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Vivaldi : déluge de fonctions, personnalisation et plus sérieux sur la vie privée
Navigateurs

Vivaldi : déluge de fonctions, personnalisation et plus sérieux sur la vie privée

Il n'était donc pas endormi
24 min

Après les navigateurs généralistes, place aux produits plus spécialisés en commençant par Vivaldi. Tout juste renforcé à travers sa version 3.0, « l’héritier » d’Opera va plus loin en matière de protection de la vie privée. Examen d’un navigateur qui, en dépit de sa richesse, n’est pas forcément pour tout le monde.

Vivaldi n'est pas un navigateur à considérer comme Chrome, Edge, Firefox ou même Opera, qui se destinent au grand public, se battant sur le terrain des fonctions pouvant convenir au plus grand nombre. Chacun ses armes, même si tous finissent par se copier allègrement au bout du compte.

Lire notre comparatif de navigateurs :

Vivaldi joue sur un autre terrain. La société a été créée par l’ancien cofondateur et PDG d’Opera, Jon von Tetzchner. L’histoire est connue : en profond désaccord avec la direction prise pour Opera 15, quand le navigateur a été entièrement rebâti sur les fondations de Chromium, il a pris un autre chemin : le sien.

Par manque de ressources initialement, le nombre de fonctions d'Opera avait été tranché à la hache, la nouvelle mouture n’étant en rien comparable à la précédente. Ce, alors qu'il se voulait depuis toujours un navigateur très complet, intégrant notamment un client email, la gestion des fichiers Torrent et de très nombreux outils.

Jon von Tetzchner a donc fondé Vivaldi Technologies pour pouvoir rester dans cette philosophie. Pas question cependant pour le nouveau venu de plonger dans la guerre qui fait rage autour de Chrome. Vivaldi a beau reprendre lui aussi le socle Chromium, il se destine avant tout aux « power users ». Une orientation très affirmée et même revendiquée, comme notre interview du PDG l’avait fait ressortir en avril 2016, peu après l’arrivée de la version 1.0 finale.

Avant cependant de brosser un large portrait de ses fonctions, concentrons-nous sur les questions de vie privée.

Vie privée : Vivaldi ne veut pas être en reste

Dans ce domaine nous servant de fil conducteur depuis les débuts de ce comparatif, Vivaldi 3.0 cumule plusieurs bons points, sans être exempt de reproches. Il ressemble en partie à Firefox dans son approche, et plus discret dans ses fonctions qu’Opera – qui vante une protection agressive, comme pour faire oublier de troublantes zones d’ombre.

De tous les navigateurs testés jusqu’à présent, Vivaldi est le premier à n’envoyer aucune information statistique d’utilisation à son éditeur. Même Firefox le fait, avec des cases cochées par défaut, comme les autres. Bien que ces transmissions de données puissent être coupées, on apprécie que Vivaldi soit silencieux dans ce domaine.

Pas besoin d’ailleurs de chercher une case pour aider éventuellement l’éditeur, elle n’existe pas.

Vivaldi

Mais attention, on parle bien ici de données statistiques, dont les éditeurs sont friands. Vivaldi émet quand même quelques informations, celles dont les navigateurs ne peuvent décidément pas se passer.

Une fois par jour, un message sera envoyé contenant un identifiant unique (généré à l’installation), la version, l’architecture du processeur, la définition de l’écran et le temps écoulé depuis le dernier message. Vivaldi affirme que l’adresse IP est anonymisée en effaçant le dernier octet et que les informations ainsi collectées ne permettent pas de remonter à une personne en particulier.

On sait que les éditeurs ont besoin de ces données pour orienter le développement vers des réglages par défaut convenant au plus grand monde et adapter l’interface. Mais même en accordant foi à cette déclaration, il reste dommage que le navigateur ne permette pas de désactiver tout envoi de ce genre. Firefox, lui, l’autorise. La plupart des utilisateurs ne touchant pas aux options par défaut, Vivaldi ne risquait sans doute pas grand-chose.

La collecte reste, dans tous les cas, limitée. Certaines options nécessitent quand même de l’attention. Vivaldi les expose d’ailleurs sur son site. Bing est le moteur de recherche par défaut, mais ses suggestions de résultats sont désactivées par défaut. Si la case est cochée, des données seront envoyées à Microsoft pour les traiter.

