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Iliad (Free) a perdu 347 000 clients, le FTTH explose, le réseau « prêt pour la 5G »
Finances Crédits : David Legrand (licence : CC-BY-SA 4.0)

Iliad (Free) a perdu 347 000 clients, le FTTH explose, le réseau « prêt pour la 5G »

Il est parti, a-t-il bien compris ?
11 min

Free a perdu de nombreux clients sur le fixe et le mobile en 2018. Les revenus en France sont en baisse, mais le groupe signe un bon démarrage en Italie. Iliad met le cap sur le cloud, l'intelligence artificielle et le marché des entreprises. Pour gagner des liquidités, la société cherche à vendre certains sites mobiles.

Après les bons résultats de Bouygues Telecom et d'Orange, ceux d'Iliad (Free) et Altice (SFR) étaient attendus de pied ferme. Le premier vient de mettre en ligne son bilan pour 2018, alors qu'il faudra attendre la fin de la semaine prochaine pour le second.

Inutile de tourner autour du pot : Free a perdu des abonnés tant sur le fixe et le mobile, avec un chiffre d'affaires en baisse en France. Iliad est à nouveau « sauvé » par le lancement de son offre de téléphonie mobile en Italie, lui permettant d'afficher une croissance globale de 0,6 % sur un an.

Baisse du chiffre d'affaires, le mobile limite la casse

Sur l'année 2018, le chiffre d'affaires est de 4,768 milliards d'euros en France (en baisse de 1,9 %) et de 123 millions en Italie (pas de comparaison, l'offre a été lancée en 2018), soit un total de 4,891 milliards.

Dans le détail, le fixe rapporte 2,638 milliards, en baisse de 3,2 %. Selon Free, trois principaux éléments sont en cause : « un environnement très concurrentiel entrainant un léger recul de la base d’abonnés, la hausse de la TVA, et le poids des promotions ». Sur ce dernier point, il est loin d'être le dernier avec des ventes privées sur le fixe et le mobile, notamment sa Freebox Révolution à moins de 10 euros par mois la première année. 

Sur le mobile, le chiffre d'affaires est de 2,139 milliards d'euros, soit une légère baisse de 0,2 %.  Le montant facturé aux abonnés progresse de 4 % (1,498 milliards), mais le chiffre d'affaires des terminaux est en chute de 17,6 %, pour arriver à 202 millions d'euros.

Hors vente des terminaux, le chiffre d'affaires de Free Mobile est donc en hausse de 2,1 % à 1,937 milliards d'euros. C'est d'ailleurs l'élément mis en avant par le groupe pour afficher que « la croissance atteint 1,6 % ». Iliad en profite pour faire un point sur les impôts et taxes, « en baisse de 12 millions d’euros sur l’année, à 96 millions d’euros, en raison notamment de la baisse du niveau de certaines taxes  », sans plus de précisions.

Sur le quatrième trimestre uniquement, la situation est similaire : une hausse des revenus du groupe (+0,5 %), mais une baisse sur la France (-5 %). Le fixe chute de 4,6 % par rapport au troisième trimestre 2017, contre 5,7 % pour le mobile. En Italie le chiffre d'affaires est de 70 millions d'euros sur les trois derniers mois de 2018. 

Pour Iliad, le quatrième trimestre de l'année 2018 était « un point bas » et espère bien que cette année sera meilleure : « les évolutions commerciales initiées en 2018 devraient permettre un retour à la croissance du chiffre d’affaires sur l’activité fixe en 2019 et une ré-accélération de la croissance du chiffre d’affaires facturé aux abonnés sur l’activité mobile ».

EBITDA en hausse en France, bénéfice en baisse de 18,5 %

De son côté, l'EBITDA du groupe est de 1,755 milliards d'euros (-1,2 %), mais de 1,807 milliards en France (+1,7 %). Le résultat global est en effet grevé par un déficit de 52 millions en Italie. Pour Iliad, la hausse de l'EBITDA en France démontre « l’efficacité de la politique d’investissement du Groupe dans ses réseaux, et ce malgré une dégradation de la rentabilité de l’activité fixe sur l’année ».

Quoi qu'il en soit, c'est une claque de 20 % sur le résultat opérationnel courant qui atteint 690 millions d'euros. Même situation pour le résultat net de 330 millions d'euros, soit une diminution de 18,8 %. L'endettement net est de 3,983 milliards d'euros fin 2018, contre 2,449 milliards fin 2017.

Le ratio d'endettement est de 2,3x au 31 décembre 2018, en hausse de 0,9 point sur un an. 

94 000 clients Free Mobile évaporés en trois mois... 

