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Explosion d'une fusée Soyouz : la cause identifiée, prochain vol vers l'ISS le 16 novembre
Espace

Explosion d'une fusée Soyouz : la cause identifiée, prochain vol vers l'ISS le 16 novembre

Méthode Coué
6 min

L'agence spatiale Roscosmos affirme avoir identifié la cause première de l'explosion de sa fusée Soyouz le 11 octobre dernier. Elle assure avoir pris des mesures pour éviter une récidive et que les responsables seront sanctionnés. Le prochain lancement aura lieu dans deux semaines, puis début décembre pour un vol habité.

Il y a trois semaines, le lancement de la mission MS-10 a failli tourner au drame. Le lanceur a explosé quelques minutes après le décollage. Heureusement, la capsule avec les deux astronautes a pu être éjectée juste avant, via une procédure automatique selon l'agence.

L'américain Nick Hague et le russe Alexey Ovchinin sont ainsi revenus sur la terre ferme sans encombre, malgré une descente agitée à cause de la « trajectoire balistique » de la capsule et une force de six ou sept fois la gravité.

Suite à cet échec, les fusées Soyouz à destination de la Station spatiale internationale (ISS) sont clouées au sol en attendant les conclusions de l'enquête. Les conséquences sont importantes puisqu'il s'agit actuellement des seuls véhicules capables d'emmener des humains dans l'ISS. Pour rappel, celle-ci est habitée en permanence depuis fin 2000, avec le lancement de l'expédition 1.

Un capteur défaillant et c'est le drame

Quelques heures après l'incident, une première hypothèse était officiellement émise concernant la cause principale : « une collision » lors de la séparation entre les deux premiers étages. Aujourd'hui, l'agence spatiale russe Roscosmos donne de nouveaux détails et confirme la première hypothèse. Elle en profite pour annoncer un calendrier des prochains lancements.

« Le lancement s'est soldé par une défaillance du lanceur causée par la séparation anormale de l'un des boosters d'appoint (Block D) qui a frappé avec son nez le booster principal (Block A) au niveau du réservoir de carburant. Il en résulte une décompression et la fusée a alors perdu son contrôle d’altitude », explique le responsable russe de l'enquête Oleg Skorobogatov.

Les officiels ajoutent que la cause première de ce dysfonctionnement « vient de la déformation de la broche du capteur de séparation (pliée de 6˚45') ». 

Une vidéo du lancement a été mise en ligne par l'agence spatiale russe. Nous pouvons y voir un des boosters d'appoint (celui sur la gauche des images) qui ne se sépare pas comme les deux autres. Avec sa pointe, il est ensuite venu endommager le lanceur (à environ 85 secondes) :

 

Un problème survenu lors de l'assemblage de la fusée à Baïkonour

Cette pièce de la fusée « a été endommagée lors du montage des boosters d'appoint avec le moteur central (le Packet) au cosmodrome de Baïkonour ». Cette « défaillance opérationnelle » se retrouve également sur d'autres premiers étages des fusées Soyouz déjà assemblés, déclarent les enquêteurs. À CNN, Oleg Skorobogatov confirme que deux autres lanceurs pourraient présenter le même défaut. La commission d'enquête recommande évidemment de revérifier les assemblages. 

De son côté, Roscomos assure avoir agi pour éviter que cette situation ne se reproduise. Des « mesures urgentes » sont également prises pour relancer le programme Soyouz le plus rapidement possible, notamment afin d'envoyer un nouvel équipage dans l'ISS.

Lors d'une conférence de presse, Oleg Skorobatov (un des responsables de Roscosmos) affirme que la base de Baïkonour est « l'unique endroit où cela a pu avoir lieu ». Il écarte aussi l'hypothèse selon laquelle le problème pourrait venir de l'usine de fabrication, comme le rapporte l'AFP.

Un événement embarrassant, les responsables veulent rassurer

« Nous recommandons de refaire passer des tests de qualification au personnel de Baïkonour, bien qu'il soit expérimenté, en organisant des séances d'information supplémentaires », déclare Dmitri Baranov, responsables de RKK Energia concernant et produisant les fusées Soyouz.