Les services de Google sont utilisés dans trois cas, courants : Safe Browsing (sécurité en ligne), le DNS pour la résolution des erreurs de navigation et l’autocomplétion des données de formulaires. Tous envoient des données à Google, en théorie non personnelles, mais liées tout de même à l’activité en ligne. Ces capacités peuvent toutes être désactivées :

Vivaldi

Aussi important sinon plus, Vivaldi explique clairement le traitement réservé aux données synchronisées. L’éditeur évoque un chiffrement de bout en bout. Ces informations sont stockées sur des serveurs en Islande, dont les lois de protection sont assez strictes en faveur des utilisateurs.

Certaines métadonnées les accompagnent cependant, pour « assurer leur intégrité » : la personne à qui appartiennent les données, l’horodatage de la dernière synchronisation, des informations sur le chiffrement, le type d’entrées (favoris, onglets, mots de passe…), les éventuelles modifications ou suppressions de l’utilisateur pour les répercuter, l’identifiant unique créé à l’installation et quelques autres détails.

Ces métadonnées sont lisibles par un « nombre très réduit » de personnes au sein de l’entreprise, via des « accès rigoureux ». Comme souvent en la matière, il s'agira donc avant tout d'une question de confiance. On apprécie néanmoins l'effort de transparence de l'éditeur, de tels détails n'étant pas toujours livrés.

Comme pour tous les navigateurs synchronisant des données, Vivaldi les garde en réserve pendant un an depuis leur dernière modification, pour des questions juridiques ou en cas de demandes des forces de l’ordre. Ce n’est pas une spécificité, tous les éditeurs stockant des informations distantes y sont tenus. Vivaldi affirme en revanche que jamais ces données ne sont transférées à un tiers, en dehors des deux cas cités précédemment.

En ce qui concerne les cookies, ce n’est là encore guère différent de ce que font les autres : Vivaldi les stocke en fonction des réglages fournis par l’utilisateur. On peut bien sûr bloquer les cookies tiers, mais l’avertissement est le même qu'ailleurs : bien que les sites se préparent à la fin de cet outil, nombreux sont ceux qui risquent de ne pas fonctionner.

Vivaldi

Vivaldi utilise dans sa page Nouvel onglet des liens affiliés. Hors sources d’informations, les autres sont le fruit de partenariats du même type que celui liant Mozilla à Google. Ils sont mentionnés par l'éditeur bien qu'aucune information spécifique ne soit envoyée lors d'un clic sur l'un de ces liens. Mais certains de ces sites peuvent déposer des cookies, ce qui paraît logique puisqu'ils servent à l'affiliation et donc à la rémunération de Vivaldi.

Enfin, base Chromium oblige, on retrouve la même gestion des profils que dans Chrome ou Edge... avec les mêmes limitations. Si l'on apprécie la capacité d'un navigateur à proposer différents profils pour une machine partagée, on déplore toujours autant l'absence de mécanisme de protection, comme des mots de passe, des codes PIN ou même la prise en charge de la biométrie et des clés de sécurité via WebAuthn, puisque Vivaldi intègre ce protocole.

Vivaldi peut maintenant bloquer les traqueurs et les publicités

Vivaldi n’avait jusqu’à très récemment aucune fonction du type réglage simplifié pour le blocage du pistage ou des publicités, comme on en trouve dans Edge et Firefox. L’éditeur vient cependant de contre-attaquer avec une version 3.0 qui se penche plus précisément sur ces deux « problèmes » du web actuel, où les dérives sont trop souvent nombreuses.

Selon que vous utilisez déjà Vivaldi ou que vous l’installiez, vous ne serez pas confrontés aux réglages au même endroit. En cas de première installation, l’assistant de configuration vous donnera tout de suite le choix. Si vous avez déjà Vivaldi, les options dédiées sont disponibles dans la partie Vie privée :

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Par défaut, Vivaldi ne bloque rien. L’éditeur explique ne pas vouloir changer ce point, les utilisateurs ayant l’habitude d’avoir une navigation classique, sans que le navigateur s’en mêle. Les choix proposés sont : ne rien bloquer, bloquer les traqueurs, bloquer les traqueurs et la publicité.

