pas le signal en place tant qu'un accord ne serait pas signé. Il refusait également de payer pour des chaînes gratuites, évoquant un montant demandé en dizaines de millions d'euros.

« Il en existe une trentaine en France [de chaînes gratuites, ndlr], donc cela impactera directement le consommateur d'une façon ou d'une autre. Les sommes qui sont demandées par TF1, pour nous, c'est l'équivalent d'un Baron noir, d'un Bureau des légendes, de séries qui sont très appréciées par nos abonnés » précisait-il, indiquant réagir aux menaces répétées de TF1 depuis deux ans, notamment de couper le signal à Canal+.

Maxime Saada rappelle au passage que la chaîne dispose du premier canal de la TNT, grâce à une fréquence fournie gratuitement par la puissance publique, et qu'elle peut acheter certains droits sportifs en exclusivité du fait qu'elle est accessible à tous sans abonnement, contrairement à Canal+ : « Changer de modèle c'est potentiellement nous imposer demain de payer pour la Coupe du monde de foot ». Un point emblématique.

Il ne se dit pas opposé à la rémunération des services. Ayant trouvé un accord avec « des acteurs raisonnables » comme France Télévisions et M6 sur le sujet, il précise que les montants n'ont alors rien à voir avec « les niveaux demandés par TF1 ». Le budget de dépenses pour l'ensemble des programmes du groupe en France est de 1,2 milliard d'euros par an mais Saada insiste : « il n'est pas question de payer pour une chaîne gratuite, c'est une question de principe ».

Orange et Free montent le niveau des menaces

C'est par un petit « essai » effectué dans la nuit de lundi à mardi que Free a de son côté montré qu'il était sérieux. Un message indiquait alors qu'« après quinze ans de distribution sur nos réseaux [TF1] a décidé d'exiger une rémunération infondée pour des chaînes disponibles gratuitement en TNT et sur internet ». 

Évoquant une rémunération trop élevée, l'interruption de la diffusion des chaînes du groupe TF1 était annoncée. Le message a rapidement disparu. Le signal que Free voulait envoyer était alors que « tout est prêt ». Le moment choisi  n'a rien d'anodin puisqu'Orange a lui aussi évoqué cette possibilité dans une interview accordée au Figaro lundi soir

Au final, ce sont 18 millions de français qui pourraient ne plus avoir accès à TF1 autrement que par la TNT et Fransat ou des solutions annexes telles que Captvty et Molotov.

TF1 contre-attaque

De son côté TF1 n'a pas tardé à réagir et a dans un premier temps envoyé Régis Ravanas au front. Il s'agit de l'actuel directeur général adjoint publicité et diversification du groupe. Il est d'abord intervenu sur Europe 1 lundi soir, puis chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC mardi matin pour diffuser un message sensiblement identique.

Tout d'abord sur le mécontentement des utilisateurs, alors que Maxime Saada évoquait le soutien de ses abonnés le jour précédent. Ici la musique était forcément différente, TF1 jouant plutôt sur la corde de l'attachement des Français à la première chaîne. Autre élément évoqué, l'aspect soudain de la décision : « ça a été coupé sans que l'on ne soit prévenus, ni nous ni l'ensemble des français ».

Comme dans le communiqué de presse de la semaine dernière, l'étonnement est de mise alors que les discussions étaient au beau fixe selon TF1, là aussi à l'opposé des propos du directeur général de Canal+ : « On avançait pas si mal que ça, il y a eu une décision subite que l'on a pas bien comprise ».

Appelant à une solution rapide, il tacle néanmoins son partenaire/ennemi, notamment sur ses pratiques commerciales, précisant que TF1 est un élément important de son offre : « ces Français payent parfois des centaines d'euros par an, parfois un millier d'euros par an pour avoir l'ensemble de l'offre de Canal, et l'offre de Canal c'est aussi les chaînes du groupe TF1 qui représentent 30 % de l'audience en France. C'est comme si on vous retirait 30 % de votre offre, alors que finalement vous ne pouvez même pas vous faire rembourser ».

Et Ravanas d'ajouter qu'un abonnement à Canal+ « dure pendant des mois, vous savez que l'on ne peut pas sortir comme ça d'un abonnement Canal+. D'ailleurs, c'est peut-être un vrai sujet », à deux doigts de relancer Sans aucun doute.

Maxime Saada Europe 1Régis Ravanas RMC
Maxime Saada de Canal+ / Régis Ravanas de TF1

Des chaînes gratuites, lorsque l'abonnement n'est pas payant

Sur le fond de l'affaire, il explique la position du groupe TF1. Les chaînes sont gratuites, notamment LCI qui s'est battu pendant un long moment pour ne plus être une chaîne payante, dépendante de ses distributeurs. Mais lorsque des sociétés proposent un bouquet avec les chaînes du groupe à l'intérieur, ils doivent payer.

