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Android 9.0 au peigne fin : un système abouti mais toujours face aux mêmes défis
OS

Android 9.0 au peigne fin : un système abouti mais toujours face aux mêmes défis

A Slice of Pie ?
31 min

Après plusieurs semaines passées sur Android 9.0, nous vous livrons nos impressions, avec un grand récapitulatif des nouveautés. À l’instar d’iOS 12 ou d’Ubuntu 18.10, il apporte ainsi une réelle consolidation de la plateforme. Les défis, eux, n’ont malheureusement pas changé.

Android 9.0, alias Pie, est disponible depuis quelques semaines. Plusieurs appareils ont déjà été mis à jour. Ceux de Google bien sûr, mais également - et pour la première fois - plusieurs appareils de constructeurs tiers, notamment grâce au programme Android One. Ce dernier consiste, pour rappel, à fournir un Android très peu modifié avec les appareils. Les mises à jour arrivent donc presque aussi vite que sur les smartphones Google.

Actuellement, tous les téléphones Pixel, Pixel 2 et leurs déclinaisons XL ont reçu la mise à jour, ainsi que le Nokia 7 Plus de Nokia et l'Essential Phone. Tous les autres membres du programme Beta sont assurés de l'avoir (Oppo R15 Pro, Sony Xperia XZ2, Xiaomi MiMix 2S, etc.), de même globalement que tous les smartphones ayant 18 mois ou moins.

Dans l'ensemble, il faut bien l'avouer, Android 9.0 est probablement la version la plus solide du système mobile. Non qu'elle soit révolutionnaire, mais elle capitalise sur de nombreuses améliorations techniques survenues dans les moutures précédentes pour aller plus loin dans la cohérence. Des mécanismes longtemps mis de côté sont enfin présents et de nombreuses petites améliorations enrichissent le nouveau venu. 

Passage en revue des éléments à ne pas rater.

Interface : du blanc et des rondeurs

Les premières nouveautés sauteront vite aux yeux des utilisateurs, d'autant que la plupart des téléphones concernés ont pour l'instant un Android « pur », c'est-à-dire sans surcouche.

Android 9.0 est une bonne occasion de faire le point sur l’évolution du Material Design. Depuis son apparition en 2014, ce lot de recommandations visuelles n’a cessé d’évoluer, au point que les développeurs tiers ne savaient parfois plus à quel saint se vouer. La nouvelle version du système est livrée avec ce que l’on pourrait appeler un « Material Design 2.0 » même si le nom n’a pas changé. Il ne rue pas dans les brancards et ne remet pas en cause le travail déjà effectué dans l’écosystème applicatif, qui peut donc toujours se fier au Material Theming.

La simplification engagée par le Material Design franchit un nouveau cap cette année. Android 9.0 se débarrasse encore un peu plus de tout ce qui n’est pas strictement nécessaire. Le résultat est visible dans de nombreuses zones, comme l’interface d’appel, les contacts, les SMS, les réglages et presque toutes les applications fournies par le système.

Android 9.0 PieAndroid 9.0 PieAndroid 9.0 PieAndroid 9.0 PieAndroid 9.0 Pie

Les axes majeurs sont clairs : du blanc (beaucoup de blanc), des informations textuelles mises en valeur et quelques taches de couleurs. Cette sobriété – certains diront « dépouillement » – ne plaira clairement pas à tout le monde. D’autres trouveront au contraire que l’ensemble procure au système une sensation de légèreté, que les performances générales confirment d’ailleurs.

Malheureusement, comme souvent avec le Material Design, il va probablement falloir un bon moment avant que l’ensemble des applications et services de Google affichent une vraie cohérence. C’est une course sans fin que mène l’éditeur depuis des années : certaines interfaces sont mises à jour, d’autres pas, puis une ancienne passe d’un seul bond à une version révisée du Material Design, laissant sur le carreau les autres, et ainsi de suite. Résultat, un parc applicatif où l’ergonomie manque de cohérence. Il suffit de regarder l’application Gmail, dont l’interface n’a pas changé depuis bien longtemps (y compris sur iOS, où elle s’accorde encore moins avec l’environnement).

Thème clair ou foncé, à vous de choisir (enfin)

Nouveauté d’Android 9.0 également, la possibilité de choisir spécifiquement le thème clair ou foncé. Cette bascule pouvait être automatique, en fonction du fond d’écran. Désormais, l’utilisateur a enfin le dernier mot. L’impact sera néanmoins limité, car le thème ne rejaillit pas partout, loin de là. Il s’applique par exemple au panneau des notifications, au menu des applications ou encore au fond des dossiers, mais il ne faudra pas lui en demander beaucoup plus.

Traduction : aucune influence sur les applications mentionnées. L’utilisateur peut ainsi choisir un fond d’écran sombre et activer le thème équivalent pour se reposer les yeux, ouvrir les contacts provoquera quand même une explosion de blanc. Les pastilles de couleurs n’y changeront rien.

