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CES 2019 : pas de révolution dans les objets connectés, mais un foisonnement nécessaire
Obj. Connectés Crédits : f11photo/iStock

CES 2019 : pas de révolution dans les objets connectés, mais un foisonnement nécessaire

« Expérience totalement immersive » aux WC
23 min

Comme chaque année, le CES de Las Vegas était l'occasion de voir le monde des nouvelles technologies évoluer dans les grandes lignes. Mais aussi de nombreuses annonces dans le vaste monde des objets connectés. Voici un tour d'horizon des principales annonces, au-delà des habituels clichés.

Que retenir du CES de Las Vegas ? Chaque année, le problème est le même, tant le salon et ses sujets sont vastes, sans parler des conférences organisées en marge des stands et autres suites privées.

Savoir porter un regard sur le CES

Chacun peut voir ce qu'il veut dans un évènement aussi démesuré que le CES. Certains nous parlent de manière récurrente de « salon de l'auto », d'autres se désespérent devant les allées de drones et autres chinoiseries. Il faut savoir prendre du recul.

Ne pas s'arrêter aux trolls d'Apple, mais évoquer ses annonces de partenariats qui vont compter dans les mois à venir. Ne pas simplement constater qu'il y a de nouvelles TV 8K avec un contraste toujours plus élevé, mais regarder les tendances des technologies en matière de dalles. Ne pas juste compter les portables Max-Q mais voir la petite percée d'AMD ou les modifications en cours dans le format de nos PC, portables ou non. Intel y travaille d'ailleurs dur.

Le CES permet d'observer quelles technologies – parfois développées depuis des années – vont se généraliser à court terme. On peut ainsi constater que les constructeurs sont mûrs pour le Wi-Fi 6, les solutions Multi-Gig, le PCI Express 4.0, les HDD jusqu'à 16 To et les processeurs grand public jusqu'à 16 cœurs. Mais pas l'alimentation PoE jusqu'à 100 watts (802.3bt), encore peu présente cette année.

Le CES de Las Vegas est aussi l'un des plus grands rendez-vous des startups, avec son Eureka Park et de grandes sociétés qui viennent s'y faire mousser aux côtés de jeunes entrepreneurs.  Comme si cette seule proximité les rendait subitement plus innovantes.

Ce sont aussi des redites de constructeurs en manque d'inspiration, des produits un peu fous qui ne sortiront peut-être jamais (coucou les plieurs de linge), des objets connectés en pagaille et au milieu de tout cela quelques rares pépites. Se lamenter de ne pas en trouver dans les secteurs qui nous intéressent, ce serait oublier qu'elles naissent de ce foisonnement, de ces rencontres parfois improbables... dont voici notre bilan.

Objets connectés en folie, demandez le programme

Cette année, nous sommes « gâtés » avec pêle-mêle un frigo équipé d'une caméra, un « hot spot » LiFi à 900 euros (sans onde radio, mais avec des ondes quand même), un radiateur solaire avec batterie intégrée, un capteur de présence compatible Office 365, des toilettes connectées avec panneaux lumineux et haut-parleurs, une chaussette connectée pour nourrisson, une ruche solaire autonome et évidemment connectée, etc.

Bien souvent, il s'agit de produits développés par des start-ups, que ce soit leur premier CES ou non. La récente (et brutale) fermeture de Holi rappelle qu'il faut être prudent face à de jeunes sociétés et aux financements participatifs : rien n'est définitivement acquis et il existe toujours un risque.

Elle rappelle également combien un objet connecté est malheureusement encore trop dépendant d'Internet et des serveurs de son créateur pour fonctionner.

Quels effets derrière l'omniprésence de la French Tech ?

La French Tech était de nouveau présente en force... peut-être même trop. La France serait la 3e délégation avec 420 entreprises environ, derrière les États-Unis et la Chine. Dans le lot, 57 ont obtenu un CES Innovation Award et deux start-ups un Best of Innovation Award : Beelife et Snips (nous y reviendrons).

Chaque région se livre en effet une guerre à celle qui enverra le plus de représentants sur place ; une course à la quantité nuisant parfois à la qualité. Déjà l'année dernière, nous avions rencontré des start-ups ne cherchant à se développer qu'en France, sans s'intéresser à l'international. Il faut dire que chez nous, il n'existe pas vraiment d'équivalent, et ce n'est pas Vivatech, l'initiative emmenée par LVMH et Publicis, qui va y changer quoi que ce soit.

