Options Mon compte Next INpact
Affichage
Modifications sauvegardées
  • Smileys
  • Images
  • Commentaires par actu
  • Commentaires sous les news
  • Désactiver la version mobile
  • Taille de police
Close

Vous consultez la version mobile de ce contenu.

Cliquez ici pour être redirigé vers la version complète, ou attendez 5 secondes. Fermez ce pop-up pour continuer sur la version mobile.

5
secondes
Windows 10 : les problèmes s'accumulent, Microsoft bloque l'October 2018 Update
OS Crédits : lolkar/iStock

Windows 10 : les problèmes s'accumulent, Microsoft bloque l'October 2018 Update

Un cru 2018 exécrable
8 min

Suite aux déboires d'utilisateurs ayant migré vers l’October 2018 Update, Microsoft a arrêté le déploiement de sa mise à jour. Une première pour une version majeure de Windows 10, mais imposée par la situation. Elle aurait cependant pu être évitée.

La situation tombe mal pour Microsoft. Au printemps dernier, l’April Update avait déjà ébranlé la confiance d’une partie des utilisateurs en provoquant de sérieux problèmes. On se souvient notamment de soucis de compatibilité avec certains SSD.

L’October 2018 Update, qui était disponible depuis moins d'une semaine, fait malheureusement pire. Au point que Microsoft, pour la première fois, a suspendu le déploiement de cette mise à jour, en attendant de mieux cerner les retours. Il y a très probablement des correctifs à prévoir avant de reprendre la diffusion.

La somme de toutes les peurs : la perte des données personnelles

Parmi les problèmes recensés, le plus grave est clairement la suppression de données personnelles dans les dossiers Documents, Images et autres. Très rapidement après le début des opérations, des témoignages sont apparus un peu partout, notamment sur Reddit. Certains évoquent plusieurs dizaines de Go supprimés, sans savoir ce qui s’était passé. On imagine sans mal l’impact sur leur vie.

Microsoft ne s’est pas encore exprimée sur l’origine du bug. Une piste se dégage néanmoins : le couac pourrait provenir de OneDrive, ou de la manière dont le système gère le stockage distant. Certains utilisateurs rapportent en effet que le contenu local de leurs dossiers personnels a été remplacé par celui présent dans OneDrive.

Beaucoup ont tenté différentes manipulations, jusqu’à désinstaller la mise à jour, puisque Windows 10 autorise cette opération dans les 30 jours. Sans succès. Seuls ceux étant passés par des outils spécifiques de récupération des données – Recuva est cité – ont pu retrouver leurs fichiers. Malheureusement, puisque la mise à jour est aussi déployée chez les néophytes, Microsoft reste face à un très sérieux problème.

Dona Sarkar, responsable du programme Windows Insider, a évoqué le sujet sur Twitter. Elle y explique que l’utilisateur n’a pas à contrôler partout si des données sont manquantes : c’est tout ou rien. S’il voit des fichiers dans Documents, rien n’a bougé. S’il n’en voit pas, il fait malheureusement partie du lot.

Elle conseille en priorité d’appeler le support technique de Microsoft. Il disposerait « d’outils pour remettre votre machine en bon état », même si la formule est évasive.

Les autres défaillances remarquées

Autre bug rapidement mentionné après le déploiement du 2 octobre : le pilote audio Intel. Il faisait échouer l’installation de l’October 2018 Update, Windows 10 revenant alors à son état initial. Pas de handicap donc côté utilisateur, si ce n’est le temps perdu dans l’opération (surtout en l’absence d’un SSD). Le pilote fautif avait déjà été remplacé chez Intel, qui a publié une fiche spécifique sur cet incident.

On aurait tout de même aimé que ledit pilote puisse être téléchargé automatiquement via Windows Update avant de commencer la mise à jour. Avant que Microsoft ne retire l’October 2018 Update, son processus d’installation avait déjà été adapté pour signaler ce souci particulier, demandant à l’utilisateur de récupérer le pilote le plus récent avant de poursuivre.

On continue avec un autre désagrément : l'absence de connectivité Internet dans certaines applications. Le phénomène semble se produire exclusivement (pour l’instant) avec les applications UWP (Store Apps) de Microsoft, intégrées au système : Courrier, Calendrier, Finances, Actualités, etc. Même Edge est dans certains cas incapable de se connecter, un handicap plutôt sérieux pour un navigateur.

La solution semble par contre simple : s’assurer qu’IPv6 est bien activé. Il n’est pas besoin que votre connexion prenne en charge le protocole, simplement qu’il soit bien coché dans Windows 10. Dans les Paramètres, rendez-vous donc dans Réseaux et Internet, puis dans Centre Réseau et Partage. À droite de la fenêtre, cliquez sur le nom de la connexion puis, dans le panneau qui s’est ouvert, sur Propriétés. Cherchez la ligne IPv6 dans la liste et vérifiez que la case correspondante est cochée.

Si la procédure ne fonctionne pas, revenez dans Réseau et Partage, cliquez sur « Modifier les propriétés de la connexion » puis passez à Public. Si le changement ne semble pas pris en compte, revenez sur Réseau et Partage et cliquez en bas sur « Réinitialisation du réseau ». Windows réinstallera alors les adaptateurs réseau en rebasculant tous les composants réseau sur leurs réglages par défaut. Notez que si la procédure fonctionne, rien ne vous empêchera de revenir ensuite sur un réglage Privé.