C'est un problème. À dire vrai, le Material Theming ne se penche même pas sur un mode sombre alors qu'un nombre croissant d'éditeurs s'y mettent. Non seulement les utilisateurs peuvent pester contre cet océan de blanc, mais à l’heure de la multiplication des écrans OLED, ce choix a encore moins de sens.

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En outre, si le blanc est chargé de transmettre une sobriété des plus moderne, Google l’accompagne d’un arrondissement général des angles. Au revoir donc les 90° et bonjour aux rondeurs. Le traitement est le même que dans les remaniements des versions web de Gmail ou Contacts. Nous ne comprenons pas vraiment ce retour qui offre un résultat étrange, comme si l’éditeur n’était pas arrivé à choisir entre les deux directions. Le meilleur exemple est encore le champ de recherche Google affiché en bas de l’écran d’accueil.

En dépit de ces quelques choix curieux, l’interface d’Android 9.0 est réussie dans sa sobriété et sa cohérence. L’ensemble est clair, le renouvellement des icônes est de bon aloi, l’isolement de certains panneaux auparavant attachés aide à mieux prioriser les informations, le tout sans remettre en cause les habitudes. C’est particulièrement vrai dans les actions rapides du panneau de notifications, où l’activation des fonctions est bien plus évidente.

Nouvelles fonctions d’interface

Avec le renouvellement graphique viennent d’autres apports, à commencer par la bienvenue révision de la gestion du son.

Fini le curseur se déplaçant d’un bout à l’autre de l’écran. Désormais, il est beaucoup plus court et surtout vertical. Il apparaît discrètement à droite de l’écran quand on presse les boutons du volume. Une barre qui monte et descend en appuyant sur des boutons Haut et Bas ? Le résultat est si évident qu’on se demande pourquoi si peu d’éditeurs ont adopté cette approche. Pas même Apple dont la gestion du son apparaît toujours bêtement en plein milieu de l’écran, donc du contenu. Cela étant, le nouvel affichage d’Android 9.0 ne vaut qu’avec un smartphone en mode portrait. En paysage, la barre reste verticale, mais les boutons de contrôle sont – évidemment – horizontaux.

Android 9.0 PieAndroid 9.0 Pie

Au-delà de la nouvelle interface, la gestion du son évolue vers plus de simplicité. Désormais, au lieu de plusieurs barres, la seule restant affichée est celle des médias. Si vous souhaitez régler finement les médias, appels, sonneries et alarmes, il suffira d’appuyer sur la petite roue crantée en dessous. La petite note de musique bleue permet, elle, de mettre immédiatement en silence les médias.

Quant à la cloche, elle dispose de trois positions : sons classiques, vibreur et silence. Ils correspondent uniquement aux signaux émis par le système, non les médias. Avec le premier, toutes les notifications et appels joueront leur son normalement. Dans le deuxième, les notifications se feront uniquement sous forme de vibrations. Quant au dernier, il permettra de rendre l’appareil silencieux, sans son ni vibration.

La luminosité de l'écran est également remaniée, avec une dose de machine learning cette fois (autant vous y habituer, c'est une thématique forte d'Android Pie). Le système examine ainsi la manière dont vous changez manuellement le contrôle en fonction de l'application et du contexte, notamment la lumière ambiante. Lors des utilisations ultérieures, Android appliquera automatiquement votre sélection précédente. Quelque peu déroutant au début, la fonction se révèle efficace, voire naturelle.

Sélection textuelle « intelligente », rotation contrôlée de l'écran 

Continuons avec la sélection du texte. C’est peu dire qu’Android 9.0 améliore la situation, tant le système était en retard sur iOS notamment. Google a d’ailleurs copié Apple sur une bonne partie des manipulations, notamment la principale : pendant que l’on sélectionne du texte, une loupe apparaît automatiquement pour déplacer le curseur avec bien plus de précision.

Mais Google ne serait pas Google sans une dose de machine learning, appliquée systématiquement à l’élément sélectionné. Non seulement le système tâche de repérer à l’avance les éléments qui pourraient servir, mais il propose en plus des « exports » adaptés une fois l’opération réalisée. Vous avez surligné une adresse ? Android vous propose d’ouvrir Maps. En plus bien sûr des classiques fonctions de Copier, Couper et Coller. Cette fonction existait depuis plusieurs versions, mais est maintenant beaucoup plus fiable dans sa reconnaissance.

Android 9.0 Pie

Les améliorations sur la sélection du texte étaient attendues de pied ferme, car ces opérations – pourtant basiques – n’étaient pas au niveau du reste du système. La version révisée est clairement plus simple à prendre en main.

On termine avec une autre opération simplifiée par Android 9.0 : la bascule d’écran en mode paysage. Jusqu’à présent, il fallait laisser faire le système, qui devait détecter le changement d’inclinaison et adapter l’interface en fonction. Vous avez déjà pesté contre le temps que prenait cette opération ? Nous aussi.