D'autres étaient simplement présentes car leur région payait une bonne partie de leur déplacement. « C'est l'occasion de venir à Vegas » lâchait l'une d'entre elles. On constate également toujours que ces batailles locales montre un manque d'unité dans le discours à l'échelle nationale, malgré le logo au coq rouge.

Sans parler de l'incapacité pour l'Europe d'organiser une offensive en terre américaine dans un domaine qui en aurait pourtant bien besoin. Surtout que le continent à quelques valeurs à faire valoir et à porter dans le secteur, notamment après le vote du RGPD et les avancées en matière de vie privée.

French Tech CES 2019
La French Tech au CES 2019

Cette année, Business France a limité les déplacements avec « seulement » 26 entreprises sélectionnées par un jury : « Le choix s’est porté sur des startups répondant à trois critères : le caractère innovant de leurs produits, la capacité à tirer tous les avantages d’une présence sur le CES et le potentiel de réussite industrielle et commerciale ». Bien évidemment, celles gravitant autour des objets connectés sont les plus nombreuses, et de loin.

Malgré l'imposante participation de la France, peu de politiques ont fait le déplacement cette année, notamment à cause des manifestations des gilets jaunes.  « Aucun ministre ni président de Région, pas même le secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi, ne fera le déplacement », expliquait ainsi la Tribune.

Avec plusieurs centaines de start-ups pour la seule France, il est impossible de toutes les lister, mais ce tour d'horizon permet de se faire une idée de ce que nous réserve 2019.

Le tout connecté envahit la cuisine...

Dans la maison, Bosch pense tenir un concept intéressant de frigo connecté : il propose « l’identification des aliments avec préconisation de rangement ». Une caméra à l’intérieur du frigo « identifie automatiquement une soixantaine de sortes de fruits et légumes différents et fournit des informations sur la zone de rangement idéale via une application ». Avant de ranger un concombre, passez le devant la caméra et regardez sur votre smartphone où le ranger, c'est aussi ça le progrès !

Toujours dans la cuisine, Bosch annonce un projecteur PAI capable de « projeter une interface de commande virtuelle sur le plan de travail de la cuisine ». Un concept rappelant le Xperia Touch de Sony, mais spécialement pensé pour la cuisine. On trouve aussii des assistants connectés qui proposent de vous aider dans la réalisation d'un plat avec la voix, sans avoir besoin de tapoter sur un clavier virtuel avec vos doigts pleins de farine (par exemple).

LG n'est pas en reste : fours, réfrigérateurs, lave-vaisselle, etc. Signalons aussi HomeBrew, une « machine à bière artisanale » connectée.  Elle utilise une capsule à usage unique pour vous permettre de réaliser votre propre bière. Il ne faut pas être pressé : deux semaines sont nécessaires pour obtenir cinq litres. Une application mobile permet de suivre l'avancement.

Le fabricant esquisse même sa vision du futur : « L'utilisateur d'une cuisine intelligente LG peut ainsi savourer une bière fraîche tout en consultant des recettes sur l'écran intégré du réfrigérateur. Lorsqu'il a fait son choix, la recette est envoyée directement au four qui lance alors le préchauffage à la température voulue ».

Ce n'est pas tout : « Après la préparation du repas, la fonction EasyClean du four combiné encastrable de LG élimine tous les résidus projetés sur les parois intérieures pendant la cuisson. Enfin, la même recette intelligente indique au lave-vaisselle QuadWash le programme le mieux adapté pour garantir un nettoyage impeccable de la vaisselle et des ustensiles utilisés pour cuisiner et savourer des plats délicieux ». Est-ce bien nécessaire ?

  • Bosch projecteur PAI
  • LG CES 2019
  • LG CES 2019

... la salle de bain et les toilettes

Après iOS (y compris l'Apple Watch) et Android, Whirpool se prépare à lancer une version Wear OS de son application. Elle vous permettra de suivre les programmes et les « constantes » de votre four, de votre machine à laver et/ou de votre sèche-linge. Espérons que les notes seront meilleures que celles des applications existantes qui ne dépassent pas les 2 sur 5 sur Android et iOS.