C'est ici que la position diverge : Canal+, Orange et Free estiment intégrer des chaînes gratuites aux côté d'un bouquet payant là où TF1 considère que ses chaînes font partie de ce bouquet : « Aujourd'hui les abonnés paient déjà pour les chaînes du groupe TF1 et à partir du moment où elles sont vendues, nous disons juste qu'il faut qu'il y ait une juste rétribution, quelques centimes par abonnés qui reviennent au groupe TF1. Et si elles n'étaient pas vendues, il n'y a pas de problème, c'est gratuit pour les gens ».

Sur la question de l'augmentation de tarif, il considère cela comme négligeable : « Cela ne changera rien pour les gens, s'ils paient quarante euros pour voir Canalsat, demain ils continueront à payer le même prix. D'ailleurs nous avons signé un accord avec le groupe Altice, avec le groupe Bouygues Telecom et les abonnements de SFR ou de Bouygues Telecom n'ont pas augmenté ». Oubliant l'intérêt que ces derniers peuvent avoir à jouer le jeu de TF1, pour l'instant tout du moins.

Une autre question se pose d'ailleurs : si les distributeurs payent pour la chaîne et que celle-ci diffuse de la publicité, ne doit-il pas y avoir un partage de revenus comme c'est le cas aux États-Unis ? Un exemple souvent cité par Maxime Saada. Selon Ravanas, les situations et modèles ne sont pas comparables. Notamment le fait que la limite est à 18 minutes par heures outre-Atlantique contre 12 minutes chez nous, ce qui empêcherait un tel partage.

TF1 préfère l'exemple de pays européens « que ce soit en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Pologne ou dans toute l'Europe de l'Est, il y a ce type d'accord. Une télévision qui s'appuie à la fois sur la publicité pour vivre, mais aussi sur les accords avec les groupes de distribution ». Ici, c'est Canal+ qui indique que les modèles ne sont pas comparables. De quoi donner une idée du dialogue de sourd entre les deux sociétés.

Le montant évoqué par Maxime Saada est aussi contesté : « C'est faux. Il est vrai que c'est plusieurs millions d'euros, mais ce ne sont pas plusieurs dizaines de millions d'euros. Ce sont des accords très en deçà de ce qui est versé dans d'autres pays ». Il réfute aussi l'impact important sur les audiences, un discours déjà donné par TF1 en début de semaine dans la presse : « on a des programmes extrêmement fédérateurs, donc les gens trouvent des moyens pour les regarder, ils rebranchent leur antenne satellite ou leur signal TNT, ils vont voir sur notre application MyTF1 ».

Pour Régis Ravanas un accord doit être trouvé rapidement : « Il faut que le groupe Canal revienne à la raison. Ne pas céder ce n'est pas le propos aujourd'hui, le propos c'est de trouver un accord, et de faire en sorte que l'on puisse se retrouver autour de quelque chose de raisonnable avec Canal+ qui doit rester un partenaire. Les distributeurs et les diffuseurs ont des destins liés, il faut juste qu'il y ait un partage de la valeur qui soit équitable ». Il a ajouté en fin d'interview qu'un accord allait être trouvé avec Orange, sans évoquer le cas de Free

Free lance son ultimatum accompagné d'une dernière offre

La réponse de ce dernier ne s'est pas fait attendre puisque l'on apprenait dans la journée d'hier chez nos confrères du Parisien qu'une ultime offre avait été faite à TF1, considérée comme « généreuse », mais très en deçà de ce qui avait été demandé par la filiale de Bouygues : 21 millions d'euros, soit trois euros par an et par abonné, avec un contrat assez strict.

Sans accord, le signal sera coupé à la fin de la semaine, sans doute après la diffusion du concert des Enfoirés. À l'inverse, un accord avec M6 serait bientôt trouvé.

Le PDG de TF1 s'exprime à son tour

De quoi inciter Gilles Pélisson, PDG de TF1, à monter au créneau à son tour. On retrouve dans ses propos chez Le Parisien les arguments de son directeur général adjoint, mais avec quelques informations complémentaires.

Ceux qui suivent l'évolution des technologies autour de la TV s'amuseront de voir vantées des solutions comme le start over ou TF1+1 (un décalage d'une heure) comme des innovations technologiques qui justifieraient les montants demandés. En effet, la première a été introduite par Numéricable en France il y a près de quatre ans, quand la seconde  est déjà largement utilisée par Canal+ ou même les chaînes de Disney. 