Ce comportement a été modifié. Désormais, quand vous basculez l’écran en mode paysage, le contenu de l’écran ne change plus mais une petite icône apparaît à droite de la barre de contrôle en bas de l’écran. En tournant le téléphone, elle se retrouve donc sous le pouce. Il suffit d’appuyer dessus pour indiquer au système qu’il doit pivoter l’écran. Même chose dans le sens inverse : il faudra appuyer sur le bouton pour restaurer le mode portrait

Android 9.0 Pie

Il y a deux gros avantages à ce nouveau comportement. D’abord, il permet à la vue en cours de rester fixe. Bouger le téléphone dans tous les sens gardera donc le mode active, qu’il soit en portait ou paysage. Ensuite, le bouton apparaît très vite. Si l’on appuie immédiatement dessus, on gagne du temps par rapport à la bascule automatique.

Si ce comportement peut dérouter au début, il ne faut que quelques essais pour comprendre tout l’intérêt de cet apport. Le bouton s’inscrit si naturellement dans les habitudes que l’on se demande bien pourquoi personne n’avait pensé à cette petite idée aussi élégante. Si vous ne vous faites pas à ce changement et préférez revenir à l’ancien, c’est possible. Il suffit de se rendre dans les Paramètres et de chercher « rotation ». Il faudra alors réactiver « Rotation auto de l’écran ». Notez que l’on peut toujours interdire à l’écran de basculer via les actions rapides.

Au-delà donc des changements graphiques apportés par Android 9.0, ce sont surtout les améliorations sur ces manipulations de base que l’on retiendra. Elles risquent fort de convaincre très rapidement les utilisateurs que cette nouvelle version est un progrès. Du moins pour les smartphones qui recevront la mise à jour. Et s'il fallait un argument supplémentaire, ajoutons la compatibilité avec les 157 nouveaux emojis d'Unicode 11.0 (les mêmes que ceux intégrés par Apple dans iOS 12.1 et Microsoft dans l'October 2018 Update de Windows 10).

Multitâche et gestes tactiles

Voici l'un des plus gros changements d'Android Pie : une gestion du multitâche voulue plus simple par Google, mais qui va demander un temps d'adaptation à tous ceux qui étaient habitués au petit carré.

Sur l'ensemble de la gamme Pixel et – normalement – tous les modèles Android One, on ne trouve plus sur l'écran d'accueil qu'un petit trait au centre en bas. Attention toutefois, selon les modèles, ce curseur apparaît par défaut ou doit être activé dans les options. Sa particularité est de ne fonctionner qu'en gestes tactiles : si on le saisit pour le remonter un peu, on affiche la vue multitâche, si on continue le mouvement vers le haut de l'écran, on obtient la liste complète des applications.

À la manière d'un iPhone X s'étant débarrassé de son bouton Accueil aux profits du simple tactile, tout est question de maniement et de proportion. Les gestes doivent être maitrisés pour être efficaces, et les changements vont réclamer une période d'adaptation. D'autant que le curseur sert en fait à de multiples utilisations.

Jugez plutôt :

  • Toucher simple : retour à l'écran d'accueil
  • Toucher prolongé : Google Assistant
  • Petit glissement vers le haut : vue multitâche
  • Grand glissement vers le haut : grille des applications
  • Petit glissement vers la droite : retour rapide à l'application précédente
  • Grand glissement vers la droite : défilement des applications ouvertes

En somme, un contrôle pour de multiples actions, seuls comptant la direction et l'amplitude du mouvement.

Android 9.0 Pie multitâcheAndroid 9.0 Pie multitâcheAndroid 9.0 Pie multitâcheAndroid 9.0 Pie multitâche

Notez cependant que les constructeurs tiers n'ont aucune obligation d'implémenter ce changement. S'il n'entre pas dans la philosophie de la surcouche, il sera peut-être mis de côté. Autre précision : s'il y a matière, la flèche de retour reste affichée puisque toujours utile, ne serait-ce que dans les applications pour revenir à la vue précédente.

Pour les anxieux d'un tel changement, le naturel de ces mouvements s'acquiert en quelques jours. Au bout d’une semaine, les gestes sont effectués sans même y penser. C'était loin d'être le cas pendant la phase de test où les ratés étaient fréquents, mais les manipulations sont désormais mieux calibrées.

On aurait aimé toutefois que Google se penche sur cet aspect avec autant de soin qu’Apple sur son système. Sur les iPhone X, Xr et Xs, le curseur de manipulation tactile n’apparaît pas par défaut. Lorsqu’il le fait, c’est en surimpression en bas de l’écran. Il ne prend donc pas de place, au contraire de celui d’Android. L’éditeur est conscient toutefois du problème. À un testeur en juin dernier, un développeur a ainsi répondu que d’autres pistes étaient explorées pour rendre le système entièrement basé sur des gestes et lui offrir un gain d’espace au passage.

La vue multitâche elle-même aura ses fans et ses détracteurs. Les vignettes sont affichées simplement les unes à côté des autres, sans aucune inclinaison. Elles prennent donc plus de place, mais offrent également une meilleure visibilité sur leur contenu. Les mouvements sont adaptés en conséquence : on touche une vignette pour ouvrir l'application, ou on la rejette vers le haut pour la fermer.

