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Android Q : les (nombreuses) nouveautés de la bêta 3
OS

Android Q : les (nombreuses) nouveautés de la bêta 3

Prometteur et clairement en travaux
12 min

Le futur Android 10 se dessine depuis mars, mais la dernière bêta lui ajoute bien des capacités. Mode sombre, sécurité, options pratiques, notifications, gestes tactiles : les testeurs ont du travail, d'autant que la bêta s'est ouverte à une quinzaine d'appareils tiers. Voici ce qu'il ne fallait pas manquer.

La Google I/O s’est terminée cette année sur une avalanche d’annonces pour différents produits, mais Android y tenait clairement le haut du pavé.  Même si deux bêtas étaient déjà sorties, Google en gardant manifestement beaucoup sous le coude, avec une longue liste de nouveautés à révéler. Une partie était très clairement attendue, en particulier le mode sombre.

Nous ne reviendrons pas sur certaines annonces déjà traitées, notamment tout ce qui touche à la vie privée et aux produits Pixel et Nest, déjà abordés dans nos actualités ou dans le brief. Concentrons-nous sur Android, dont la bêta 3, maintenant disponible sur de nombreux appareils, a révélé de nombreuses nouveautés.

Android Q sera bien la version 10

Maintenant que la bêta 3 est disponible, un nombre beaucoup plus important d’appareils sont pris en charge. Comme avec Android 9, des modèles tiers sont dans la boucle : Asus Zenfone 5z, Essential PH-1, Nokia 8.1, Huawei Mate 20 Pro, LG G8, OnePlus 6T, Oppo Reno, Realme 3 Pro, Sony Xperia XZ3, Tecno Spark 3 Pro, Vivo X27 et NEX S/A, Xiaomi Mi 9 et Mi Mix 3 5G.

Contrairement à l’année dernière, on note beaucoup moins de modèles sous Android One. En comptant les 8 Pixel déjà supportés, on obtient ainsi 23 smartphones compatibles avec l’actuelle bêta 3 d’Android Q.

Bien que Google ne l’ait pas formellement annoncé, tous ces téléphones affichent la version « 10 » du système quand on se rend dans les paramètres avancés. Ce qui n’étonnera personne.

Un mode (très) sombre et une option pour forcer les applications récalcitrantes

L’une des stars parmi toutes ces annonces était bien entendu le mode sombre. Sa présentation officielle était une évidence puisqu’il était déjà possible de l’activer en « trichant » un peu depuis la première bêta du système.

Ce mode sombre est particulièrement… sombre. Le fond d’écran est souvent noir et toutes les interfaces ont été retravaillées pour tirer parti de cette ambiance. Comme l’a noté Google, ce n’est bien sûr pas une simple question de mode esthétique : avec la multiplication des smartphones à écrans OLED, une interface sombre signifie une consommation moindre, les pixels n’ayant pas besoin d’être allumés.

Google a préservé les icônes colorées de son système, ce qui l’empêche d’afficher une allure trop monochrome. Dans la vidéo de démonstration de l’éditeur, certains écrans rappellent curieusement les toutes premières versions de Windows Phone, quand le texte blanc sur fond noir était roi. La plupart des applications maison sont désormais adaptées et suivront le paramètre système, qui devrait bénéficier plus tard d’une bascule automatique (selon les heures de lever et de coucher ou du soleil). On imagine que l’utilisateur pourra définir son propre créneau en plus de basculer manuellement.

Comme toujours avec une importante nouveauté visuelle dans un système d’exploitation, les utilisateurs feront face dans un premier temps à de nombreuses applications incompatibles, qui continueront donc d’afficher leurs interfaces claires. Le choc risque parfois d’être violent. Les recommandations de Google pour le Material Design ont été adaptées en conséquence, mais il faudra du temps pour qu’elles soient suivies.

Voilà pourquoi la bêta 3 d’Android Q est muni d’une option pour « forcer » littéralement les applications à s’afficher en mode sombre. On la trouve dans les réglages développeurs et, une fois active, les résultats seront un peu aléatoires.

Android Police s’est amusé à en faire un peu le tour, notant un certain « ça passe ou ça casse ». Telegram ou WhatsApp par exemple deviennent pratiquement inutilisables, tandis qu’Instagram s’en sort convenablement. Le système tente de procéder la plupart du temps à une inversion intelligente des couleurs, essayant de n’appliquer l’option que sur des éléments d’interface mais pas sur les contenus. Les pages web sont pour leur part inchangées. L’option a cependant encore plusieurs mois pour évoluer.

Les nouveaux gestes tactiles s’inspirent largement d’iOS

Dans notre article consacré à Android 9 l’année dernière, nous avions noté un début d’inspiration par Google de son concurrent. La manière d’utiliser la barre tactile en bas rappelait furieusement les choix ergonomiques d’Apple pour son iPhone X, que l’on retrouve maintenant aussi sur les iPad.

