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Tails 3.12 fait évoluer sa méthode d'installation : quels changements concrets ?
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Tails 3.12 fait évoluer sa méthode d'installation : quels changements concrets ?

IMG !
5 min

Tails va enfin remiser sa complexe procédure d'installation nécessitant parfois deux clés USB. De nouvelles images vont être proposées pour simplifier la vie de tous. Voici ce qui va changer avec la version 3.12.

En juin 2017, nous mettions en ligne un guide d'installation pour la distribution Linux Tails. Elle permet pour rappel de préserver sa vie privée et son anonymat, mais aussi de contourner la censure lorsque c'est nécessaire. Livrée avec de nombreux outils allant dans le même sens, elle est dite « Live ».

Elle peut donc être utilisée via un périphérique USB, depuis n'importe quel PC (ou presque). Elle ne retient aucune donnée et n'en stocke pas sur la machine hôte, à moins que vous ne le fassiez volontairement. La publication de notre guide était néanmoins représentative du défaut principal de Tails : l'installer en toute sécurité est compliqué.

Il faut en effet suivre une procédure stricte pour le téléchargement de l'image afin de s'assurer de son intégrité, et parfois utiliser deux clés USB. Bref, ce n'est pas à la portée de tout le monde. Les développeurs ont donc décidé de rendre l'ensemble plus simple avec la version 3.12, prévue pour la semaine prochaine.

balenaEtcher recommandé pour le transfert de l'image

Le premier changement peut paraître anodin, mais il ne manquera pas de faire réagir : Etcher (ou plutôt balenaEtcher puisqu'il a récemment changé de nom) est désormais largement mis en avant pour la copie de l'image sur la clé USB. La raison est simple : il s'agit d'un outil à la portée de tous, open source et multiplateforme.

Il est néanmoins l'objet de critiques. La première est qu'il utilise le framework Electron, qui consiste à embarquer un moteur de navigateur Chromium, Node.js et une application web au sein d'un même package, pouvant être installé sur n'importe quel système. Comptez ainsi entre 70 et 100 Mo selon les cas pour balenaEtcher.

C'est beaucoup pour un simple outil de transfert de données. Pour référence, Rufus (Windows uniquement) pèse moins d'1 Mo. La commande dd, qui peut être utilisée dans le même but est, elle, intégrée nativement à tout bon système Unix.

L'autre problème vient de son modèle économique. Balena (ex-resin.io) a profité de son changement de nom pour revoir plusieurs points. Au départ présenté comme un outil accessible à tous devant servir à concevoir du matériel (payant) de copie en masse, son succès a donné d'autres idées à la société.

Elle a ainsi introduit de la publicité, qui s'affiche pendant la phase de copie. Elle ne fait pas l'unanimité, certains ayant déjà demandé une option pour s'en passer. On peut aussi la considérer comme la contrepartie d'un outil simple et pratique, accessible gratuitement à tous.

D'ici à ce que la situation soit éclaircie, certains devraient peu apprécier de voir l'équipe de Tails mettre en avant balenaEtcher. La communauté ira-t-elle jusqu'à proposer son fork sans publicité ? Peut-être. On notera d'ailleurs que la documentation pour Linux, contrairement à celle pour Windows ou macOS, recommande plutôt GNOME Disks.

Plus de seconde clé USB nécessaire

C'était LA grande nouveauté attendue. Il fallait précédemment utiliser tails-installer, disponible uniquement sous Linux. Si vous étiez sous macOS ou Windows, la première action étant donc de créer un premier périphérique USB avec Tails (ou une autre distribution) pour y lancer cette application et effectuer le transfert vers un second périphérique USB.

Ce ne sera plus le cas : plutôt que d'utiliser le format ISO – pensé pour les CD/DVD et qui nécessite d'adapter les fichiers pour qu'ils soient exploitables depuis un périphérique USB – les développeurs ont opté pour le format IMG. Ce dernier contient une image qui peut être transférée sans aucune modification.

Il suffit donc de télécharger l'image, s'assurer de son intégrité, la copier sur une clé USB et vérifier là aussi que l'intégrité des données a été préservée pendant le processus. On peut alors être assuré qu'il n'y a aucun problème, sous réserve d'avoir vérifié la provenance de l'outil de transfert et de vérification utilisé.

macOS mieux pris en charge

Cette procédure a un autre avantage : les utilisateurs de machines Apple ne seront plus mis de côté. Car s'il était possible d'installer Tails depuis macOS précédemment, c'était au prix de quelques lignes de commandes via dd et donc d'une procédure encore plus complexe pour l'utilisateur lambda que sous Windows.

Bref, ce n'était pas l'idéal. Désormais, ces précautions ne seront plus nécessaires : il suffit d'utiliser un logiciel de transfert d'image, avec une interface graphique, et donc de quelques minutes.

Quelles suites pour Tails ?

Tails va continuer sa mutation. Pour rappel, la distribution a fait de gros efforts l'année passée pour revoir les outils utilisés, améliorer ses interfaces, etc. La mouture 3.12 et l'installation simplifiée ne sont finalement qu'une grande étape dans ce processus, loin d'être terminé.

La feuille de route explique la suite du plan : améliorer la mise à jour et les sauvegardes, intégrer des messageries mobiles, revoir la documentation, faciliter la vie des utilisateurs malvoyants, travailler sur le sandboxing, passer à Wayland, produire des builds reproductibles, passer à Debian Buster avec Tails 4.0, etc. 

Bien entendu, le soutien de tous est le bienvenu, sous forme financière ou en apportant son aide dans le développement, les rapports de bugs, la traduction, ou autre. La liste détaillée est disponible par ici.

Publiée le 21 janvier 2019 à 11:10


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