On remarque en outre plusieurs points. D’abord, les vignettes ont des angles droits. Encore un choix étrange, quand le système insiste lourdement sur les arrondis et que la plupart des écrans ont eux aussi des angles arrondis. Ensuite, les titres des applications sont remplacés par des icônes. Pas de crainte ici : elles sont parlantes et les vignettes sont assez larges pour repérer facilement ce que l’on a sous les yeux.

Enfin, ces icônes, une fois touchées, font apparaître un menu dont le contenu peut changer. On y trouve par exemple toujours l’accès aux informations de l’application. Pour celles compatibles, le menu permettra aussi de lancer le mode Écran partagé. Malheureusement, cela signifie aussi qu’il faudra passer par cette vue pour déclencher l’écran partagé, occasionnant des manipulations supplémentaires.

Remarquez également que cette vue multitâche agit maintenant comme une extension de l’écran d’accueil. Sous les vignettes, on trouve en effet toujours le champ de recherche Google ainsi qu’une liste de cinq icônes d’applications proposées par la prédiction du système (basée sur la fréquence d’utilisation notamment). De même, depuis cette vue, et même si on a soulevé le doigt pour interrompre le mouvement, on pourra « prendre » le curseur pour le remonter et ouvrir ainsi le tiroir des applications.

Le nouveau panneau des notifications

Les deux précédentes versions d’Android ont déjà grandement amélioré les notifications, créant un important fossé avec iOS, qu’Apple a en partie comblé avec la récente version 12. Android 9.0 ne fait donc que renforcer cet aspect, le paradigme restant le même : un panneau regroupant les actions rapides et les notifications elles-mêmes.

Le remaniement du Material Design joue pleinement dans la nouvelle mouture. Jusqu’ici, le panneau des actions rapides était collé en haut de l’écran, les notifications étant elles-mêmes collées aux actions rapides. Dans Android, les actions sont isolées dans un cadre aux coins arrondis, et les notifications apparaissent dans leur propre cadre en dessous.

La gestion des actions rapides est beaucoup plus claire avec la nouvelle interface. Les fonctions actives étaient jusqu’ici représentées par des icônes noires, les inactives par des icônes gris foncé, le tout sur un fond gris clair. Un ensemble très monochrome et dont le contraste ne suffisait pas à tout le monde. Dans Android 9.0, chaque action est un bouton rond gris qui vire au bleu électrique quand on l’active. Une couleur tranchée, dont certains critiqueront la vivacité, mais qui réussit son pari : on sait d’un coup d’œil ce qui est actif de ce qui ne l’est pas. Ces comparaisons ne valent bien sûr qu’entre interfaces « Stock » d’Android, sans les surcouches habituellement fournies par les constructeurs.

Android 9.0 Pie notificationsAndroid 9.0 Pie notificationsAndroid 9.0 Pie notificationsAndroid 9.0 Pie bien-être numérique

Ce panneau comporte cependant du bon et du moins bon. Par exemple, un appui long sur une action rapide emmènera directement l’utilisateur vers la page associée complète des paramètres. Par exemple, l’icône 4G vers toute la page rassemblant la consommation des données, l’icône de batterie vers tout ce qui touche à l’autonomie.

Malheureusement, ce fonctionnement simple a un bémol inhérent. Il n’est ainsi plus possible depuis les icônes Wi-Fi et Bluetooth d’avoir le petit menu qui permettait de choisir un réseau ou un appareil à connecter. La bascule obligatoire vers les paramètres sera ressentie comme une dégradation de l’expérience utilisateur par certains, puisqu’elle fera perdre du temps en nécessitant une ou plusieurs actions pour revenir à ce qu’ils faisaient.

Mais qu’en est-il des notifications elles-mêmes ? Plusieurs améliorations sont disponibles, réparties sur plusieurs axes. D’abord via du machine learning, encore une fois. Le système surveille comment vous traitez les notifications dont vous vous débarrassez régulièrement. Au bout d’un moment, il finira par vous proposer de lui-même de couper toutes les notifications provenant de l’application en question.

La fonction part sans doute d’un « bon sentiment », mais tout le monde ne trouvera l’idée adaptée. Beaucoup se servent des notifications pour… être notifiés. Se débarrasser d’un contenu ne signifie pas nécessairement qu’il gêne, mais potentiellement que l’on a pris note de l’information et que l’on ne souhaite plus la voir affichée dans la liste. En outre, la question est posée à l’utilisateur sous forme d’une nouvelle notification reprenant l’icône de l’application concernée. Si on ne prend pas garde, on peut s’en débarrasser et déclencher par défaut la fonction « Arrêter les notifications ». Il faudra alors plonger dans les paramètres d’Android pour corriger le tir.

Ensuite, les applications de messagerie profitent d’un bonus. Leurs notifications disposaient depuis Android 7.0 des réponses rapides, permettent de renvoyer un message à l’expéditeur sans avoir besoin d’ouvrir l’application. Désormais, la même interface montre les derniers messages, permettant un meilleur suivi. Malheureusement, les messageries doivent se mettre en phase avec les API d’Android 9.0 pour que la fonction soit débloquée. Par exemple, Messages (SMS) la prend en charge, mais pas Telegram et Wire.