Dans la bêta 3 d’Android Q, l’inspiration est maintenant assumée. Le bouton Retour disparaît par défaut au profit d’un geste très connu des utilisateurs d’iOS : un glissement depuis le bord gauche de l’écran, même si Android l’applique aussi depuis la droite. Ce n’est pas sans créer de problèmes actuellement car certaines applications ont placé des fonctions sur ces gestes. Mais, là encore, il reste plusieurs mois pour peaufiner les détails. On ne sait pas non plus comment ces gestes seront interprétés sur des modèles comme les Galaxy Edge, où les bords d’écran sont utilisés pour des fonctions spécifiques.

Le long tiret en bas de l’écran fonctionne également comme celui d’iOS. Si on fait un glissement rapide depuis le bas de l’écran en relâchant ensuite, on revient sur la page d’accueil. Pour afficher la vue multitâche, il suffit de faire le même mouvement, mais sans relâcher. Le tiret peut en outre être envoyé à gauche ou à droite pour naviguer entre les applications ouvertes. Comme le signale The Verge, les animations sont nettement plus fluides que dans Android 9.

Dans les réglages d’Android, on trouve cependant de quoi revenir en arrière. On peut y voir deux autres modes, l’un correspondant à celui d’Android 9, l’autre à la navigation classique à trois boutons des versions précédentes d’Android.

Quoi de neuf dans les notifications ?

Premier point, il est possible de régler séparément les vibrations pour les notifications et les appels. Un petit réglage qui ne mange pas de pain, mais pouvant se traduire par un vrai confort supplémentaire au quotidien.

Les options possibles sur les notifications ont également été simplifiées. Sur chacune, un appui long permettra de choisir entre le mode classique avec affichage dans le centre de notifications et son, ou le mode silencieux, qui n’affiche la notification que dans son cadre, mais dans le centre et sans émettre un son.

Curieusement, ces deux options ne portent pas le même nom selon les testeurs. Chez certains, elles se nomment « Alert me » et « Show silently », chez d’autres « Interruptive » et « Gentle ». Dans tous les cas, le choix doit être validé avec un bouton « Appliquer » en bas à droite, certainement pour éviter les fausses manipulations. En bas à gauche, un autre bouton permet de désactiver complètement les notifications. L’ensemble laisse clairement à penser que Google expérimente encore dans cette zone, l’expérience utilisateur pouvant donc encore évoluer.

Android Q

L’ajout suivant était attendu : l’intégration des Smart Replies dans Android. L’impact sera direct sur les notifications, puisque le système recommandera des actions selon le contexte. Ce sera particulièrement le cas sur l’ensemble des messageries qui, en théorie, n’auront rien à faire pour s’adapter.

Si un contact vous envoie une adresse, Android vous demandera si vous souhaitez l’ouvrir dans Maps. On vous a envoyé un lien vers un tweet ? L’application Twitter s’ouvrira plutôt qu’une page web (lien profond). Une date et une heure suggèreront évidemment le calendrier. Une intégration intéressante puisqu’elle permet d’agir plus rapidement sur un élément, sans passer par l’application.

Sécurité : Google veut prendre les choses en main

La sécurité est un problème récurrent sur Android. Pas parce que le système lui-même manque de fonctions, mais à cause d’une fragmentation jouant largement en sa défaveur. Les constructeurs renâclent à proposer longtemps des mises à jour majeures et ne sont parfois guère réactifs sur les correctifs mensuels. Les règles actuelles avec les partenaires n’obligent à installer les rustines de sécurité qu’au moins une fois tous les trois mois.

Google a donc annoncé son projet Mainline pour simplifier le roulement des correctifs mensuels. Objectif, déplacer vers les Play Services certains composants faisant actuellement partie du système d’exploitation. Ainsi, la charge de leur mise à jour revient à Google et les constructeurs n’ont plus à les valider.

L’initiative va dans le bon sens. Mainline concerne actuellement 14 éléments : ANGLE, APK, la connexion aux portails captifs, Conscrypt, le résolveur DNS, l’interface de Documents, ExtServices, les codecs multimédias, des composants du framework Media, la configuration des permissions réseau, des composants réseau, le contrôleur de permissions, le fuseau horaire et les métadonnées des modules.

Android Mainline

Difficile en l’état de dire si ces éléments sont assez nombreux pour avoir un réel impact sur la sécurité. D’autant que deux précisions viennent jouer les trouble-fêtes. D’une part, Mainline ne sera actif que sur les nouveaux téléphones vendus directement avec Android 10. Tous les actuels recevant la mise à jour n’en profiteront pas. D’autre part, les constructeurs auront le droit de refuser certains éléments de la liste pour continuer à s’en occuper eux-mêmes.

En matière de sécurité, on note également d’autres apports. Par exemple, en cas de partage du code Wi-Fi, le QR code peut être complété par le mot de passe… affiché en clair. Un ajout utile, dont il faudra vérifier la possible désactivation. Après tout, on peut avoir envie de donner l'accès à son réseau Wi-Fi sans que la personne ne sache pour autant le mot de passe, ce qui est justement l’avantage du QR code.