Chez Köhler, le petit coin et la salle de bain étaient à l'honneur. Le spécialiste de la plomberie présentait en effet un siège de toilette connecté, chauffant, avec des jeux de lumière et compatible Alexa pour, accrochez-vous bien, « une expérience totalement immersive pour les propriétaires ». Prix du Numi 2.0: entre 7 000 et 8 000 dollars selon la couleur (disponibilité au quatrième trimestre), mais le constructeur promet de réaliser des économies d'énergie. Alors heureux ? 

Si le siège faisait le « buzz » à Las Vegas, le concept n'est pas nouveau pour Köhler puisque le Numi premier du nom à déjà plusieurs années. Mais cette version 2.0 entre dans l'air du RGB et des assistants numériques. Par contre, pas un mot sur une éventuelle intégration de Dash Replenishment pour que les toilettes puissent commander automatiquement du papier... vivement la version 3.0. 

« L'immersion » selon Köhler ne s'arrête pas là. Le constructeur présentait aussi  sa nouvelle collection de meubles Veil Lighted avec éclairage ajustable (compatible Philips Hue), un miroir connecté Verdera Voice Lighted pour demander à Alexa qui est la plus belle ou le plus beau, etc. 

  • Kohler Numi 2.0
  • Lohler Numi 2.0
  • Lohler Numi 2.0

Tondeuse et ruche autonomes dans le jardin

Dans le jardin, la tondeuse autonome Indego S+ peut être pilotée par la voix avec Alexa, mais elle peut aussi déterminer seule le meilleur moment de tondre la pelouse. Elle se base sur des prévisions météo récupérées sur Internet. Hé oui, il est évidemment question d'intelligence artificielle, même pour une tondeuse : « Nous utilisons l’IA pour simplifier encore la tonte du gazon et gagner en confort. Notre objectif est que chaque Indego apprenne individuellement à l’avenir, s’adaptant ainsi de manière optimale au jardin », affirme le fabricant.

Comme son nom le laisse supposer, Beelife s'intéresse aux abeilles, un des maillons indispensables de notre écosystème pour la pollinisation : « La ruche CoCoon traite le Varroa [des parasites de l'abeille, ndlr] avec une arme purement biologique, la chaleur (brevet en attente), et aide les abeilles à vivre plus longtemps, à récolter plus de miel, à vivre dans un habitat sain ».

Un concept intéressant qui permet à un particulier d'avoir une ruche autonome qu'il peut installer dans son jardin. ​La société affirme en effet que « l'apiculteur n'a aucun entretien à réaliser : le système est autoalimenté, et il dispose d'une surveillance à distance complète. L'ordinateur embarqué avertit dès qu'une anomalie est détectée, et gère de manière autonome l’énergie et la régulation thermique ». La ruche peut utiliser du Bluetooth, de la 3G ou LoRa pour se connecter.

La ruche CoCoon complète sera vendue 950 euros. Ce produit d'une start-up française a obtenu un Best of Innovation Award.

BeeLife

Domotique : coffres-forts, prises, sonnette...

ITSmart Security et Motorola se sont associés pour proposer les Flex et Bolt Smart Safe : deux coffres-forts connectés en Wi-Fi. Ils peuvent être ouverts à distance via une application dédiée, ou directement sur place grâce à un code. La connexion permet également au coffre-fort d'envoyer des alertes en cas de problème. Les précommandes sont ouvertes pour 179 dollars.

La société norvégienne LightCircle exposait sa prise intelligente Kokong S. Elle n'est pas connectée, mais propose un fonctionnement intéressant : elle s'éteint automatiquement « lorsqu'aucune alimentation n'est nécessaire » ou quand le smartphone ou la tablette est entièrement chargé. Cela permet non seulement de limiter les risques, mais aussi de réaliser des économies d'énergie. Kokong S sera disponible le mois prochain, pour 83 euros.

Netatmo, comme bien d'autres fabricants, veut rendre « votre maison plus intelligente ». Elle annonce ainsi une sonnette vidéo « intelligente » – comprendre qu'elle est simplement connectée à Internet – avec une définition 1080p et un angle de vision à 160°.

En plus de permettre une vidéoconférence à distance avec la personne sur le pas de la porte, elle peut « détecter une personne qui rôde autour de l'entrée de la maison ». Une carte SD peut enregistrer les vidéos en local... dans la caméra qui se trouve sur le mur extérieur de votre maison. La sonnette est compatible HomeKit et IFFT. Elle arrivera durant le second semestre, sans précision sur son prix pour l'instant.