Le blocage des traqueurs est fait sur la base du Tracker Radar de DuckDuckGo, lancé début mars. Open source, il est pour la première fois intégré à un navigateur, Vivaldi s’en faisant d’ailleurs une fierté. Comme d’autres mécanismes du genre, il utilise par défaut sa propre liste, mise à jour régulièrement et téléchargée automatiquement par Vivaldi.

Dans les réglages, on peut voir que la liste EasyPrivacy est également présente, mais désactivée par défaut :

Vivaldi

Ce blocage n’est pas aussi complet pour l’instant que celui de Firefox en mode Strict, mais s’attaque aux éléments essentiels, dont ceux liés à Facebook, mais pas Twitter. Les traqueurs d’Amazon, Criteo et Google sont également bloqués.

Si cette sélection par défaut vous convient, pas besoin d’aller plus loin. Si vous voulez traquer jusqu’au moindre pisteur capable de vous suivre, il vaudra mieux activer aussi la liste EasyPrivacy. Pour une efficacité maximale dans ce domaine, il vaut cependant mieux compter sur une extension dont c’est le travail, comme Privacy Badger de l’Electronic Frontier Foundation, qui apporte également plus de souplesse dans la gestion.

L’utilisateur peut à tout moment contrôler ce qui est bloqué sur la page visitée. Il suffit – comme très souvent dans les navigateurs – de cliquer sur le petit bouclier à gauche de la barre d’adresse. On y trouvera le réglage de protection en cours (que l’on peut changer pour personnaliser le site) ainsi que la liste des éléments bloqués, dépliable.

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On aimerait cependant quelques améliorations. D’une part, le panneau est trop petit, la lisibilité des informations sur traqueurs s’en ressent. D’autre part, changer le réglage pour la page en cours devrait déclencher un rafraichissement de la page, comme on le voit sur d’autres navigateurs. Enfin, et c’est un reproche que nous avons fait à tous les concurrents, ce panneau devrait inclure une simple case pour désactiver d’une traite tout le JavaScript présent sur la page.

Activer le blocage des traqueurs entrainera celui d’une bonne partie des publicités. À l’instar cependant des modes Strict d’Edge et Firefox, ce n’est pourtant pas l’objectif. Il s’agit simplement d’une conséquence du mode d’affichage de ces contenus : les requêtes des traqueurs étant bloquées, le résultat n’est pas renvoyé par le serveur.

Mais si le blocage des publicités vous intéresse, Vivaldi intègre également la fonction. C’est le troisième mode dans les paramètres de vie privée. Il est basé, comme beaucoup d’autres, sur la liste générale EasyPrivacy. Comme pour les traqueurs, on peut éditer les listes pour aller par exemple cocher celle spécifique à la France.

Il est également possible d’ajouter des listes personnalisées. Ce blocage ne fait toutefois pas vraiment partie de la protection de la vie privée, contrairement à celui des traqueurs, qui reste intimement lié.

Vivaldi gère également DNS over HTTPS, qui permet pour rappel de faire transiter les requêtes DNS sous forme chiffrée à l’intérieur d’une connexion sécurisée. Ce support expérimental provient en fait de Chrome et fonctionne de la même manière. Il faut donc se rendre dans Vivaldi://flags, chercher « dns » et activer « Secure DNS lookups ».

Sous Windows, en braquant les adresses IPv4 et IPv6 des serveurs DNS sur celles de Cloudflare, on peut vérifier sur la page de test que la fonction est reconnue.

En revanche, et malgré une orientation claire vers le maximum de fonctions intégrées, Vivaldi ne propose pas de VPN… ce dont on lui sait gré. Opera est le seul à en posséder un dès le départ, et on a pu voir dans notre dossier qu’il n’avait en réalité de VPN que le nom. Ce type de service, souvent entouré de messages très publicitaires sur la sécurité et la protection de la vie privée, ne sert en réalité que dans des cas très spécifiques.

Sécurité : on est bien sur une base Chromium

Vivaldi n’a pas grand-chose à envier à la concurrence dans un autre domaine : la sécurité. Mais, là encore, on aurait aimé que le navigateur soit un peu plus ambitieux.

