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Retour sur les premières démonstrations 5G en « conditions réelles » de Bouygues Telecom
Téléphonie

Retour sur les premières démonstrations 5G en « conditions réelles » de Bouygues Telecom

Un réseau (simple), deux antennes (basique)
7 min

Bouygues Telecom avance sur la 5G et veut le faire savoir, démonstrations techniques à l'appui sur un réseau 5G minimaliste fonctionnant dans « des conditions réelles ». L'opérateur obtient des débits de plusieurs Gb/s pour une latence de quelques ms. Une première étape avant de passer la seconde.

Mardi, Bouygues Telecom organisait un événement à Bordeaux autour de la 5G. Selon l'opérateur, il s'agit du « premier pilote 5G en conditions réelles, en France ». Des expérimentations ont déjà eu lieu chez d'autres opérateurs (ici chez SFRlà chez Orange et même chez Bouygues Telecom) à grands coups de dizaines de Gb/s, en jouant de la surenchère à chaque fois. Mais il s'agissait selon l'opérateur des premiers essais avec des antennes et un cœur de réseau 5G, tels qu'ils seront déployés commercialement à partir de 2020.

Nous étions sur place et, au-delà quelques démonstrations et de courbes de débit, c'était surtout l'occasion d'échanger avec les équipes techniques sur la vision à long terme de l'opérateur. En plus des cas d'usages, de nombreux sujets ont été abordés : calendrier du déploiement, fréquences, accélérateur maison SmartX_5G, etc. Dans la première partie de notre dossier, nous allons nous intéresser aux démonstrations et plus particulièrement aux conditions techniques de celles-ci.

Lire notre dossier sur les expérimentations 5G en « conditions réelles » de Bouygues Telecom

Un vrai réseau 5G « unique » en France, mais...

Le choix de la ville de Bordeaux n'est pas anodin. Depuis le mois de février, l'opérateur dispose en effet d'une autorisation de l'Arcep (également valable sur Lyon et Villeurbanne) afin d'y mener des expérimentations sur la bande des 3,5 GHz. Elle est valable jusqu'au 30 septembre 2020, date à laquelle les premiers réseaux commerciaux devraient être en place.

Les dirigeants de l'opérateur l'ont répété à plusieurs reprises : il s'agit des « premiers tests 5G » sur un réseau en « conditions réelles ». Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, l'affirme : « On est vraiment dans les conditions normales d'exploitation des sites. On a quelque chose qui est tout à fait unique à l'heure actuelle en France ».

Pour la démonstration de mardi, deux antennes étaient installées à quelques kilomètres de distance sur des pylônes disposant déjà d'antennes 4G (utilisées pour le réseau commercial), reliées à un cœur de réseau 5G.

Une installation minimale pour l'instant, le temps de procéder aux « nombreux réglages » nécessaires, avant d'ajouter d'autres antennes et finalement proposer un réseau maillé plus complet. Après les deux antennes à Bordeaux, le groupe prévoit de passer à « quelques dizaines de sites dans les mois qui viennent », en s'appuyant sur son autorisation.

...s'appuyant sur la norme 5G « Non Stand Alone »

Dans un communiqué, Bouygues Telecom explique qu'il s'agit d'un « réseau 3GPP R15 NSA (Non Stand Alone) de bout en bout avec l’ensemble des composants 4G et 5G : accès, transport et cœur de réseau ». Vraie 5G et réseau « Non Stand Alone » mélangés ? Nous avons demandé des explications.

« Globalement, la 3GPP R15 NSA (Non Stand Alone), comme son nom l’indique, n’est pas autonome, elle a besoin de s’appuyer sur la 4G. C’est pourquoi, mardi, nous avions bien des antennes radio et un cœur 5G et ils étaient ancrés sur notre réseau 4G » nous précise le service presse.

Pour rappel, la première phase – 5G NSA – a été validée en décembre 2017. « Elle définit une architecture 5G Non-Standalone, qui consiste à utiliser une nouvelle radio pour transporter les données utilisateur (5G New Radio) et à réutiliser la signalisation de la 4G. Elle doit donc être déployée sur un site où il y a déjà de la 4G », ajoute l'opérateur.

Il faut donc utiliser un cœur de réseau EPC (Evolved Packet Core) « compatible 5G », c'est-à-dire capable de gérer la 4G et la 5G. Or, « la plupart des cœurs 4G déployés à date par les opérateurs ne le sont pas » nous affirme Bouygues Telecom ; il faut donc en déployer un nouveau. C'est l'opération faite à Cadaujac, dans la banlieue de Bordeaux, pour les démonstrations.

La seconde phase de la 5G n'a été validée que mi-juin : « Elle définit une architecture 5G Standalone, avec non seulement la nouvelle radio 5G NR, mais aussi une signalisation dédiée et un cœur dédié, appelé 5GC ». Toujours selon Bouygues Telecom, « ce type d’équipement n’est pas disponible dans les roadmaps des constructeurs avant 2020 », une information à confirmer auprès des fabricants évidemment.