Le solaire intéresse toujours

Plusieurs start-ups étaient sur place pour présenter des solutions de gestion des énergies. La société Flovea, de Nouvelle-Aquitaine, exposait par exemple sa Flowbox Interactive qui permet de « surveiller en temps réel le réseau hydraulique d'un logement grâce à une application mobile ». Son but est à la fois d'aider les utilisateurs à réduire leur consommation, mais aussi de détecter des fuites et agir si besoin.

Ce n'est d'ailleurs pas la seule à surfer sur ce segment. S'il n'est désormais pas rare de trouver des compteurs connectés pour le gaz et l'électricité, c'est pour le moment plus rare pour l'eau, alors qu'il est tout aussi important de surveiller sa consommation et détecter rapidement les fuites.

De son côté, O’Sol profitait du salon pour présenter Kino 1.0, un générateur solaire qui prend la forme d'une fleur. Il n'est d'ailleurs pas sans rappeler le SmartFlower d'EDF, mais en version miniature. Une prise 220 volts et des ports USB sont présents. La puissance totale n'est pas précisée.

O’Sol Kino 1.0

EvBox, qui appartient désormais à Engie, présentait sa station de charge pour voiture EVBox level 2. Elle est principalement conçue pour les entreprises, peut recharger jusqu'à quatre véhicules à la fois, et intègre un système de paiement sur mobile. 

L'année dernière, Lancey présentait son radiateur électrique avec batterie. Le principe est simple : recharger la batterie la nuit lorsque le courant est moins cher, pour ensuite s'en servir pendant la journée. Cette année, le radiateur passe au solaire, une évolution attendue et logique. Il peut ainsi recharger « gratuitement » ses batteries à l'aide du soleil et passer par le réseau électrique pour compléter si besoin. Le constructeur explique aussi qu'il utilise des batteries recyclées à partir des vélos à assistance électrique de Véligo Location.

Le discours marketing a par ailleurs changé. Alors que les professionnels étaient la piste privilégiée, une ouverture aux particuliers est désormais clairement évoquée par les dirigeants. Aucun tarif ou date de disponibilité n'est par contre mentionné. 

Santé : nourrisson, travail et urgence vitale

MonFoxy est une chaussette intelligente conçue et fabriquée en France : « la chaussette intègre une poche qui permet d’accueillir le capteur et se place directement sur le pied de bébé sous son pyjama ». Il « mesure les constantes physiologiques de votre bout de chou ainsi que sa position de couchage ».

Un T-Hub récupère les informations (via Bluetooth LE) et mesure d'autres éléments comme la température et la qualité de l'air dans la pièce. Une application permet de recevoir des alertes, mais uniquement quand c'est nécessaire. Le but n'est pas d'afficher toutes les valeurs en temps réel, expliquent les concepteurs, ce qui serait anxiogène pour les parents. La chaussette est actuellement en précommande pour 255 euros, sans date de disponibilité.

D'autres sociétés misent aussi sur la santé connectée, à l'image de Numii qui exploite de l'intelligence artificielle – est-il possible de faire une annonce dans ce domaine sans parler d'IA en 2019 ? – pour proposer un « indicateur de santé au travail ». 

Le système est « construit autour de balises connectées qui mesurent, collectent et traitent pour générer la première base de données sur le travail humain ». Numii peut aussi identifier les troubles musculo-squelettiques et ainsi essayer de prévenir des maladies professionnelles. 

Sauv Life est une application lancée par un urgentiste du Samu de Paris. Elle est disponible gratuitement (sans publicité ni achats intégrés) sur Android et iOS : « Les volontaires qui l'ont téléchargée peuvent être géolocalisés et sollicités s’ils se trouvent à proximité d’une personne faisant un arrêt cardiaque. Ils peuvent ainsi intervenir rapidement et effectuer les gestes de premiers secours avant l’arrivée des médecins. Gagner du temps pour sauver des vies, tel est l'objectif de l'appli, qui a déjà prouvé son efficacité à maintes reprises ».

Le CES était l'occasion de se faire connaitre plus largement, mais aussi de lancer une campagne de financement participatif sur Ulule. C'est un succès (de justesse) avec plus de 26 000 euros récoltés sur les 25 000 demandés. Cet argent servira à mettre en place « de la vidéo-conférence pour améliorer la prise en charge des urgences vitales ». Elle permet au citoyen d'être en vidéoconférence avec le médecin régulateur.