De sa base Chromium, Vivaldi hérite déjà de l’isolation en mémoire des onglets. Chacun a son propre processus, avec l’impact que l’on sait sur les performances (consommation plus élevée de mémoire vive), tout comme celui sur la sécurité : les onglets ne peuvent communiquer entre eux, bloquant de nombreux scénarios d’attaques.

L’éditeur est réactif sur les mises à jour de sécurité, répercutées très rapidement en cas de patch du socle Chromium. Ces mises à jour fonctionnent comme tous les navigateurs : téléchargées en tâche de fond, elles ne sont appliquées qu’au redémarrage du logiciel.

Comme dans Chrome et Opera, Vivaldi prend aussi en charge les protocoles U2F/FIDO et WebAuthentication/FIDO2. Le navigateur supporte ainsi l’ensemble des solutions biométriques compatibles, ainsi que les clés de sécurité type Yubico ou Titan (Google). Si votre ordinateur portable est par exemple récent et intègre un lecteur d’empreintes digitales, vous pourrez vous en servir pour valider l’accès aux sites compatibles.

Nous ferons à cette capacité le même reproche qu’aux autres : le compte Vivaldi, servant à synchroniser les informations, ne peut être protégé lui-même par ce mécanisme. Au vu du caractère sensible des données qu'il contient, on aimerait que ce point soit enfin traité correctement.

Concernant les données synchronisées justement, la recette est la même que presque partout ailleurs : le mot de passe du compte sert au chiffrement des données. Il est toutefois possible – et recommandé – d’en appliquer un supplémentaire. Le chiffrement lui-même dépend du framework présent dans le système d’exploitation. Vivaldi ne réinvente pas la roue et pioche dans ce qui est à sa disposition.

Pour notre part, nous recommandons davantage l’utilisation d’un gestionnaire dédié comme BitWarden, Dashlane ou LastPass, qui aura de plus la faculté de générer des mots de passe longs et aléatoires. Dans ce cas, la fonction de sauvegarde des mots de passe de Vivaldi aura tout intérêt à être désactivée, ne serait-ce que pour bloquer les demandes du navigateur chaque fois que vous entrerez un mot de passe pour la première fois.

Fonctions générales : une gestion très poussée des onglets

Voilà très clairement le domaine dans laquelle se distingue Vivaldi, tout particulièrement dans sa gestion des onglets, par laquelle nous commençons. Il s'agit d'un navigateur très riche en fonctions, bien plus que n’importe lequel de ses concurrents. C’est d'ailleurs l'un des points principaux de son positionnement.

On retrouve cette volonté dans les capacités présentes dans les onglets. C’est l’atout majeur du navigateur, qui s’adresse initialement aux utilisateurs ayant de nombreux onglets à gérer. Vivaldi ne manque pas d’idées pour y parvenir. La fonction la plus célèbre est le groupement d’onglets. On crée une pile en déplaçant un onglet sur un autre, exactement comme on le ferait avec deux icônes d’applications pour créer un dossier.

La manipulation est possible depuis une sélection d’onglets, en maintenant Ctrl ou Maj enfoncé. Autre exemple de création de pile, un clic droit sur un onglet puis « Empiler les onglets par nom de domaine ». Si vous avez plusieurs actualités de Next INpact ouvertes dans des onglets, ils se regrouperont donc en une seule pile :

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Comme montré dans les captures ci-dessus, on voit que les quatre onglets ont été fusionnés en un seul. L’onglet affiche sur sa partie haute des marques représentant le nombre d’onglets ainsi rassemblés. Pour voir les sites, il suffit de passer le curseur sur l’onglet. Une bande s’ouvre alors avec les vignettes et noms des pages qu’il contient. Cliquer sur une vignette change le contenu de l’onglet. Chaque pile peut porter un nom personnalisé.

La gestion des sites rassemblés est enfantine. Pour en supprimer un, on clique sur la croix en bas à droite de chaque vignette. Si vous souhaitez sortir un site du lot, il suffit de faire glisser sa vignette hors de la zone. Si on veut revenir à des sites séparés, un clic droit sur la pile puis on sélectionne « Défaire la pile d’onglets ».

Les options du navigateur comportent de nombreux réglages liés à ces piles. Par exemple, tout lien ouvert depuis l’un des onglets en crée un nouveau au sein de la pile.