De leur côté, les officiels ont promis de punir les coupables et réaffirment que Soyouz est le lanceur « le plus fiable » actuellement en exploitation. Cet accident, heureusement sans perte humaine, est dans tous les cas embarrassant pour Roscosmos, qui fonde sa réputation en Russie et à l'étranger sur son programme spatial.

Mais, selon CNN, « la corruption, notamment dans la construction du nouveau cosmodrome russe de Vostotchny, est mise en avant » pour expliquer (au moins en partie) les difficultés actuelles.

Encore un échec après ceux de 2017 et 2016

Pour rappel, en novembre 2017, la Russie perdait son satellite Meteor-M 2-1 juste après son lancement : « L'algorithme du système de navigation a conclu à une orientation incorrecte pour le décollage de l'étage supérieur du satellite après s'être détaché de la fusée ». En décembre 2016, la mission Progress MS-04 (également avec un lanceur Soyouz) s'était aussi soldée par un échec en décembre 2016. 

Toujours en 2016, le lanceur proton (différent de Soyouz) explosait juste après avoir largué la mission ExoMars, heureusement sans dégât sur l'orbiteur TGO et l'atterrisseur Schiaparelli (qui s'est finalement écrasé sur Mars). En 2014, un problème avec l'étage supérieur d'une fusée Soyouz (Fregat) avait conduit des satellites Galileo sur une mauvaise orbite.

Rappelons ensuite qu'une autre enquête est en cours après la découverte d'un petit trou causant une fuite d'oxygène sur un des modules de la mission MS-09. Selon le directeur général de Roscosmos Dmitri Rogozine, il ne s'agirait pas d'un défaut de fabrication.

Il n'en fallait pas plus pour que l'hypothèse d'un sabotage soit rapidement évoquée. La NASA a rapidement publié un communiqué pour calmer le jeu : « Cette conclusion ne signifie pas nécessairement que le trou a été créé intentionnellement ou avec une intention malveillante ».

Soyouz Soyouz-FG
Crédits : 3DSculptor/iStock

Soyouz de retour en vol le 16 novembre, puis le 3 décembre

Malgré tout, Roscosmos se veut confiant et prévoit un retour sur le pas de tir pour le 16 novembre prochain, avec la mission cargo Progress MS−10 (initialement programmée pour le 31 octobre). Deux semaines plus tard, ce sera au tour de MS-11 de décoller, avec un équipage.

Le nouvel équipage est composé du russe Oleg Kononenko, de l'américaine Anne McClain et du canadien David Saint-Jacques, soit les trois membres prévus pour l'expédition 58. Pour rappel, Dmitri Rogozine (directeur de Roscosmos) a déjà indiqué que les deux astronautes Nick Hague et Alexey Ovchinin allaient « voler » avec un décollage « planifié » pour le printemps 2019.

Retour des astronautes de l'ISS le 20 décembre

De leur côté, les trois astronautes actuellement dans l'ISS (Alexander Gerst de l'ESA, Sergey Prokopiev de Roscosmos et Serina Auñón-Chensellor de la NASA) reviendront sur Terre le 20 décembre 2018. Ils devaient initialement revenir le 13 décembre, le calendrier ne bouge donc quasiment pas. 

Pour rappel, ils disposent d'un vaisseau Soyouz prêt à partir arrimé à la Station spatiale internationale, mais les batteries ont « une date de péremption ». Elles doivent en effet être utilisées dans les 210 jours suivant le lancement, ce qui nous amène en janvier 2019. Il ne devrait donc pas y avoir de problème avec le retour programmé pour le 20 décembre... sauf report de dernière minute évidemment. 

Le lancement du 16 novembre sera très important pour la suite des opérations, un échec obligerait certainement les fusées Soyouz habitées à rester au sol bien plus longtemps. Pour rappel, l'ISS pourrait fonctionner sans humains à bord, mais une telle situation aurait des conséquences aussi bien sur le plan scientifique que médiatique.

Si Soyouz est pour le moment le seul à pouvoir envoyer des astronautes dans l'ISS, la relève se prépare activement chez SpaceX et Boeing. Les deux sociétés préparent des vols habités. Les deux programmes ont par contre été retardés. Les lancements sont maintenant prévus pour mi-2019, après des vols qualificatifs avant.

Publiée le 02 novembre 2018 à 15:21


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