Mais le patron de la Une met aussi en avant la coupe du monde (obtenue du fait de son accès gratuit), la possibilité d'un flux 4K sur certains programmes et les productions dans lesquelles il investit comme « notre feuilleton « Demain nous appartient » qui fait travailler 350 personnes à Sète... Ces investissements-là ont un prix » lance-t-il, sans doute conscient que les revenus publicitaires ne seront pas toujours au rendez-vous et qu'il faut changer de modèle tout en restant sur un canal gratuit de la TNT, qui reste un mode de diffusion privilégié, surtout lorsque l'on est en première position.

 Demain nous appartient TF1

Pour lui, les abonnements triple play et autres bouquets comme Canal+ profitent du contenu de sa chaîne, qui ne touche rien. « Il est temps de faire bouger les lignes. Nos demandes n’ont rien de mirobolant, contrairement à ce qu’on essaie de faire croire. Nos conditions générales de vente brutes représentaient au maximum une centaine de millions d’euros tous opérateurs confondus. Maintenant on négocie. Quelques dizaines de millions d’euros pour l’ensemble des opérateurs, c’est là-dessus qu’on pense aboutir. » précise-t-il. 

Là aussi il réfute les chiffres donnés publiquement par Canal+ et Free, indiquant qu'il s'agit de moins de 20 millions d'euros par distributeur. Il y va de son petit calcul : « avec une hypothèse maximale de 20 millions d’euros par opérateur. Si un opérateur a 5 millions de box, ça fait 4 euros par abonné et par an, soit 33 centimes par mois ! C’est moins de 1% de ce que paye un abonné tous les mois ».

L'Arcep se jette dans l'arène et évoque la fin d'un monde

Une situation de statu quo qui pousse la puissance publique à réagir. Le CSA ne s'est pour le moment pas exprimé publiquement autrement que par sa proposition de médiation. Elle a trouvé un écho puisque les différentes parties vont être reçues et écoutées en collège au Conseil aujourd'hui.

Dans le même temps, on a vu Sébastien Soriano, président du régulateur des télécoms, livrer d'abord son avis sur Twitter avec la liberté qu'on lui connaît : « Bienvenue dans le 21ème siècle » lancera-t-il en retweetant un article qui évoque la baisse des audiences de TF1.

Invité d'Europe 1 ce matin, il en rajoute : « il faut un peu faire appel au bon sens, à partir du moment où une chaîne est gratuite, elle devrait être gratuite pour tous les français, on ne peut pas jouer sur tous les tableaux [...] les chaînes disposent de fréquences, une sorte de contrat avec l'État dans lequel on leur donne des fréquences qui leur permettent d'acheminer leur signal via l'antenne râteau, en échange de quoi ces chaînes doivent investir notamment dans la création ».

« Nous sommes en train de changer de monde, et pour le dire de manière un petit peu plus brutale, c'est la fin d'un monde. [Au MWC de Barcelone] il y avait deux lames de fonds [...] tout va être connecté et vous n'allez plus maitriser les choses comme aujourd'hui, vous allez être embarqués par les assistants vocaux, ce sont les machines qui vont décider » tranche-t-il, regrettant la « prise en otage » des téléspectateurs et que tout cela se règle par un bras de fer.

Sébastien Soriano ARCEP
Crédits : Guénaël Pépin (licence: CC by SA 3.0)

Pour Sébastien Soriano, le lien direct qu'ont les chaînes de télévision avec le téléspectateur à travers des solutions comme la TNT est en train de disparaître : « elles vont devoir passer par des intermédiaires », en premier lieu les opérateurs. Un mouvement déjà bien enclenché tant les box ADSL/Fibre sont désormais un canal important pour l'accès à la télévision.

Son intervention se conclura par un constat : « il y a sans doute une faille règlementaire, il y a peut-être un trou dans la raquette. Aujourd'hui, la loi n'interdit pas effectivement cette rémunération de TF1 et c'est peut-être ça qui manque, un principe très simple qui dit qu'une chaîne gratuite doit être gratuite ».

Le Ministère de la Culture impuissant : la loi sur l'audiovisuel dans le viseur

Si le président de l'Arcep appelle à prendre de la hauteur face à ce conflit et à considérer la position de TF1 comme un cri d'alarme face à son modèle alors que le secteur se transforme, tout le monde commence à regarder du côté de la future loi sur l'audiovisuel public, annoncée par Emmanuel Macron et qui pourrait introduire des clarifications.

Ainsi, Françoise Nyssen, actuelle Ministre de la Culture, était ce matin sur France Inter pour évoquer la crise. Et comme tous les autres représentants d'institutions publiques, elle rappelle qu'il s'agit avant tout d'un conflit commercial entre des sociétés privés où il est difficile d'agir directement. « J'en appelle à leur intelligence » commence-t-elle. 