D’autres fonctions sont présentes. On peut ainsi juxtaposer des onglets pour les afficher côte à côte. On sélectionne deux onglets avec Ctrl ou Maj enfoncé, puis clic droit sur l’un des deux et « Juxtaposer les onglets ». Chacun prend alors la moitié de la fenêtre. On peut le faire avec autant d’onglets que l’on souhaite, mais on comprend vite la limite : la place disponible. Avec un écran classique (16:9), il sera difficile d’aller au-delà de deux ou trois sites. Mais même avec des modèles 21:9 ou 32:9 l'espace manquera rapidement.

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Tous les onglets peuvent également être visualisés via un panneau à gauche, activable par une icône dans la barre latérale, en forme de petite fenêtre. Tous les sites ouverts s’affichent alors en arborescence : au premier niveau ceux ouverts de manière classique, avec une indentation pour les sites regroupés dans des piles.

Les options disponibles pour les onglets sont nombreuses : placement de la barre sur l’un des quatre côtés, affichage de la progression du chargement d’un onglet, activation ou non des vignettes, indicateurs d’évènements en attente, largeur minimale, etc. La gestion du son est également un très bon point, avec trois possibilités : tous les onglets peuvent en émettre, seul celui actif peut en émettre ou ceux en arrière-plan jusqu’à ce que l’onglet actif le fasse aussi.

Mais puisque Vivaldi est adapté à la gestion d’un très grand nombre de sites, la consommation en mémoire vive du navigateur n’explose-t-elle pas avec le temps ? Elle le peut… si l’utilisateur ne connait pas les fonctions d’hibernation.

L’hibernation pour limiter la consommation des ressources

L’hibernation n’est en soi pas un nouveau mécanisme. Firefox l’applique notamment quand il se lance, ne chargeant que le contenu de l’onglet actif. Les autres restent en arrière-plan et ne consomment pas de ressources, ce qui permet de lancer le navigateur beaucoup plus rapidement. Vivaldi utilise par défaut la même technique, là aussi désactivable.

Bien sûr, puisque le navigateur est spécialisé dans la gestion des onglets nombreux, il est conseillé de la laisser active. Sans cette option, le lancement du navigateur s’occupera de charger toutes les pages laissées ouvertes, affolant probablement le processeur et faisant exploser la mémoire consommée. Vivaldi va cependant beaucoup plus loin que ce seul comportement au démarrage. Il est en fait possible de faire hiberner n’importe quel onglet d'un clic.

L’opération fonctionne sur un onglet unique ou sur un groupe. Mieux, on peut envoyer en hibernation tous les onglets en arrière-plan. Pratique si on doit se concentrer sur une page tout en libérant les ressources pour d’autres opérations. On se rend facilement compte de l’intérêt de cette fonction en examinant la mémoire utilisée par le navigateur avec une vingtaine d’onglets. Une fois l’opération réalisée, la mémoire consommée chute drastiquement.

Dans les options, il est possible de griser ces onglets pour mieux repérer ceux encore actifs, dont la favicon restera en couleurs. On aurait aimé toutefois que cette hibernation se fasse sur une base automatique, quitte à ce que l’utilisateur soit maître des réglages. Il n’y a pas d’option. Dommage, intégrer un paramètre de type « Basculer en hibernation tout onglet inactif depuis xxx minutes » n’a sans doute rien de complexe à ajouter et permettrait au navigateur de mieux contrôler sa consommation avec un usage courant.

Personnalisation : difficile de faire mieux

Avec les onglets, la personnalisation est l’autre force vive de Vivaldi. Le navigateur est très largement adaptable, la majorité de ses contrôles pouvant être déplacés, ses thèmes modifiés, etc.

Ces derniers sont ainsi très souples. Celui par défaut, nommé Vivaldi, présente une classique base grise que vient rehausser la couleur des barres de titre et d’onglets. Elles prennent automatiquement la teinte de la couleur majoritaire dans la favicon du site : orange pour Next INpact, bleu clair pour Twitter, bleu presque nuit pour Booking, etc.

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Sept autres thèmes sont disponibles. En tout, on en trouve quatre clairs et quatre sombres. Il y en a pour presque tous les goûts, avec par exemple Human qui rappellera des souvenirs aux utilisateurs d’Ubuntu, Subtle pour les fans du gris clair, Dark pour ceux qui ne jurent que par les interfaces très sombres ou encore Light, sorte de Vivaldi plus discret.