  • MonFoxy
  • MonFoxy
  • Sauv Life 

Le sextoy Osé récompensé, puis interdit de séjour

La société Lora DiCarlo comptait présenter son sextoy pour femme – Osé – mais la situation a été bien plus compliquée que prévu. Dans une lettre ouverte, Lora Haddock (cofondatrice et directrice générale de la société) explique que, bien avant l'ouverture du salon, son produit avait été sélectionné comme l'un des lauréats du prix de l'innovation CES 2019.

Un mois plus tard, la CTA (en charge d'organiser le CES) l'informe qu'il annule sa récompense et que la société ne pourra même pas présenter son produit sur le salon. 

La raison officielle est très vague, toujours selon la lettre ouverte publiée par Lora Haddock : « Les produits jugés immoraux, obscènes, indécents, profanes ou ne correspondant pas à l’image de marque de la CTA seront disqualifiés à sa seule discrétion. La CTA se réserve le droit de disqualifier toute inscription qui, selon son avis, mettrait en danger la sécurité ou le bien-être de quiconque, ou ne respecterait pas les règles officielles ». 

Lora Haddock affirme ensuite avoir reçu un courrier de Gary Shapiro (président de la CTA) et de Karen Chupka (vice-présidente), qui contiendrait « une affirmation encore plus insultante et franchement ridicule » : son produit ne serait en fait pas éligible dans la catégorie où il avait été récompensé (Robotics et Drone). La dirigeante proclame au contraire que son produit a huit brevets en attente, notamment sur la robotique et le biomimétisme : « Osé fait clairement partie de la catégorie Robotics et Drone, les propres experts de la CTA sont d’accord ».

Pour la société Lora DiCarlo, il s'agirait surtout d'une affaire de sexisme :  « il semble que le CES et/ou son administration (CTA) applique des règles différemment pour les entreprises et les produits en fonction du sexe de leurs clients ». Quoi qu'il en soit, Osé sera disponible à l'automne et devrait rester sous les 300 dollars. 

Sextoy Osé

Les insolites : gants motos/vélos et planche en bois connectés

La start-up marseillaise OnTracks a déjà présenté il y a plusieurs mois ses GuideWatches : une montre connectée en deux parties à fixer sur vos poignets. Un trou permet de passer le pouce pour le maintenir en place, avec les écrans toujours sous les yeux (sans avoir besoin de tourner le poignet). L'une ou l'autre des parties peut vibrer pour vous indiquer la direction à suivre afin que vos yeux restent sur la route.

La société intègre cette année sa solution dans des gants de moto et de vélo. Le CES était l'occasion de les présenter en « première mondiale ». Là encore, les écrans se retrouvent sur le dessus de la main, permettant de lire ce qu'ils affichent avec les mains sur le guidon, contrairement à une montre connectée. Le lancement est prévu pour ce début d'année à 199 euros la paire. Les dirigeants avaient également une autre idée derrière la tête lors de leur déplacement à Las Vegas :  ce lancement est « une étape essentielle avant de passer au second tour de financement ».

Mui présentait sa planche de bois connectée avec Google Assistant : « vous pouvez lui parler, envoyer/recevoir des messages, consulter les actualités et la météo, contrôler des appareils connectés (éclairage, thermostats...), etc. ». Une fois les actions réalisées, l'affichage s'éteint pour ne laisser visible que le bois naturel. 

Une campagne de financement participatif a été créée sur Kickstarter en fin d'année dernière, avec 114 696 dollars récoltés sur les 100 000 dollars demandés.  Les premiers contributeurs pouvaient obtenir la planche pour 500 dollars, alors que son tarif public est de 1 000 dollars tout de même. 

Nahimic (N Array Headphone Integrated MICrophone) est déjà connu pour son partenariat avec MSI pour un rendu sonore 3D de meilleure qualité. Au CES, la start-up française A-Volute a annoncé sa « solution d'audio 3D grand public » pour les ordinateurs, en commençant par les Mac. « Vous téléchargez l'application, vous réglez la somme et vous avez le son 3D sur votre Mac » explique le directeur marketing de la société. 15 jours d'essais gratuits sont proposés.