S'affichant comme assez impuissante dans cette affaire, elle précise que cela ne durera pas : « Si elles ne le sont pas [intelligentes, ndlr], nous avons une grande loi sur l'audiovisuel à la fin de l'année, il faudra réfléchir dans ce sens-là. Mais cette situation n'est pas admissible, c'est pour cela que nous sommes attachés à la TNT ». 

Dans un communiqué diffusé dans l'après-midi, le Ministère a indiqué que « la coupure par Canal+ du signal des chaînes du groupe TF1 pour les personnes qui disposent uniquement d’une offre TNT Sat proposée par Canal +, qui prive ces personnes de tout accès aux cinq chaînes gratuites du groupe TF1, est totalement contraire au principe de couverture intégrale de la population » une analyse différente de celle qui nous avait été livrée par le CSA.

Néanmoins, la ministre appelle le groupe « à rétablir l’accès à ces chaînes sur son offre TNT Sat. Cette offre est sans lien avec le différend commercial qui l’oppose au groupe TF1 sur la question de la rémunération du signal. À défaut d’un tel rétablissement du signal, le gouvernement proposera des mesures législatives contraignantes, car le principe de couverture universelle du territoire est essentiel ».

Jean-Pierre Pernaut à la rescousse, les antennistes sont heureux

Message entendu par l'équipe du journal de 13h de TF1 qui consacrait ce midi un sujet (à 12'50'') à ces « téléspectateurs qui ont des difficultés pour capter TF1, dont le signal a été coupé par l'un des opérateurs » afin de leur proposer une solution : « si vous avez de la famille ou des voisins qui sont dans ce cas et qui ragent de ne pas pouvoir regarder leur chaîne préférée et leurs journaux préférés, notamment le 13h, dites-leur ce qu'il faut faire ».

L'équipe n'évoquera pas ici des solutions comme Molotov, Captvty, Chromecast depuis un navigateur (TF1 refusant de l'intégrer dans ses applications), mais un reportage sur un « antenniste bourguignon qui est sur tous les fronts » avec des interventions « qui se succèdent et se ressemblent ».

On le voit intervenir chez un couple d'abonnés « à Canalsat » (qui n'existe plus) qui a décidé de se faire équiper du fait de l'absence de TF1. Quoi qu'il en soit, notre couple est en colère : « quand j'allume la TV je n'ai plus rien. En espérant que Canalsat nous fera une offre commerciale pour nous dédommager de ne pas avoir eu TF1 pendant un certain temps ».

Une remise qui ne sera pas obligatoire au regard des conditions contractuelles de Canal+, mais qui peut toujours être demandée au service client.

JT TF1 Jean-Pierre Pernaut

Le cas est ici vite réglé puisqu'une antenne râteau était déjà présente, « un petit câble à cinq euros suffit à se raccorder à la TNT » précise l'antenniste. « Bravo ! » s'exclame le couple. L'intervention d'un spécialiste n'était donc pas nécessaire, mais elle peut être rassurante si aucun proche n'a les connaissances techniques suffisantes pour expliquer la procédure. 

Un autre téléspectateur ne pouvant se passer de TF1 a décidé de faire installer une antenne à 180 euros (pose comprise ?), là aussi au risque que cela soit inutile si la situation se règle d'ici quelques jours « mais il ne voulait pas attendre » précise la voix-off. « C'est 190 à 200 appels par jour » commente l'antenniste sans doute heureux de ce regain d'activité.

Et pour ceux en zone blanche ? Fransat et MyTF1 sont ici présentés comme des solutions, ce dernier n'étant bien entendu par présenté par ses aspects parfois peu attirants : la connexion obligatoire, le surplus publicitaire et le tracking massif. « TF1 est toujours là, rassurez-vos voisins » conclut Jean-Pierre Pernaut, sans évoquer les causes du conflit.

Reste maintenant à découvrir la suite des hostilités dans les prochains jours. Nous n'hésiterons pas à refaire le point en détails à nouveau si cela est nécessaire. Mais comme le disent tous les acteurs de ce dossier : « espérons qu'une situation sera rapidement trouvée ».

Canal+ a finalement annoncé ce soir qu'« à la suite de la demande du CSA et du ministère de la culture qui a précisé que les programmes des chaînes gratuites devaient être gratuits pour les clients servis par satellite, le Groupe CANAL+ va rétablir dans la soirée les signaux des chaines TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI ». Ceux qui viennent de se faire poser une antenne TNT, qui ne pourront sans doute pas se faire rembourser leur achat, apprécieront.

Publiée le 07 mars 2018 à 17:27

Mise à jour le 09 mars 2018 à 17:09


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