Selon les thèmes, la couleur des barres supérieures change ou non. Dans Light, seuls les onglets changent de couleur selon le site, pas la barre de titre. Dans Subtle ou Dark, les couleurs sont fixes. Ils sont tous modifiables.

Vous appréciez un thème, mais ne souhaitez que l’onglet s’adapte à la couleur du site ? Cliquez sur « Modifier le thème » et une copie sera créée avec plusieurs paramètres à changer comme les codes couleurs, l’arrondissement des angles, la transparence des onglets ou encore l’adaptation des onglets au site.

Il est également possible de planifier un changement de thème selon le réglage système ou la tranche horaire. Vivaldi peut aussi se synchroniser avec les périphériques Chroma de Razer et les ampoules connectées Philips Hue pour y diffuser ses couleurs. Des fonctions très gadgets, mais puisque la fonction existe et au vu du positionnement du navigateur, certains ne s’en priveront pas.

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Clavier, souris et commandes rapides : il y a de quoi faire

Vivaldi brille également par l’utilisation qu’il est possible de faire du clavier et/ou de la souris. Pour le premier, le navigateur propose rien de moins que d’éditer l’intégralité des raccourcis existants, qu’il s’agisse de combinaisons « standards » comme Ctrl + P pour imprimer une page ou de fonctions spécifiques comme la juxtaposition de pages.

Beaucoup d’entre elles n’ont d’ailleurs pas de raccourci par défaut. Si vous n’utilisez par exemple jamais F1 pour l’aide, vous pouvez transférer la touche à une fonction n’ayant pas de raccourci, comme Caster, qui permet la diffusion vers un périphérique Chromecast (Vivaldi est bâti sur Chromium après tout).

L’un des raccourcis par défaut les plus importants dans le navigateur est F2 pour activer les commandes rapides. Il s’agit en fait à la fois d’un champ de recherche intégré (onglets, historique, signets, web…) et d’un moteur d’accès aux fonctions. Toute fonction présente dans Vivaldi est accessible via les commandes rapides.

Si vous avez perdu de vue un bouton ou cherchez un raccourci clavier particulier, la touche F2 peut vous rendre de grands services. Dans la capture ci-dessous, on peut voir notamment les raccourcis affiliés au panneau des Notes :

Vivaldi

Enfin, Vivaldi prend en charge les gestes à la souris. Ce sont en fait les mêmes que ceux d’Opera. Par exemple, en maintenant le clic droit enfoncé et en dessinant un trait vers le bas, vous ouvrez un nouvel onglet. Sont également supportés les « rocker gestures », qui s’appuient sur les clics de la souris pour faire Précédent ou Suivant dans la navigation : clic droit enfoncé puis clic gauche pour le premier, l’inverse pour le second.

L’historique, un monde à part

S’il fallait une fonction prouvant l’orientation particulière de Vivaldi, ce serait sa manière d’afficher les informations liées à l’historique. En plus du panneau accessible depuis le bouton de la barre latérale, le navigateur dispose d’une vue beaucoup plus complète disponible depuis la page Nouvel onglet (Speed dial), où on trouve un onglet idoine.

La vue développée s’accompagne à droite d’une zone statistique dans laquelle on peut observer ses habitudes de navigation. On y verra notamment le nombre de pages consultées en fonction de l’heure, l’origine de ces pages ou encore les domaines les plus visités :

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Une drôle de petite horloge

Voici une fonction venant tout juste d’arriver avec Vivaldi 3.0 : une horloge intégrée à la barre d’état, en bas à droite. Elle ne fait pas que donner l’heure. En cliquant dessus, on peut déclencher un chronomètre, une alarme ou un compte à rebours. Selon la fonction, des boutons de préréglages sont déjà fournis.

Par exemple, vous pouvez déclencher un « break » de 5 minutes. Après quoi le navigateur enverra une notification accompagnée du son par défaut du système utilisé. Depuis un clic droit sur l’horloge, on pourra quand même affecter un son spécifique à Vivaldi, comme une cloche.