OnTracks GuideWatchesMui

Sur mesure chez NodOn, sabre laser chez LDLC

NodOn était aussi de la partie pour présenter sa « plateforme 2,4 GHz » dédiée au B2B. Elle « permet de créer un produit (à choisir parmi le portfolio de la gamme NodOn) sur mesure avec l’un des protocoles radio de la plateforme 2,4 GHz : Bluetooth, Zigbee, Thread ».  Selon le fabricant, « cette solution permet à NodOn de concevoir rapidement un produit personnalisé qui répondra aux besoins de son client et qui pourra s’intégrer dans son écosystème ». Plutôt que d'imposer un protocole, NodOn laisse le choix.

LDLC profitait du salon de Las Vegas pour présenter son sabre laser Solaari, un de plus parmi tous ceux qui existent déjà sur le marché.  Une campagne de financement participatif a fait mouche sur Kickstarter, avec 104 042 euros récoltés sur les 75 000 demandés. Les livraisons sont prévues pour septembre et le tarif recommandé est de 299 euros.

Après les lunettes équipées de caméras à 360°, Orbi Prime fait de même avec un casque de football américain. Le but est encore de proposer une immersion complète. Une vidéo de démonstration a été mise en ligne, mais nous n'avons guère d'informations supplémentaires pour le moment. Pour rappel, les lunettes sont en précommandes à 400 dollars.

Solaari

Capteur connecté à Office 365, plafonnier et serrure LiFi

Legrand présentait sa vision du « Bureau du futur ». Elle passe par une nouvelle gamme avec le capteur Advanced Sensor qui permet « d’envoyer des informations sur l’utilisation réelle des salles de réunion et des espaces de travail qui servent aux salariés et à l’exploitant ». En plus de contrôler l'éclairage, le capteur peut mesurer la température, la qualité d’air, l'activité, le nombre de personnes dans la salle, etc. 

Le fabricant s'associe à Microsoft et sa solution Office 365 : « Si le capteur de Legrand ne détecte aucune présence dans une salle de réunion pourtant réservée, au-delà d’un temps défini, l'intelligence artificielle rend cette salle disponible sur l’agenda ». Legrand travaille également avec la start-up française Jooxter pour retourner à ses clients « une analyse plus précise de l’occupation des espaces et la compréhension des usages ».

Après la lampe MyLiFi l'année dernière, Oledcomm revient avec LiFiMax. Il est composé d'un « hot spot » pouvant se fixer au plafond pour arroser les personnes se trouvant en dessous. Jusqu'à seize utilisateurs peuvent être connectés en même temps, avec un débit de 100 Mb/s maximum. 

Comme avec la lampe, le fabricant vante l'absence d'émission d'ondes radio, sans préciser qu'elle émet forcément des ondes, puisque la lumière est une onde. Les échanges de données se font en fait sur une longueur d'onde en dehors du spectre visible et proche de l'infrarouge.

Les précommandes devraient débuter cette année, pour une livraison en septembre. Son tarif : 900 euros pour un émetteur et un dongle... Pour rappel, la lampe MyLiFi était proposée à 699 euros sur Indiegogo (899 euros tarif recommandé). La campagne participative fut un bide avec 9 727 dollars (sur 50 000 demandés) et 12 contributeurs seulement... LiFiMax suivra-t-il le même chemin ? 

Toujours dans le petit monde du LiFi, HAVR présentait une... serrure connectée : BrightLock. « Il suffit d'ouvrir l'application sur son smartphone, sélectionner la clé numérique, flasher la serrure et entrer ». Il est également possible de passer par « un accessoire d'ouverture et de fermeture par la lumière ». Discrétion assurée en pleine nuit ! En cas de problème, une clé classique est toujours disponible. La disponibilité est prévue pour cette année, sans indication de tarif.

LiFi MaxBrightLock

Les assistants numériques partout

Du côté des assistants numériques connectés, un nouvel acteur profitait du salon pour annoncer un partenariat avec le géant de l'automobile BMW : le chinois Alibaba. Les deux protagonistes ont expliqué que « Tmall Genie, l'assistant vocal développé par les Labs A.I. d’Alibaba, sera proposé aux clients chinois de BMW d'ici fin 2019. BMW deviendra ainsi le premier constructeur automobile premium à lancer Tmall Genie ».

Plusieurs partenariats ont aussi été annoncés début janvier. TP-Link prendra par exemple en charge HomeKit pour ses prises connectées, en plus d'Alexa qui est déjà disponible. La mise à jour est prévue pour ce début d'année, sans plus de détail.