Passons maintenant au nombre d'abonnés. Au 31 décembre, Iliad revendique 13,441 millions de clients sur le mobile, dont 7,783 millions avec le forfait 4G illimité et 5,658 millions avec celui à 0/2 euro. Des chiffres en baisse aussi bien sur trois mois que sur un an :

  • Free Mobile : 13,441 millions de clients,  94 000 de moins sur trois mois, 254 000 de moins sur un an
    • Dont forfait à 15,99/19,99 euros : 7,783 millions, 39 000 de plus sur trois mois, 723 000 de plus sur un an
    • Dont forfait à 0/2 euro : 5,658 millions, 133 000 de moins sur trois mois, 977 000 de moins sur un an

La hausse de 723 000 abonnements sur le forfait le plus cher ne suffit donc largement pas à compenser la perte de près d'un million de clients sur l'offre d'entrée de gamme à 0/2 euro.

Iliad semble par contre satisfait de son forfait intermédiaire à 8,99 euros par mois la première année, car il permet « une migration automatique sur le Forfait Free 4G illimitée au bout de 12 mois, entrainant ainsi une amélioration du chiffre d’affaires facturé aux abonnés ». Avec à la clé des situations saugrenues, comme une vente privée de son forfait intermédiaire moins intéressante que la promotion sur son site la première année.

Quoi qu'il en soit, la consommation moyenne par abonné continue de grimper à 10,9 Go par mois, contre 9,9 Go au trimestre précédent et 8,4 Go il y a un an.

Iliad signe en revanche un très bon démarrage en Italie avec déjà 2,873 millions de clients sur le mobile depuis son lancement le 29 mai. Un peu moins de deux mois plus tard, le cap du million était franchi (18 juillet). Il aura de nouveau fallu moins de deux mois pour arriver à deux millions (6 septembre).

La cadence est désormais plus calme puisque le cap des trois millions n'a pas été dépassé au 31 décembre. Dans tous les cas, le groupe revendique le « deuxième lancement mobile le plus réussi en Europe après Free Mobile en France en 2012 ». Il rappelle que sur le même laps de temps (sept mois), Free avait recruté 3,6 millions d'abonnés.

Iliad bilan 2018

... et 32 000 abonnés Freebox de moins

Sur le fixe aussi le groupe perd des abonnés. Ils ne sont plus « que » 6,427 millions au 31 décembre, contre 6,459 millions au 30 septembre, 6,473 millions au 30 juin, 6,501 millions au 31 mars et 6,520 millions au quatrième trimestre 2017. Par contre, le nombre d'abonnements en fibre optique ne cesse de grimper : 

  • Free : 6,427 millions de clients, 32 000 de moins sur trois mois, 93 000 de moins sur un an
    • Dont FTTH : 983 000, en hausse de 148 000 sur trois mois et de 427 000 sur un an

Le cap du million d'abonnés en fibre optique a été franchi en janvier 2019. Free compte continuer sur sa lancée et espère doubler le nombre d'abonnés FTTH d'ici deux ans seulement.

L'ARPU sur le fixe (revenu moyen par abonné) fond comme une promotion au bout de 12 mois : il passe de 33,9 euros fin 2017 à 31,8 euros fin 2018. Il était pour rappel de 32,1 euros au troisième trimestre. Le FAI y voit par contre un signe encourageant : « Le ralentissement de la baisse de l’ARPU reflète les premiers effets positifs de la nouvelle politique commerciale déployée ».

La présentation des résultats est l'occasion de revenir sur les plus de 100 000 commandes de la Freebox Delta en l'espace de deux mois. « Il s’agit des abonnés ayant souscrit et une grande majorité a été livrée », nous précisait le fournisseur d'accèsSelon ce document, ce chiffre ne semble concerner que la Delta avec Devialet, pas la Delta S. 

Iliad « n'a pas commis d'erreur stratégique »

Au total, Iliad revendique 19,868 millions d'abonnés en France, alors que le groupe était au-dessus des 20 millions fin 2017. Sur douze mois, ce sont ainsi 347 000 abonnements de moins (fixe et mobile mélangés)

Lors de la présentation du bilan financier, Thomas Reynaud (directeur général d'Iliad) affirme que le groupe « n'a pas commis d'erreur stratégique », comme le rapporte Business Insider : « On prépare l'avenir avec la Freebox Delta. Dans trois-quatre ans, vous voudrez tous avoir la fibre 10G. Ça vous paraitra normal ».

Le directeur en profite pour envoyer une pique à destination de Stéphane Richard, qui ne s'était pas privé de faire de même lors du Show Hello d'Orange : « On a un petit camarade qui ouvre tous ses shows avec son assistant vocal. Il n'est toujours pas sorti. Nous, on agit ». Il fait ici référence à l'assistant « Ok Freebox » de la Freebox Delta. 