On connaît au moins un autre problème, lié au gestionnaire des tâches. Il est cependant mineur, puisqu’il provoque un faux taux d’occupation CPU. C’est évidemment pénible pour un utilisateur surveillant le comportement de sa machine, mais le bug ne touche que l’affichage et n’est pas représentatif d’un souci plus profond.

Une étape sautée pendant le contrôle qualité

Comment en est-on arrivé là ? Deux éléments ne jouent malheureusement pas en faveur de Microsoft dans cette affaire. D’une part, un triste constat : plusieurs de ces problèmes étaient connus pendant la phase de test, signalés par des membres du programme Windows Insider.

Par exemple, le souci d’affichage du taux d’occupation CPU est spécifique à la préversion 17763, la dernière à avoir été déployée dans le canal rapide, puis le canal lent chez les testeurs. Cette build devenue « RTM » et déployée peu de temps après – le 2 octobre – dans les entreprises et le grand public, même si le téléchargement n’était pas encore automatisé. On peut espérer le correctif pour demain soir avec les autres mises à jour du Patch Tuesday.

Beaucoup plus grave, Microsoft était également « au courant » des cas de disparition des fichiers personnels dans les dossiers de Windows. Rafael Rivera, connu pour son suivi des technologies Microsoft, l’a rappelé il y a deux jours, en publiant des captures d’écran. On peut y voir des signalements de testeurs très clairs : les fichiers du dossier Documents avaient disparu après une mise à jour.

On ne sait pas si les retours sont vraiment arrivés devant les yeux des ingénieurs. Les bugs sont signalés dans le Hub de commentaires, mais il faut que les votes permettent une remontée. Un caillou dans les collections a pu également les diluer dans la masse des autres commentaires. Quand bien même, le fait qu’un bug aussi important soit passé à la trappe est tout aussi grave, puisque la solution aurait pu être trouvée depuis longtemps. Sans parler d’un risque pour l’implication des testeurs eux-mêmes.

D’autre part, l’erreur « fatale » de Microsoft a sans doute été de court-circuiter sa chaine de contrôle qualité. Le test des mises à jour passe en effet par trois canaux successifs : rapide, lent et Release Preview. Le premier permet de tester les nouveautés plus rapidement au détriment de la stabilité, le deuxième ne garde que les builds les plus stables, et le dernier s’occupe de valider qu’une candidate au déploiement est aussi stable qu’elle en a l’air. Or, contrairement à toutes les mises à jour, l’October 2018 Update n’a pas été déployée dans le canal Release Preview.

La décision est incompréhensible. Que Microsoft ait estimé la qualité générale de l’Update suffisante ou qu’il ait manqué de temps, l’éditeur a raté une étape. Les projecteurs auraient alors pu être braqués sur ces énormités et provoquer un report. La sortie de l’April Update avait ainsi été décalée de deux semaines à cause d’un souci découvert à la dernière minute.

Mais si l’April Update avait laissé de mauvais souvenirs à certains, celle d’octobre risque d’établir un triste précédent.

Capital confiance : lent à bâtir, rapide à éroder

Deux mises à jour majeures consécutives à provoquer de graves problèmes représentent un vrai danger pour Microsoft. Surtout quand ladite entreprise possède un calendrier ambitieux de deux mises à jour majeures par an (déployées en avril et octobre) et une vision particulièrement agressive des déploiements sur son dernier système.

Windows 10 se démarque en effet par des mises à jour obligatoires sur l’édition Famille, tandis qu’elles peuvent être repoussées de 35 jours maximum sur la Professionnelle. Elles finiront quand même par s’installer, rendant d’autant plus importants le contrôle qualité et les tests des membres du programme Insider.

Si Microsoft veut maintenir ce rythme, le plus élémentaire des respects envers l’utilisateur serait de s’assurer qu’aucun problème sérieux ne vienne enrayer l’utilisation d’un ordinateur. Des mises à jour obligatoires devraient être aussi discrètes que possible, puisqu’elles constituent toujours un désagrément : un temps d’immobilisation plus ou moins long, selon l’ampleur des modifications et les performances de la machine.

L’éditeur rêve sans doute d’un processus transparent et d’utilisateurs émerveillés par des nouveautés arrivant continuellement. Pour l’instant, l’heure est à la gueule de bois, et Microsoft risque surtout d’obtenir une méfiance généralisée envers ses mises à jour. Elle n’aurait qu’un impact mineur sur la fragmentation du parc Windows 10 – merci l’installation obligatoire – mais désastreux pour l’image de l’entreprise, en dépit d’une nette amélioration sur les dernières années.

L’année 2018 est finalement un mauvais cru pour les évolutions de Windows 10. Microsoft a manifestement du pain sur la planche pour se reprendre, au risque de faire face à des utilisateurs toujours angoissés par chaque mise à jour. Car on ne peut guère faire pire que la suppression des données personnelles.

Publiée le 08 octobre 2018 à 17:48


Chargement des commentaires