Paramètres

Les réglages d’Android ne changent guère. L’ensemble est passé à la moulinette du nouveau Material Design, ce qui se traduit par beaucoup de blanc et des pastilles de couleurs. On peut quand même y voir un progrès, puisqu’à l’instar de l’ancien panneau des actions rapides, l’interface était très monochrome.

Quelques pages ont été remaniées, dont Sécurité, qui concentre désormais toutes les informations liées. Le haut de l’écran pointe ainsi le statut de Google Play Protect (sécurité liée aux applications installées), Localiser mon appareil (pour le retrouver en cas de perte ou de vol) et les mises à jour de sécurité. Des icônes vertes, jaunes ou rouges sont là pour prévenir visuellement que tout va bien ou qu’un problème doit être réglé.

Android 9.0 Pie paramètresAndroid 9.0 Pie paramètresAndroid 9.0 Pie paramètresAndroid 9.0 Pie paramètresAndroid 9.0 Pie paramètres

On remarque également une page « À propos du téléphone » remaniée, au comportement changé. Jusqu’à présent, toutes les informations étaient affichées dans une liste. Google, à qui cette masse d’informations paraissait sans doute trop désordonnée, en a regroupées une partie dans des sections. Si vous souhaitez par exemple obtenir le numéro de série de votre téléphone, il faudra appuyer sur « Modèle et matériel ». Idem pour tout ce qui touche aux licences, informations légales et politiques de confidentialité.

On regrettera un déplacement du mécanisme de Mise à jour dans la section Système. Si l’on souhaite contrôler la disponibilité des correctifs mensuels ou d’une nouvelle version d’Android, il faudra donc se rendre tout en bas des Paramètres, appuyer sur Système puis sur Options avancées, et enfin sur Mise à jour du système, tout en bas également. On a vu plus simple, et certains préfèreront chercher directement la fonction dans le champ prévu à cet effet, en tapant simplement « mise ».

Bien-être numérique

Cette partie est la nouvelle marotte de plusieurs géants du Net. Apple a dégainé avec des fonctions dédiées dans iOS 12. Plus récemment, Facebook s’y est mis à son tour, et enfin Google, via une application dédiée toutefois. Android 9.0 ne contient donc rien pour le bien-être avant de faire un tour dans le Play Store et d’installer l’application, qui ajoute alors une section spécifique dans les Paramètres du système (et non une icône sur la grille). Une option permet toutefois de l’ajouter dans la liste générale.

Pour qui surveille les fonctions de bien-être, celles proposées par Android ne sortent pas de l’ordinaire. On commence avec un tableau de bord résumant la situation, avec un camembert coloré montrant la répartition du temps passé dans les applications pour la journée en cours. On peut bien sûr revenir à des dates antérieures et obtenir des moyennes hebdomadaires.

L’application permet aussi de définir des limites de temps pour chaque application. La recette utilisée par Android est différente d’iOS. Ce dernier ne permet pas en effet une telle granularité, sauf dans le contrôle parental. Cependant, Android n’autorise pas pour sa part de limite sur des catégories. Si vous vouliez par exemple vous imposer une frontière d’une demi-heure sur les réseaux sociaux, vous ne pourrez pas. On se demande d’ailleurs quel éditeur dégainera le premier la possibilité de jouer à la fois sur des applications spécifiques et des catégories.

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Une fois la limite atteinte sur une application, un message vous en avertit. Sa validation réduit l’application et grise son icône. La rouvrir réaffiche le message, contraignant l’utilisateur à passer par « En savoir plus » pour contourner le mécanisme. Un processus plus contraignant donc que son équivalent sur iOS, qui permet de s’ajouter 15 min au compteur ou même de ne plus être « importuné » pour le reste de la journée.

Un mot enfin sur le mode Sommeil. Une fois définie une tranche horaire (par défaut de 23h à 7h), le système peut appliquer plusieurs mécanismes. À l’heure dite, l’écran va ainsi se griser, faisant comprendre à l’utilisateur qu’il doit poser son téléphone. S'il l’a activé, le mode Ne pas déranger se déclenchera lui aussi, coupant court à toute notification pendant la tranche horaire. Depuis le même panneau, on pourra également paramétrer l’éclairage nocturne, qui bascule l’écran dans une teinte orangée. Par défaut, il suivra lui aussi la tranche définie, mais ses réglages permettent de choisir des heures particulières, ou de suivre simplement le coucher et le lever du soleil.

Batterie adaptative : le machine learning contre les tâches de fond

Android 9.0 ne comporte pas que des nouveautés perceptibles tout de suite. Certaines sont complètement invisibles et se remarquent uniquement avec le temps. D’autres sont circonstancielles et ne peuvent donc être exploitées qu’en présence du bon contexte ou d’un équipement particulier.