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9,6 millions de prises FTTH, 96 % de la population couverte, « prêt pour la 5G »

Le nombre de prises FTTH raccordables suit la même tendance que la courbe des abonnés à la fibre : une belle augmentation avec 9,6 millions au quatrième trimestre 2018, contre 8,4 millions au trimestre précédent et 6,2 millions un an plus tôt. Iliad revendique une présence dans plus 90 départements. Pour 2020, l'objectif est d'atteindre 20 millions de prises raccordables. Pour rappel, Bouygues Telecom aussi espère atteindre 20 millions, mais en 2022.

Sur le mobile, Free revendique plus de « 15 000 points hauts en février 2019, permettant d’atteindre un taux de couverture de la population de plus de 96 % ». Il s'agit ici de 3G et 4G, l'opérateur ne précise par contre pas le pourcentage pour la seule 4G.

Free Mobile en profite pour parler de 5G du bout des lèvres, affirmant simplement que son réseau est « optimisé et prêt pour la 5G, avec un raccordement quasi systématique de ses sites en fibre optique ».

Des recrutements sur le cloud et l'IA

Le groupe annonce avoir créé plus de 350 emplois en 2018 : « à fin décembre, Iliad compte ainsi plus de 10 000 collaborateurs dont environ 3 000 dédiés à la fibre optique ». Dans le même temps, il a recruté « une centaine d’ingénieurs dédiés au cloud et à l’intelligence artificielle », sans plus de détails. On pense naturellement aux évolutions de Scaleway.

Cette année, Iliad poursuivra « sa politique volontariste d’embauche et un plan d’actionnariat salarié sera mis en place dans le courant du premier semestre ».

La société annonce que l'année 2019 « ouvre un nouveau cycle de croissance et d’innovation avec une nouvelle accélération sur la fibre, une poursuite de la montée en puissance sur la 4G avec notamment une augmentation du nombre d’abonnés 4G, un développement sur le marché des entreprises en France et la forte croissance des activités en Italie ». 

Il faudra par contre attendre mi-avril pour en apprendre davantage. 

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Cap sur les entreprises, une partie des tours mobiles pourrait être vendue

Pour rappel, le segment des entreprises intéresse également beaucoup Bouygues Telecom qui a d'ailleurs récemment racheté deux opérateurs spécialisés : Keyyo et Nerim. De son côté, Iliad vient de croquer 75 % de Jaguar Network dans cette optique : « cette opération constitue une étape importante pour le Groupe ILIAD dans sa stratégie de développement pour adresser le marché entreprises ».

La société semble à la recherche de fonds pour financer ses projets puisqu'elle a « entamé un processus de revue de ses actifs mobiles ». Elle étudie également « la possibilité de mettre en œuvre un partenariat industriel avec un fonds d’investissement concernant l’infrastructure passive de son réseau mobile, portant sur environ 5 700 sites mobiles ».

Aucun nom ni montant n'est précisé. Pour rappel, Patrick Drahi a déjà largement utilisé cette technique pour vendre une partie de son réseau mobile en France et au Portugal.

Iliad bilan 2018

Le cas BFM et RMC, pas de consolidation en vue

La conférence de presse était aussi l'occasion pour Thomas Reynaud de revenir sur l'affaire opposant Altice et Iliad sur la diffusion des chaines BFM et RMC : « On n'a pas encore reçu de vraie proposition commerciale, avec un prix, sur les services à valeur ajoutée, avec le détail, la profondeur du replay, l'exclusivité, la gestion du direct », comme le rapporte Business Insider.

En fin de semaine dernière, le Conseil supérieur de l'audiovisuel était sorti du bois en affirmant être « attentif au litige commercial qui oppose depuis quelques jours NextRadioTV et Free », expliquait le régulateur à l'AFP. Il a proposé aux deux parties « de les recevoir pour contribuer au déblocage de la situation ». L'actuel accord se termine le 20 mars.

Le dirigeant en profite pour balayer de la main un éventuel retour à trois opérateurs : « Il n'y aura pas de consolidation. C'est la réponse qu'on donne depuis trois ans. On ne déclenchera pas la consolidation. Il n'y a jamais eu de discussion de rapprochement avec un autre acteur ».

En bourse, les résultats ont été assez fraichement accueillis lors de l'ouverture ce matin, avec une baisse de 10 % (l'action est passée sous les 83 euros). Dans la matinée elle est doucement remontée jusqu'à 89 euros à l'heure actuelle. Pour rappel, elle valait plus de 200 euros début 2018. 

Publiée le 19 mars 2019 à 16:04


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