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Le ministre de l’Éducation annonce la création d’un Capes d’informatique dès 2020
Loi Crédits : pinstock

Le ministre de l’Éducation annonce la création d’un Capes d’informatique dès 2020

CAPES LOCK
5 min

Le ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer la création d’un Capes d’informatique à horizon 2020. Objectif : améliorer la formation des professeurs, et plus particulièrement de ceux qui seront chargés du nouvel enseignement de spécialité « Numérique et sciences informatiques », prévu dans le cadre de la réforme du bac.

« Nous avons un problème avec le vivier d’enseignants » avait prévenu Pierre Mathiot, auteur du rapport de préfiguration de la réforme du bac, en février dernier, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

Et pour cause : à partir de la rentrée prochaine, les élèves de première se façonneront un parcours « à la carte », en complément d’un socle d’enseignements communs. Finies les traditionnelles série S, ES et L : tous les lycéens suivront désormais les mêmes cours de français, d’histoire-géo ou d’EPS, outre différents enseignements de « spécialité » (qu’ils pourront choisir).

Le numérique pourrait ainsi faire plus largement son irruption au lycée. Du côté des enseignements obligatoires, l’introduction d’un cours d’ « humanités scientifiques et numériques » (de deux heures hebdomadaires) avait initialement été annoncée par le ministère de l’Éducation nationale. En passe d’être plus génériquement intitulé « enseignement scientifique », cette discipline transverse pourrait néanmoins conduire les élèves à « apprendre à coder », comme le souhaite l’exécutif.

Au rayon des enseignements de spécialité, figure d'autre part un cours de « Numérique et sciences informatiques », dont le volume horaire sera de quatre heures en première, puis de six heures en terminale.

Résultat, près de 1 500 lycées auraient besoin de professeurs d’informatique selon Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale.

Jean-Michel Blanquer promet « des progrès structurels considérables »

Les nouveaux programmes ne sont toujours pas arrêtés. Sur France Culture, le ministre de l’Éducation a néanmoins annoncé hier qu’un Capes d’informatique (du nom de ce concours que doivent passer les professeurs de collège et de lycée) verrait le jour « dès 2020 ».

« C’était quelque chose qui était attendu depuis très longtemps et que l’Éducation nationale ne faisait pas. Aujourd’hui, nous avons créé la raison d’être de ce Capes informatique, et dans quelques années nous créerons probablement une agrégation d'informatique », a poursuivi Jean-Michel Blanquer.

La réforme du bac entrant en vigueur dès la rentrée prochaine pour les élèves de première (en vue de changements progressifs d’ici au bac 2021), le locataire de la Rue de Grenelle a expliqué que les besoins seraient couverts dans un premier temps « par des professeurs qui suivent des formations continues, aujourd’hui même et dans les mois qui viennent ». L’Éducation nationale pourrait en outre faire appel aux enseignants qui assurent actuellement l’option « ISN », pour « Informatique et sciences du numérique ».

Il y a quelques mois encore, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, en appelait pourtant à « laisser mûrir » le nouveau Capes de mathématiques, qui dispose depuis 2015 d’une option « informatique ».

Jean-Michel Blanquer devrait ainsi satisfaire l’association Enseignement public et informatique, des parlementaires tels que Laure de La Raudière, le MEDEF et d’autres représentants des entreprises du numérique (Tech In France...), qui réclamaient de longue date l’introduction d’un Capes d’informatique. Le Syntec numérique s’est d’ailleurs réjoui aujourd’hui de cette « décision politique forte », destinée à améliorer in fine la formation des élèves.

Une « montagne d'opportunités »

« Nous créons un cercle vertueux de la présence de l’enseignement numérique », a prédit le ministre de l’Éducation nationale. « Nous consacrons le numérique dans le système – et dans un sens non superficiel (...). Nous avons besoin d’avoir des élèves qui développent leur sens logique grâce à la programmation, des élèves qui relient les savoirs numériques aux autres savoirs, grâce à leurs approfondissements numériques et à l’approfondissement de leur culture générale dans d’autres domaines. C’est cela que nous allons faire. »

D’après l’intéressé, l’enseignement de spécialité « Numérique et sciences informatiques » sera dispensé dans « plus de 50 % » des lycées. « C’est une innovation formidable », s’est félicité Jean-Michel Blanquer, étant donné qu’il y a « beaucoup de jeunes qui ont envie d’aller vers ces métiers, qui correspondent à des métiers d’avenir. Ce sera au passage une occasion d’inciter plus de jeunes filles à faire cette discipline, et donc de compenser les problèmes d’égalité hommes-femmes qu’on a dans cette branche. »

L’introduction d’un Capes et d’une agrégation d’informatique est pourtant loin de faire l’unanimité, notamment au sein du corps enseignant. « Les métiers de demain nous sont parfaitement inconnus. On sait simplement que, pour s’y préparer, les élèves devront avoir acquis à l’école une très grande culture générale et, notamment, une culture numérique fondamentale et humaniste » nous avait ainsi confié il y a quelques mois Michel Guillou, consultant numérique éducatif et auteur du blog Culture-Numérique.

Pour cet ancien de l’Éducation nationale, une telle réforme « n’a aucun sens » : « L'enseignement de l'informatique n'a rien à voir avec l'acculturation numérique qui, elle, concerne toutes les disciplines. »

Michel Guillou plaide ainsi pour davantage de numérique au sein des différentes matières, plutôt que pour la mise en place d’un cours spécifique qui risquerait de décharger et déresponsabiliser les autres enseignants. « C’est dans les disciplines existantes que vont se construire peu à peu les compétences transversales propres à cette culture numérique. En ouvrant ainsi les portes des possibles, en donnant l’opportunité de rencontres entre elles, le numérique contribue à enrichir, à augmenter, à éclairer les disciplines traditionnelles. »

Jean-Michel Blanquer a toutefois balayé ces réticences, hier : « Je veux bien entendre toute une série d’inquiétudes, mais je ne voudrais pas qu’on perde de vue, devant la colline de problèmes, la montagne de solutions que nous avons, la montagne d’opportunités qu’il y a derrière cette réforme. »

Publiée le 08 janvier 2019 à 16:54


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