Commençons par les améliorations liées à l’autonomie. Google a commencé à sérieusement se pencher sur la question avec Android 7.0, Oreo améliorant encore un peu la situation. Pie se veut cependant plus agressif, via une nouvelle fonctionnalité baptisée « Batterie adaptative ». De quoi s’agit-il ? D’une nouvelle intervention du machine learning dans le système.

La Batterie adaptative ayant été développée en partenariat avec DeepMind (autre entité d’Alphabet), c’est encore elle qui la décrit le mieux : une série d’algorithmes examinant les applications en tâche pour mesurer leur activité, afin de déterminer avec le temps celles qui ont le plus de chances d’être appelées dans les prochaines heures. Les autres sont mises en sommeil. Comme tout système de prédiction, le gain constaté est potentiellement important… sauf quand il se trompe, le réveil de l’application coûtant alors plus « cher ».

Android 9.0 Pie batterie adaptativeAndroid 9.0 Pie batterie adaptativeAndroid 9.0 Pie batterie adaptative

Selon la documentation d’Android, les applications peuvent être classées selon cinq états : Active, Working set (dans le lot des plus fréquemment utilisées), Frequent, Rare et Never (jamais). Moins les applications sont utilisées, moins elles ont de droits sur les activités en arrière-plan. Google le dit clairement pour la catégorie Never : de « sévères restrictions » sont imposées à ces applications. L’utilisateur n’a rien à faire, l’attribution d’une catégorie est dynamique. Si une application se retrouve moins utilisée qu’avant, le système en tiendra donc compte, et inversement. Et moins elle sera considérée comme importante, moins ses notifications seront visibles au-delà des cinq premières (compteur journalier).

La batterie adaptative est active par défaut et fait globalement un bon travail. Sans le mesurer avec précision, la différence est perceptible sur un Nokia 7 Plus. Le téléphone gère notamment beaucoup mieux sa batterie pendant les parfois longues heures d’inactivité, donnant l’impression que le système ne fait effectivement rien. Avec un appareil volontairement peu utilisé malgré la présence de plusieurs applications potentiellement très actives en fond (Facebook, Twitter, Instagram…), la batterie a tenu environ six jours en Wi-Fi, pour un temps d’écran inférieur à 4 heures.

Cette partie automatique est complétée par une autre, manuelle. L’utilisateur peut ouvrir la « liste des applications limitées », dans laquelle il pourra activer spécifiquement une limitation agressive du système aux tâches de fond aux applications choisies. Google prévient cependant qu’une fois la mesure activée, certaines tâches de fond pourraient ne pas fonctionner correctement et que les notifications peuvent arriver avec du retard. À chacun de mesurer la différence de comportement, mais laisser à l’utilisateur le choix est un bon point.

D’autres apports invisibles, mais pas mineurs

On continue avec plusieurs améliorations en matière de vie privée. Changement le plus important : l’impossibilité pour une application en tâche de fond d’utiliser le micro ou l’appareil photo sans que l’utilisateur le sache. La fonction est bloquée par le système. Si le développeur veut intégrer cette capacité, il doit passer par un nouveau service en tâche de fond, qui prévient alors automatiquement l’utilisateur de ce qui se passe.

De même, aucune application ne peut plus maintenant accéder au numéro de série de l’appareil sans que l’utilisateur soit averti. Tout accès génère automatiquement une notification avec acceptation ou non. On note en outre un rattrapage sur iOS avec la possibilité de fournir des adresses MAC aléatoires aux points de connexion. Il faut malheureusement se rendre dans les options pour développeurs, dans les Paramètres d’Android.

Enfin, Android 9.0 prend en charge le protocole 802.11mc, appelé aussi Wi-Fi RTT (round-trip-time). Google prend ici de l’avance, car la technologie est en réalité très peu disponible, et clairement pas dans le domaine grand public. Elle permet pour rappel de faire de la trilatération de signal à l’intérieur des bâtiments, prenant alors le relai sur le GPS, inopérant dans la plupart des cas.

Les développeurs tiers face à Android 9.0

Outre les habituelles nouveautés que les développeurs doivent absorber quand un nouvel Android pointe le bout de son nez, il y a cette année une différence de taille.

Pour bien comprendre, il faut rappeler que les applications visent des « niveaux d’API », pas des versions particulières du système. Si un développeur est intéressé par les nouveautés d’Android 9.0, il devra ainsi viser l’API Level 28. Ce découpage a deux gros avantages pour Google. D’abord, la possibilité de faire évoluer les API plusieurs fois sur une même branche majeure du système. Deuxièmement, pouvoir séparer du système une partie des API nécessaires aux développements tiers, afin qu’elles puissent – encore une fois – évoluer plus ou moins indépendamment du parc.

Car depuis qu’Android est Android, un problème très spécifique le suit : la fragmentation. Android 9.0 est techniquement disponible depuis deux mois environ, mais il est si peu utilisé qu’il n’apparaît même pas dans les statistiques officielles de Google, signifiant que moins de 0,1 % des clients en disposent. Dans ce contexte, comment motiver les développeurs à prendre en charge les nouveautés puisque les faits leurs montrent depuis des années que rien ne presse ? En les obligeant à le faire.