Android Q renforce également le contrôle parental, et le rend surtout plus simple à mettre en place. Google y intègre désormais Family Link, dont les options se retrouvent dans les réglages du système, juste à côté de celles pour le bien-être numérique.

Les parents pourront donc y régler tout ce qui peut toucher à l’usage de smartphones par les enfants, comme un temps maximal d’utilisation, l’heure d’aller au lit ou encore des statistiques sur les applications utilisées. En clair, ce qui était déjà possible en passant par Family Link mais maintenant réglable directement depuis Android.

On note quand même un assouplissement par rapport à la version classique du service. Par exemple, les enfants pourront demander une rallonge à leurs parents depuis leur smartphone, refusable bien sûr. En outre, il sera enfin possible de définir un temps précis d’utilisation pour une application spécifique, plutôt que pour le smartphone entier. Mais si les enfants ont encore l’âge de demander la permission à leurs parents d’utiliser leur téléphone, il peut être plus opportun de ne pas leur en acheter.

Android Q

La géolocalisation est en outre beaucoup mieux encadrée, avec là aussi une forte inspiration de ce que l’on trouve dans iOS. Principal changement, la possibilité de n’autoriser une application à utiliser la géolocalisation que lorsqu’elle est en premier plan. Un nouveau panneau dans les paramètres permet également d’obtenir une vue directe des applications accédant au GPS, et dans quel mode. Pour pousser encore, Google a ajouté dans la bêta 3 un nouveau type de notification, le système rappelant à l’utilisateur les applications ayant fait appel à la localisation, dans quel mode, avec possibilité de changer le réglage d’un geste.

Enfin, signalons qu’à partir d’Android Q, aucune application n’aura plus le droit de lancer une activité par elle-même en arrière-plan. En matière de sécurité, c’est un point crucial puisqu’il limite fortement les capacités d’une application malveillante qui aurait réussi à se frayer un chemin jusqu’au smartphone de l’utilisateur.

Et le reste ?

De nombreux autres ajouts sont à noter, sans qu’ils appartiennent à une catégorie bien définie. Ils relèvent des apports pratiques, des modifications d’interface, du confort quotidien, etc. On y trouve par exemple le Focus Mode, ou mode de concentration. Un nom qui rappelle une capacité de Windows 10, mais dont le fonctionnement est différent.

La version Android est en fait un mode « Ne pas déranger » plus souple. L’utilisateur pourra y cocher les applications qui n’auront pas le droit de se manifester quand Focus est actif. Vous recevez de nombreux messages sur WhatsApp et êtes dérangés par les notifications d’Instagram et Facebook ? Cochez les cases et aucune ne vous ennuiera plus tant que le mode Focus restera activé. Une fonction sympathique, moins radicale qu’un mode avion ou Ne pas déranger.

La recharge de la batterie gagne pour sa part une nouvelle option : quand le niveau atteint 90 % le mode économie se désactive de lui-même. Une souplesse que n’a pas iOS, qui coupe automatiquement l’option à 80 % de charge, sans laisser le choix à l’utilisateur de désactiver ce comportement. On peut recharger son smartphone tout en souhaitant préserver le mode économie, par exemple quand on sait qu’aucune prise ne sera accessible pendant un bon moment.

Google teste également une option de « sommeil intelligent » pour l’écran. Pour éviter que l’utilisateur aille systématiquement augmenter le temps d’attente avant le passage en veille quand il a besoin d’afficher longtemps une page par exemple, la fonction doit détecter sa présence devant l’écran et l’empêcher de l’éteindre. Elle n’apparaît cependant que chez une partie des testeurs. Selon Android Police, qui s’est entretenu avec un ingénieur de chez Google, il s’agirait d’un emplacement pour les constructeurs, non d’une capacité inhérente à Android Q sur tous les smartphones. À confirmer donc dans les mois qui viennent.

Le changement de navigateur par défaut est également simplifié. Quand un utilisateur ouvre un lien pour la première fois, il se verra proposer le même écran de sélection du navigateur. Mais on trouve en bas à droite un nouveau lien vers les paramètres, qui emmène directement au choix du navigateur par défaut. Ce dernier obtient alors les permissions de base, grâce à la nouvelle fonction Roles.

Signalons enfin quelques apports côté API et codecs. Une nouvelle interface sera ainsi disponible aux développeurs pour accéder à la température de l’appareil. La capture du son évolue également dans Android Q. Une nouvelle API (AudioPlaybackCaptureConfiguration) permet à une application diffusant un flux audio d’autoriser d’autres à venir l’enregistrer. Elle est notamment utilisée pour Live Caption dans Assistant, qui affiche en temps réel la transcription de ce qui est prononcé dans une vidéo, quelle que soit sa source (en théorie). Côté codecs, Android Q prendra officiellement en charge AV1 pour la vidéo et Opus pour le son.

Publiée le 13 mai 2019 à 15:20


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