MSI se rapproche pour sa part d'Ubisoft avec son logiciel de synchronisation de ses produits RGB : Ambient Link. Cette dernière est « conçue pour synchroniser parfaitement tous types de panneaux lumineux modulables ainsi que les produits MSI équipés de Mystic Light avec les images du jeu afin de créer une ambiance lumineuse immersive ».

Snips avait déjà annoncé la couleur avant le CES avec trois nouveaux services : Commands, Flow et Satellite. Le premier est « est une interface vocale permettant de reconnaître très simplement un ensemble de commandes suivant un mot d'éveil », le second « une solution de reconnaissance du langage naturel s'exécutant localement avec des performances équivalentes ou supérieures aux solutions sur le cloud ».

Enfin, le dernier est un complément à Flow pour de petits périphériques s'activant à l'écoute d'un mot clé et transmettant les demandes vocales « vers n'importe quel appareil compatible Snips Flow, via le réseau local ». Ce traitement local a permis à Snips d'obtenir un Best of Innovation Award. 

Après avoir dévoilé son intelligence artificielle Zac (sous la forme d'un raton laveur), Vivoka était de nouveau au CES pour présenter son hologramme Zac et un miroir connecté, tous deux avec l'intelligence artificielle maison.

Cette dernière « a pour mission de répondre aux besoins de ses utilisateurs par l'intermédiaire de notions de contexte. Cette innovation à portée de voix est capable de comprendre facilement les intentions d'utilisateur. Certaines marques ecommerce intègrent déjà la solution de Vivoka sur leurs sites et leurs applications », explique la société.

Dans un registre proche, Clevy.io était sur place pour présenter sa solution permettant de « créer des chatbots d’information qui répondent aux questions récurrentes des employés sur tous les sujets : ressources humaines, IT, achats, juridique, conduite du changement ».

True Wireless chez Klipsch, navette autonome Bosch

Alors que de nombreux fabricants avaient profité de l'IFA de Berlin pour annoncer des écouteurs intra-auriculaires « true wireless », c'est-à-dire totalement sans-fil même pour relier l'écouteur gauche et celui de droite, Klipsch a préféré attendre le CES

Le fabricant explique que ses T5 « sont dotés d’embouts intra-auriculaires de forme ovale, brevetée par la marque, pour un confort optimal et une isolation totale pour la réduction du bruit et amélioration des basses ». Encore et toujours de belles promesses à vérifier. Ils seront disponibles au printemps.

Enfin, Bosch présentait aussi son concept de navette autonome avec une photo et un descriptif des plus enjoués : « un design très lumineux et minimaliste, une coque extérieure futuriste constituée d’écrans d’affichage et de verre et un intérieur spacieux ». L'équipementier veut se positionner en tant que fournisseur de services pour les systèmes d'automatisation, l’interconnexion et l’électrification des navettes.

Il compte passer de la théorie à la pratique dès cette année : « au cours du second semestre, la ville américaine de San José, située dans la Silicon Valley, deviendra ville pilote pour le test du service de transport individuel sur demande, entièrement automatisée et sans conducteur, qui est fournie par Bosch et Daimler ».

Il ne s'agit ici que d'une annonce parmi tellement d'autres. Les constructeurs sont en effet nombreux sur ce segment, avec de nombreuses expérimentations ; rien d'étonnant donc que Bosch se lance à son tour puisque la société propose depuis longtemps des pièces pour voitures.

Bosch CES 2019Bosch CES 2019

La révolution attendra

Pour résumer, rien de bien révolutionnaire pour ce cru 2019, avec de nombreuses reprises/améliorations d'objets connectés que l'on connaissait déjà. On notera tout de même les bonnes idées de Beelife et Lancey avec une approche écologique intéressante. 

Comme chaque année, la cuisine, la salle de bain, le jardin et la santé connectée sont à l'honneur avec des constructeurs tirant tous azimuts, quitte à parfois aller trop loin. On pense aux toilettes Khöler. Dans tous les cas, il est dommage que la sécurisation des objets connectés ne soit pas davantage mise en avant dans les discours/présentations des fabricants.

Ce point est en effet trop souvent laissé de côté, comme s'il n'était pas primordial. Or, il l'est et prend de l'importance proportionnellement au nombre de produits disponibles dans le commerce. Un vrai sujet pour un salon comme le CES. Espérons que les constructeurs n'attendrons pas l'année prochaine pour s'en saisir.

Publiée le 08 février 2019 à 12:05


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