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Epic, Unity, le bras de fer Improbable
Jeux video Crédits : combomambo/iStock

Epic, Unity, le bras de fer Improbable

Moteur, action !
5 min

En changeant ses conditions d'utilisation il y a quelques mois, Unity a mis le feu aux poudres bien malgré elle. L'entreprise se retrouve aujourd'hui prise pour cible par Improbable, l'éditeur du middleware SpatialOS, qui s'est trouvé un allié de taille : Epic Games.

Il suffit parfois d'un petit changement dans un contrat pour qu'émerge un bras de fer aux conséquences inattendues. C'est la dure leçon que vient d'apprendre Unity, l'entreprise qui a donné son nom au célèbre moteur de jeu utilisé par quelques milliers de titres, sur consoles, mobiles et PC.

Le 10 janvier dernier, Improbable, l'éditeur de SpatialOS – une plateforme multijoueur basée sur le cloud – a publié un billet de blog au vitriol, dans lequel il accuse Unity d'avoir purement et simplement bloqué l'utilisation de sa plateforme. Cette interdiction serait le fruit d'un changement survenu dans les conditions d'utilisation de Unity, apparu le 5 décembre dernier. 

De son côté, Unity réfute complètement ces accusations et estime qu'Improbable est de mauvaise foi. L'entreprise aurait prévenu l'éditeur à de multiples reprises ces derniers mois avant de devoir révoquer sa licence, et affirme qu'il exagère largement les conséquences du changement apporté aux conditions d'utilisation. 

Improbable met le feu aux poudres

Selon Improbable, tous les jeux existants et futurs faisant appel à SpatialOS enfreignent désormais les conditions d'utilisation de Unity. Cela les obligerait soit à changer de brique pour la gestion du multijoueur, soit à devoir changer de moteur de base, ce qui dans les deux cas reviendrait à d'importants coûts de développement aussi bien pour les petits studios que pour les gros éditeurs, tels que NetEase qui exploite la solution d'Improbable. 

Le problème serait tel qu'Improbable annonce la mise en place d'un fonds de soutien pour aider les studios pour qui la démarche de mise en conformité serait trop coûteuse. Le GDK mis au point pour Unity est quant à lui passé sous licence MIT dans le cas où cela puisse aider certain de ses clients. 

Unity tente de calmer le jeu

Du côté d'Unity, le discours est bien plus nuancé. « Nous avons mis un terme à notre relation avec Improbable après l'échec de négociations au sujet de violations de nos conditions d'utilisation. Nous avons clairement exprimé que les utilisateurs de SpatialOS ne seront pas affectés tout comme les projets en production ou commercialisés faisant appel à SpatialOS », peut-on ainsi lire sur le blog officiel d'Unity, dans un billet rédigé par Joachim Ante.

Le co-fondateur et directeur technique de l'entreprise va plus loin en détaillant les circonstances exactes dans lesquelles Improbable a été averti, à plusieurs reprises, de ses infractions. D'abord lors d'une réunion informelle il y a plus d'un an, puis par écrit il y a six mois. « Les récents évenements ne sont pas arrivés par surprise pour Improbable ; en fait, ils sont au courant depuis plusieurs mois », tranche-t-il. 

Ces premières étapes destinées à inciter Improbable à faire le nécessaire pour ne plus contrevenir aux restrictions liées au streaming et au cloud gaming. « Si vous voulez faire fonctionner votre serveur de jeu basé sur Unity sur votre matériel ou chez un fournisseur de services cloud qui vous met à disposition des instances à cet effet, vous êtes couverts par notre EULA. [...] Cependant, si un service tiers veut exécuter l'Unity Runtime dans le cloud, avec leur SDK en complèment, nous considérons ceci comme une plateforme. Et dans ce cas, le service doit être approuvé comme tel », explique ainsi Joachim Ante, ajoutant avoir poussé ce genre d'accord aux équipes d'Improbable, qui n'en auraient visiblement pas voulu.  

Chez Improbable, un deuxième billet apporte un autre éclairage sur les faits : l'éditeur a fourni à la demande de Unity des informations détaillées sur le fonctionnement de sa plateforme et aurait obtenu une confirmation orale qu'elle obéissait au cadre imposé par Unity. Ceci de la bouche même de dirigeants de l'entreprise. Il s'agirait donc d'un simple malentendu aux conséquences inattendues.

Epic s'engouffre dans la brèche

Il n'en fallait pas plus pour qu'Epic Games saisisse à deux mains l'occasion de tacler l'un de ses principaux concurrents. Epic est pour rappel en pleine phase de conquête, à la fois en tant que plateforme de vente de jeux, mais aussi sur le marché des moteurs où Unity profite d'une solide réputation.

Si l'on entend souvent parler de l'explosion du nombre de jeux sortis sur Steam, c'est en partie grâce à Unity, qui a mis entre les mains des petits studios des outils performants leur permettant de créer des jeux et de les porter aisément sur plusieurs plateformes, du PC aux consoles, en passant par le mobile. Si bien que même Blizzard y a fait appel pour Hearthstone. Pour Epic, il est donc primordial que son moteur de jeu séduise de nouveaux studios, à la fois pour alimenter son Epic Games Store, mais aussi pour attirer de plus gros poissons dans ses filets. 

Epic s'est donc associé avec Improbable à peine plus de 24h après le début de l'imbroglio avec Unity pour alimenter un fonds avec 25 millions de dollars, afin d'aider les studios à « migrer vers des moteurs, des services et des écosystèmes plus ouverts ». Et tant qu'à faire, autant que leur choix se porte vers l'Unreal Engine. 

Si à première vue la somme peut sembler importante, surtout dans le cas d'une aide dirigée vers de petits studios, il s'agit d'une goutte d'eau pour Epic Games, qui aurait (selon la rumeur) réalisé un bénéfice de plus de 3 milliards de dollars en 2018 grâce à Fortnite. Un bon coup de pub à pas trop cher, même chez les vendeurs de moteurs de jeux, ça ne se refuse pas. 

Publiée le 15 janvier 2019 à 17:20


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