Il faudra donc certainement attendre encore plusieurs années avant de se lancer dans la « 5G Standalone », qui ne s'appuie pas sur la 4G. 

Débits et latence améliorés, des cas d'usages concrets

Les démonstrations 5G du jour misaient sur les deux principales promesses revenant le plus souvent : le débit et la latence. Nous avions ainsi droit à des voitures télécommandées pilotées à distance via un casque de VR : l'une en 4G, l'autre en 5G pour apprécier les différences.

Dans le premier cas, la latence était de l'ordre de « quelques dizaines de ms », probablement entre 50 et 100 ms précisera par la suite un collaborateur de Bouygues Telecom, tandis qu'elle descend à « quelques millisecondes » seulement en 5G.

Si l'image en 5G est de meilleure qualité, c'est à cause de l'upload « limité » en 4G (150/160 Mb/s théoriques) nous explique l'équipe technique de l'opérateur. Un débit insuffisant pour renvoyer un flux HD à 360° de la voiture vers le casque de VR, alors que ce n'est pas le cas en 5G.

Il proposait également une démonstration avec 10 flux 4K UHD (environ 20 Mb/s chacun) envoyés depuis une voiture avec 10 caméras, là encore en passant entièrement par le réseau 5G. Nous avions aussi de la télémédecine en réalité augmentée avec Nomadeec et de la télémaintenance avec application 5G Remote Expert de HoloForge Interactive, dans les deux cas via un casque HoloLens de Microsoft.

L'idée derrière les démonstrations était toujours la même : la faible latence et les débits permettent une meilleure interaction. Lors de tests de débits purs, Bouygues Telecom est monté jusqu'à 260 Mb/s en upload, contre 2,3 Gb/s en download avec une latence de 7,5 ms environ. Loin des dizaines de Gb/s en laboratoire, mais nous sommes dans des conditions réelles cette fois-ci.

Bref, rien de bien nouveau. Au-delà des exemples, nous avons cherché à savoir comment était configuré le réseau 5G de Bouygues Telecom dans le cas présent.

  • Test 5G Bordeaux Bouygues Telecom

Pas de slicing pour le moment, un même réseau pour toutes les démos

L'un des points forts de la 5G est en effet la possibilité de découper le réseau en tranches (slicing), chacune pouvant avoir des caractéristiques techniques différentes : très faible latence, débits très élevés, possibilité de connecter des milliers d'objets, etc. Les paramètres peuvent être ajustés finement afin de créer le réseau le mieux adapté à un usage.

Dans le cas des démonstrations à Bordeaux, aucun découpage n'avait été mis en place nous affirme l'opérateur. Le réseau 5G était le même pour les voitures télécommandées, dix flux 4K et l'assistance à distance, avec une configuration unique pour tout le monde. 

Bouygues Telecom a fait le choix de diminuer la latence sous les 10 ms, tout en gardant une bande passante suffisante pour lancer ses différentes démonstrations. La latence pourra descendre encore plus bas à l'avenir, mais en sacrifiant de la bande passante.

Dans quelle mesure ? « Impossible à dire pour le moment ». Cela dépendra notamment des partenaires techniques de Bouygues Telecom : « On est dans les premiers jeux logiciels » des équipements Huawei utilisés mardi, nous explique un responsable.

Huawei, Ericsson, Nokia : Bouygues Telecom discute avec tout le monde

Le choix de Huawei n'est d'ailleurs pas définitif. Ericsson était par exemple partenaire de Bouygues Telecom en mars, à Meudon-La-Forêt, et des discussions sont en cours avec Nokia. Le choix n'est donc pas arrêté. Chaque partenaire avançant par grands bonds réguliers, impossible de dire qui remportera ce marathon.

Concernant le futur réseau 5G de Bouygues Telecom, les clients grand public – y compris en 5G fixe – n'auront accès qu'à une seule tranche définie par l'opérateur. Elle proposera une meilleure latence et des débits supérieurs à la 4G, mais sans possibilité d'ajuster ses paramètres par les clients.

D'autres tranches seront proposées aux professionnels (B2B), éventuellement à destination de leurs clients finaux (B2B2C).

Voiture autonome et ville connectée en ligne de mire

Bouygues Telecom profite de cette série de démonstrations pour annoncer de nouveaux partenariats autour de la 5G.

Durant le second semestre de l'année, il fournira ainsi une connexion au circuit automobile de Linas-Montlhéry pour l'UTAC CERAM (Union Technique de l'Automobile du motocycle et du Cycle, Centre d'Essais et de Recherches Automobiles de Mortefontaine) en vue d'une homologation pour les voitures autonomes. Il rejoindra ainsi Orangedéjà partenaire de l'UTAC CERAM et largement impliqué dans les voitures autonomes/connectées (lire notre analyse).

L'opérateur travaille également avec Transpolis pour le déploiement de « sa ville laboratoire » du côté de Lyon, une zone où il dispose justement d'autorisation de la part de l'Arcep. Là encore, il fournira une connexion 5G. 

Publiée le 06 juillet 2018 à 16:20


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