Android 9.0 Pie fragmentation

Depuis juin dernier, les développeurs savaient à quelle sauce ils allaient être mangés. Dans la documentation de Google Play, on retrouve ces obligations : pour qu’une application puisse être poussée sur le Play Store, elle doit viser un niveau d’API n’ayant pas plus d’un an. Ainsi, depuis le 1er août, toute nouvelle application doit viser le niveau 26. Depuis le 1er novembre, les mises à jour doivent faire de même.

Ce qui ne change rien pour toutes les applications non mises à jour depuis un certain temps. Pour les plus vieilles (API Level 17 ou moins) Android 9.0 se contente d’indiquer à l’installation qu’elles sont anciennes et risquent donc de ne pas fonctionner de manière optimale. Une approche rappelant celle d’Apple pour les applications 32 bits sur iOS. D’ailleurs, dans un an, le 64 bits sera devenu obligatoire sur Android aussi, de même que le niveau d’API 28.

La méthode peut sembler brutale, mais pour un parc applicatif aussi vaste que celui d’Android, elle n’est pas sans effet. Viser un niveau d’API plus élevé oblige à prendre en charge des améliorations ayant trait, de plus en plus, à la confidentialité et à la sécurité. On peut donc espérer au cours des prochains mois une amélioration générale de la qualité. Les interfaces pourraient également s’harmoniser, puisque Google pousse son Material Theming, mais sans obligation cette fois.

Ce premier mouvement plus strict va dans le bon sens, mais ce type de mesure ne pourra être suivi de vraies actions que quand Google aura décidé de s’attaquer aux vieilles applications qui restent dans le Play Store sans mise à jour pendant des années. Le fait que le niveau 17 soit encore accepté (Android 4.2) en dit long l’état du parc Android.

Un nouveau format de paquet : l’Android App Bundle

En dehors de ce choix, les nouveautés pour les développeurs sont découpées en deux tronçons : celles rattachées aux nouveautés décrites dans ce dossier, et d’autres plus techniques. Ces dernières ne seront pas vraiment des surprises, car les évolutions sont inscrites dans Android Studio depuis des mois, voire ont été annoncées à la conférence Google I/O au printemps dernier.

D’abord le format App Bundle (AAB), dont nous avons parlé plusieurs fois. Google applique ici une recette que Microsoft utilise déjà pour son Store : les serveurs de l’entreprise se chargent des opérations reposant d’ordinaire sur les épaules des développeurs tiers. Jusqu’à présent, ces derniers ont en effet dû prévoir tous les cas de figure : il existe un nombre immense d’appareils Android, et il faut travailler au moins tous les principaux cadres d’utilisation.

Avec un App Bundle, le développeur n’envoie plus directement l’APK, mais uniquement de quoi le faire générer, accompagné de la clé privée. Tout ce qui touche au ciblage, à la gestion des versions ou encore la compilation est assuré par les serveurs. Exemple simple pour comprendre tout l’intérêt de la démarche : les langues. Les développeurs doivent créer un APK pour chaque langage pris en charge par l’application. Avec le Bundle, les fichiers sont envoyés aux serveurs, qui se chargent de créer l’APK pour les utilisateurs en faisant la demande, le Play Store reconnaissant la langue utilisée.

Les Bundles peuvent également entrainer des économies d’espace. Puisque les serveurs du Play Store génèrent un APK adapté, ils n’y placent que les ressources dont l’appareil ciblé a réellement besoin. Par exemple, si ce dernier a un écran 1080p, il n’a pas besoin des ressources graphiques pour les autres.

Ce mécanisme « à la demande » permet même aux développeurs de déclarer un tronc principal pour une application et des modules supplémentaires, qui ne seront alors téléchargés que lorsque l’utilisateur en aura besoin. Pratique pour économiser encore de la place et des téléchargements. En mai, lors de sa conférence, Google avait évoqué une réduction moyenne de 20 % sur la taille des paquets. Depuis, la firme fournit d’autres exemples grâce à ceux ayant franchi le cap : 11 % pour Airbnb, 56 % pour Duolingo, 23 % pour LinkedIn ou encore 35 % pour Twitter.

Google axe bien sûr les avantages sur les gains de temps réalisés par les développeurs, et d’espace pour les utilisateurs. L’éditeur aurait pu ajouter ceux sur la bande passante. Des entreprises comme Google et Apple s’appuient sur le modèle de boutique centralisée, qui récupère une commission sur les ventes, allant de 15 à 30 % selon les cas. En échange, elles prennent en charge tous les frais liés à la distribution des applications. Il est donc probable que la facture soit particulièrement salée, surtout côté Google puisqu'Android représente en moyenne 85 % des ventes de smartphones.

Quoi qu’il en soit, n’importe quel développeur peut générer des App Bundles dès lors qu’il se sert de la version 3.2 au moins d’Android Studio (la 3.2.1 est la dernière en date). Le SDK Android, fourni avec, contient tout ce qui est nécessaire à la génération de ces nouveaux paquets.

