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Les contributions issues du « grand débat » seront publiées en Open Data
Loi Crédits : Assemblée nationale

Les contributions issues du « grand débat » seront publiées en Open Data

Débat des eaux
4 min

Le gouvernement s’est engagé à ce que les contributions déposées par les Français dans le cadre du « grand débat » soient diffusées en Open Data, afin de permettre à quiconque d’en faire ses propres analyses. L’exécutif continue cependant de faire la sourde oreille quant aux demandes de transparence relatives au code source de la plateforme.

« Tout doit être en transparence totale. Les garants y sont extraordinairement attachés, nous aussi » a assuré Sébastien Lecornu, le ministre chargé du pilotage du « grand débat national » né de la crise des « gilets jaunes ». Interrogé hier matin par France Inter, le représentant du gouvernement a annoncé que les contributions déposées sur la plateforme de consultation choisie par l’exécutif seraient accessibles à tous, en Open Data – conformément à ce qu’avaient demandé les cinq « garants » en début de semaine.

« On fait quelque chose de neuf. Et on essaie de le faire en toute transparence » a confirmé le Premier ministre dans la soirée, également sur France Inter. « Nous avons voulu faire en sorte que toutes les données, toutes les contributions, tout ce qui sera produit (les comptes rendus, etc.) soit accessible à tous ceux qui le souhaitent. Et ce sera un des éléments indispensables de la transparence, et je dirais même de l’utilité du débat », a déclaré Édouard Philippe.

Des contributions traitées grâce à de « l’intelligence artificielle »

« Nous n’avons pas voulu trancher un certain nombre de questions relatives à la remontée des contributions, à l’exploitation des contributions, avant que les garants ne soient nommés (...) pour pouvoir les discuter avec eux », a expliqué le locataire de Matignon pour justifier ce revirement tardif.

Édouard Philippe a par ailleurs souligné que le gouvernement s’était engagé « dans un exercice qui n’a pas d’équivalent ». « La Commission nationale du débat public n’avait jamais organisé quelque chose comme ça », a embrayé le Premier ministre. Une pique à peine voilée contre l’institution présidée par Chantal Jouanno, qui a récemment dénoncé les choix de l’exécutif sur ce dossier. L’autorité affirme notamment qu’une autre plateforme de consultation des citoyens « était prête », mais que le gouvernement a « décidé de tout changer » en dernière ligne droite (voir notre article).

« Rien ne se perd. Toutes les contributions (...) seront traitées », a martelé Sébastien Lecornu. Un « défi de taille », au regard du nombre de participations au « grand débat ». Plus de 140 000 propositions ont en effet été d’ores et déjà déposées sur Internet.

« L’intelligence artificielle va nous y aider beaucoup, heureusement nous sommes en 2019 » a expliqué le ministre. Selon nos informations, les pouvoirs publics pourraient recourir à des algorithmes notamment capables d’identifier automatiquement certains mots-clés.

De l'Open Data « courant février »

« Nous, le gouvernement, allons évidemment prendre des prestataires qui vont faire l'analyse de toutes ces remontées du terrain » a annoncé Sébastien Lecornu. « Mais vous aussi, France Inter, ou les assemblées parlementaires, ou des ONG, etc. pourront également bénéficier de toute cette matière et procéder à leurs propres analyses, là aussi en transparence totale. »

« Certains appellent ça l'Open Data, a poursuivi le ministre. L'idée, c'est qu'on veut pouvoir mettre sur la plateforme tout en transparence (sic). Tout doit pouvoir être consulté par tout le monde. Rien de caché, on ne garde rien pour nous. »

Selon le service presse en charge du « grand débat », il y aura « des extracts de données, avec une facilitation de l'accès à l'interface de programmation, par exemple pour restituer un certain nombre de réunion ou de compte rendus, etc. »

Cet engagement devrait être vu d'un bon oeil par le collectif Code for France, qui demandait à ce que toutes les contributions (propositions déposées sur le site, synthèses de réunions, etc.) soient « accessibles librement et téléchargeables dans un format permettant leur traitement », conformément aux principes de l’Open Data. L’objectif ? Permettre à chacun de « se saisir de ce matériau : citoyens, scientifiques, élus locaux... », par exemple pour esquisser différents enseignements à partir de toutes ces données.

Il faudra toutefois attendre encore un peu avant de voir arriver de premiers jeux de données. « C'est en cours de travail », nous ont expliqué les organisateurs du « grand débat ». Ceux-ci espèrent pouvoir se conformer aux engagements pris par le gouvernement « dans le courant du mois de février ».

Ni le Premier ministre, ni Sébastien Lecornu n’ont cependant laissé entrevoir d’effort de transparence quant au fonctionnement interne de la plateforme du « grand débat ». Le prestataire retenu par le gouvernement, Cap Collectif, s’est pourtant attiré les foudres de plusieurs associations en raison de son « logiciel opaque », dont le code source est fermé. Leurs craintes ? Qu’il y ait des manipulations, une mise à l’écart de certaines propositions, etc.

Publiée le 31 janvier 2019 à 15:13


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