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Éducation nationale : 25 millions d’euros pour accompagner des projets BYOD
Loi Crédits : lisegagne/iStock

Éducation nationale : 25 millions d’euros pour accompagner des projets BYOD

AVEC ou sans patates ?
5 min

Fini le « plan tablettes » de François Hollande. Le ministère de l’Éducation nationale mise désormais sur le « Bring your own device », afin que chaque élève travaille avec son propre matériel. 25 millions d’euros doivent être mis sur la table afin d’accompagner des expérimentations au cours de la prochaine année scolaire.

Par un bref arrêté publié la semaine dernière au Journal officiel, le gouvernement a donné le coup d'envoi de l’appel à projets « collèges numériques et expérimentation de projets pédagogiques innovants s'inscrivant dans une démarche BYOD/AVEC ». Vingt-cinq millions d’euros sont ainsi mis sur la table, en lien avec le programme des investissements d’avenir.

Le ministère de l’Education nationale considère que la « très large diffusion » des tablettes, ordinateurs portables et smartphones au sein de la population et « leur renouvellement technique rapide » doivent conduire les pouvoirs publics à « privilégier désormais le développement de projets dits "AVEC" (ou "BYOD", "Bring Your Own Device") reposant sur l'usage en milieu scolaire de leur propre équipement par les élèves ».

« Ce modèle semble être aujourd’hui une alternative pertinente à l’équipement massif des élèves, à l’allégement du poids du cartable ou encore à une appropriation facilitée de l'outil informatique par les apprenants » fait valoir la Rue de Grenelle.

Jean-Michel Blanquer avait d’ailleurs raillé le « plan tablettes » de François Hollande, en février dernier à l’Assemblée nationale. « Il peut n’y avoir rien de pire que des pluies de tablettes sur les établissements si les finalités n’ont pas été auparavant affirmées et les professeurs formés. C’est malheureusement ce qui est trop souvent arrivé dans notre pays », s’était alarmé le ministre de l’Éducation nationale.

Jean-Michel Blanquer avait poursuivi en affirmant que les contribuables n’avaient pas à « financer l’arrivée dans des établissements de cartons qui n’ont même pas été déballés ». Le ministre était même allé jusqu’à évoquer des cas de tablettes « revendues par les élèves parce que le processus n’avait pas été suffisamment pensé en amont ».

Une subvention maximale de 190 euros par appareil

Comme l’avait expliqué Mathieu Jeandron, alors Directeur du numérique pour l’éducation, l’idée est donc de faire de la tablette (ou équivalent) « une fourniture scolaire à part entière, que l'élève amène ». Exactement comme la calculatrice ou la tenue de sport.

Un tel changement suppose toutefois que l'ensemble des familles puissent équiper leurs enfants. Ce qui loin d’être évident au regard du coût de ces appareils, qui coûtent parfois plusieurs centaines d’euros...

L’appel à projets lancé par le ministère de l’Éducation nationale vise donc à apporter un soutien financier aux expérimentations que voudraient mener certains collèges, publics comme privés, au cours de l’année scolaire 2019-2020. L’aide ne sera pas directement versée aux familles, mais aux départements qui prêteront des « équipements individuels mobiles » aux élèves boursiers (lesquels pourront naturellement être « ramenés à domicile »).

L’État prendra ainsi en charge 50 % des dépenses engagées pour les appareils acquis par les collectivités, « dans la limite d’un plafond de subvention de 190 euros par équipement (soit 50 % d’une dépense subventionnable maximale de 380 euros par équipement) ». Les tablettes, ordinateurs ou smartphones à destination des enseignants seront quant à eux intégralement remboursés, toujours dans la limite de 380 euros par appareil.

La Rue de Grenelle promet en outre de financer « la formation des équipes engagées dans les projets (prise en main des outils, intégration aux usages pédagogiques et éducatifs, sensibilisation à la culture numérique, etc.) ».

Des projets à présenter avant le 15 juin

De nombreuses conditions sont à réunir pour bénéficier du soutien financier de l’État :

  • Les projets soumis au ministère devront concerner « au moins un quart des classes de l’établissement ».
  • Un « débit Internet permettant le développement attendu des usages numériques » est requis. Celui-ci doit être « d’au moins 10 Mb/s ».
  • Les collèges devront justifier d’installations électriques et réseaux (bornes Wi-Fi, etc.) « permettant l’usage des équipements des élèves et l’accès aux ressources pédagogiques dans de bonnes conditions dans les salles de classe ».
  • Une convention devra être signée, précisant notamment les « indicateurs quantitatifs et qualitatifs d’évaluation des résultats attendus ».

Sur le plan pédagogique, les projets sont censés s’articuler avec des travaux en lien direct avec les apprentissages des élèves : « préparation aux métiers de demain (connaître et maitriser le code informatique, savoir travailler en équipe, savoir mener un projet, de la phase d’idéation jusqu’éventuellement au prototypage ou la création de start-up) », « apprendre à utiliser le numérique avec discernement (esprit critique, prévention des addictions, et éducation aux médias) », etc.

Les collèges ont par ailleurs vocation à « impulser et développer l’écosystème éducatif » au niveau territorial. Ils devront en ce sens assurer une « continuité des apprentissages » jusqu’au domicile familial, l’idée étant que les élèves soient « accompagnés en dehors du temps scolaire, notamment par des associations pour l'aide aux devoirs ».

En termes de matériel, l’appel à projets n’impose aucun type d’ordinateur ou de tablette en particulier. Le ministère renvoie simplement vers son « guide des projets BYOD » (PDF), dans lequel figurent différentes recommandations en la matière.

guide byod
Crédits : Guide des projets BYOD/AVEC

L’appel a projets précise en outre que les collèges pourront « commencer par fixer des classes pilotes, ou un niveau pilote, pour expérimenter différentes dimensions du projet avant d’étendre sa mise en œuvre dans l’établissement ». Les équipes pédagogiques sont invitées à « mener le projet en collaboration avec toutes les parties prenantes : parents d’élèves, élèves, personnels de l’établissement et autres membres de la communauté éducative ».

Les candidats ont jusqu’au 15 juin pour déposer leurs dossiers. Ceux-ci seront examinés jusqu’à la fin du mois d’août.

Si de nouvelles expérimentations devraient voir le jour grâce à cet appel à projets, la généralisation du BYOD n'est assurément pas pour demain. Mathieu Jeandron, le Directeur du numérique pour l’éducation, avait ainsi confié aux députés que ce type d’initiative présentait « évidemment » des difficultés techniques et pédagogiques, « parce que ce n'est pas si simple [pour un enseignant] d'arriver dans la classe et d'avoir des flottes de tablettes avec des équipements différents ».

Publiée le 10 avril 2019 à 17:01


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