Notez également que les apports d’App Bundle sont augmentés par les optimisations portées par ART (Android RunTime), c’est-à-dire le moteur d’exécution des applications. Parmi elles, la réduction de taille des fichiers Dex. Comme nous l’expliquions l’année dernière pour le projet ReDex de Facebook, ces fichiers contiennent le bytecode (code précompilé) des applications. Présents à la fois dans le stockage et la mémoire vive, toute réduction représente donc un bénéfice. Par ailleurs, Google cherche à restreindre les fichiers Dex multiples en proposant une section de code partagé dans les nouveaux fichiers Compact Dex (cdex).

App Actions et App Slices : un potentiel qu’on ne demande qu’à voir

Cette section sera plus courte, pour une raison simple : bien qu’il s’agisse techniquement de nouveautés devant accompagner Android 9.0, elles ne sont pas prêtes.

Les App Actions sont conçues pour relier des applications à des actions habituellement gérées par le système, surtout dans la recherche Google. Si vous cherchez par exemple des informations sur un artiste quelconque et que Spotify est compatible, un lien profond permettra d’ouvrir l’application sur la page de l’artiste en question. Idem pour les vidéos, traductions, lectures et autres, selon le contexte et ce qui est installé. Le processus fonctionne également avec une simple sélection de texte.

Android 9.0 Pie App Actions SlicesAndroid 9.0 Pie App Actions Slices

Les App Slices sont décrites par Google comme une version étendue des Actions. Le mécanisme de base est le même, mais la fonction concernée est littéralement déportée avec un bout d’interface dans la recherche, et plus tard dans Google Assistant. Vous êtes en train de vous renseigner sur une destination pour vos vacances ? Une application pourra vous proposer d’y réserve un vol, un hôtel ou une voiture, sans l’ouvrir complètement. À la place, des éléments d’interface apparaîtront pour montrer à l’utilisateur que c’est bien elle qui prend en charge la requête, et non plus Google.

Aucune des deux fonctions n’est cependant disponible. Sur la page des App Actions, Google propose de s’inscrire pour être notifié de leur disponibilité. Pour les Slices, c’est un peu plus compliqué : les utilisateurs n’ont pas accès à la fonction, mais les développeurs sont invités à rendre leurs applications compatibles dès à présent. Là encore, Android Studio 3.2 au minimum sera requis.

Les (longues) notes de versions détaillés d'Android 9.0 pie se trouvent par ici.

Un Android mature, qui ne fait pas oublier les problèmes de la plateforme

Que penser globalement d’Android 9.0 ? Ce ne sera pas prendre un gros risque que de le décrire comme un très bon cru. Une version qui affiche une vraie maturité, même si ce constat pouvait déjà en partie être fait pour Oreo (Android 8.0).

L’évolution d’Android est particulièrement intéressante face à celle d’iOS, tant les trajectoires sont contraires. Le premier a démarré avec une ouverture qui a abouti à la situation que l’on connait aujourd’hui et tente, version après version, de resserrer la vis. Le second a toujours été un environnement fermé qui tente peu à peu de s’ouvrir, même si les tentatives restent partielles et maladroites (comme le gestionnaire de fichiers).

Ce serrage de vis se fait sous plusieurs angles. Visuellement d’abord, avec une uniformisation manifeste des interfaces, même si l’expérience a montré que Google mettait parfois des années avant de revoir tous ses services. On espère que le processus sera cette fois plus rapide. Chez les développeurs également, avec l’obligation de viser un niveau d’API n’ayant pas plus d’un an pour envoyer une nouvelle application ou une mise à jour.

Malheureusement, et en dépit d’une accélération du projet Treble – qui sépare la base du système des modifications des constructeurs – le rythme de diffusion de la nouvelle version dans les appareils est toujours aussi lent.

La situation s’améliore très lentement avec le nombre croissant d’appareils Android One (version non modifiée), à l’instar de tous ceux inscrits – pour la première fois – au programme Android Beta, qui n’était plus réservé cette année aux seuls Pixels. Parfait pour leurs possesseurs, moins pour Huawei, OnePlus, Samsung ou encore Sony.

Tant que l’utilisation du système par ces entreprises ne changera pas, une version majeure comme Android Pie représentera avant tout une perte d’argent. Offrir du neuf à des smartphones existants, c’est repousser potentiellement l’intention d’achat. Google a pu négocier une durée minimale d’entretien de 18 mois, mais en 2018, on ne peut plus considérer une telle période comme suffisante, ne serait-ce que pour les mises à jour de sécurité. Dans la pratique, beaucoup vont plus loin, mais la qualité de l’entretien dépend aussi de la gamme du smartphone.

Android 9.0 est donc une réussite et un système mature face à un parc extrêmement fragmenté. Les défis de Google sont donc loin d’être terminés s’il souhaite remettre un peu d’ordre dans tout ça, l’éditeur laissant toujours les constructeurs modifier son produit dans de larges proportions… ce qui est précisément le garant du succès d’Android. En attendant, cette fameuse réussite sera réservée à une toute petite portion des utilisateurs. Une véritable rengaine annuelle.

Publiée le 29 novembre 2018 à 16:48


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