Rien de révolutionnaire, mais un ajout qui devrait trouver son utilité chez une partie des utilisateurs. On aimerait cependant que le cadre soit plus grand, les contrôles et informations ayant l’air particulièrement engoncés.

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Synchronisation, applications et extensions

La synchronisation dans Vivaldi n’est arrivée qu’avec la version 2.0, après de nombreuses demandes des utilisateurs. Et pour cause, en cas d’utilisation sur d’autres machines ou même de réinstallation, il était pénible de retrouver l’ensemble de ses données et réglages. La synchronisation proposée depuis est l’une des plus complètes.

Elle prend en charge les favoris, le Speed Dial, une partie de la configuration, les mots de passe, les données de formulaires, l’historique des saisies et sessions distantes, les extensions et les notes, mais sans les pièces jointes pour ces dernières. On peut bien sûr désactiver tout ou partie des éléments.

Par défaut, le mot de passe du compte Vivaldi sert à chiffrer les données. Cependant, pour une sécurité supplémentaire, nous conseillons comme toujours d’ajouter un mot de passe spécifique.

Vivaldi

Côté extensions, Vivaldi ne réinvente pas la roue et ne fait pas dans la dentelle : il renvoie tout simplement vers le Chrome Web Store. Pas de manipulation spécifique à effectuer, mais on aurait aimé que le navigateur modifie à la volée le bouton d’installation des extensions. Il peut être perturbant pour un utilisateur non familiarisé de lire « Installer dans Chrome ».

Quant aux applications, il n’y en a en fait qu’une : Vivaldi pour Android. En bêta depuis des mois, elle est disponible depuis aujourd’hui en version finale, pour Android 5.0 et versions ultérieures. Elle reprend une partie des fonctions disponibles dans la mouture desktop, en préservant notamment la barre d’onglets.

À ceci près qu’on peut la faire défiler horizontalement, comme une molette. On trouvera quand même en bas à droite le bouton permettant d’accéder à la classique vue grille. Ces onglets peuvent en outre être désactivés pour gagner de la place. En bas, la barre ne réserve guère de surprise. Le bouton central donne accès au Speed Dial et celui de gauche aux panneaux : favoris, historique, notes et téléchargements.

En cas de bascule en mode paysage, cette barre remonte pour venir s’intégrer à gauche de la barre d’adresse. Bien vu.

Vivaldi

On retrouve aussi plusieurs fonctions comme le blocage des traqueurs et des publicités. Le fonctionnement est le même que celui décrit plus haut, avec un réglage global dans les paramètres de l’application, et la possibilité d’appuyer sur le bouclier pour modifier le comportement du bloqueur sur un site spécifique.

Sélectionner un texte dans une page permet son envoi direct dans une note, et l’outil de capture d’écran laisse le choix entre la partie visible et l’intégralité de la page. On regrette cependant que le mode lecture, pourtant présent, ne soit pas directement accessible. Il faut se rendre en effet dans les options d’accessibilité et activer la « Vue simplifiée pour les pages Web », qui s’appliquera alors à toute la navigation. Un point à améliorer.

Un challenger très intéressant

Il n’y a finalement pas grand-chose à reprocher à Vivaldi. Le navigateur est relativement propre côté vie privée, en dehors de l’identifiant unique créé à l’installation et les options liées aux services de Google, actives par défaut.

Mais au moins, s’agissant d’options, elles peuvent être coupées. Néanmoins, et c’est un point capital pour beaucoup, Vivaldi n’est pas open source au-delà sa base Chromium. On apprécie que le navigateur se contente d’envoyer des informations techniques basiques et rien de plus. C’est d’autant plus notable que Firefox transmet par défauts d’autres informations, même s’il est possible de tout désactiver.

Vivaldi vient avec sa version 3.0 de corriger plusieurs soucis que nous nous apprêtions à souligner : l’absence de fonctions spécifiques liées à la vie privée, un renouvellement trop lent et une application Android depuis un peu trop longtemps en bêta. Une évolution qui change la donne, et on espère que le navigateur continuera sur sa lancée. La version iOS se fait ainsi toujours désirer.

En fait, la plus grande force de Vivaldi est actuellement son pire ennemi : sa philosophie. Pour qui cherche un navigateur simple, faisant son travail avec une interface aussi discrète que possible, Chrome ou Edge ont bien plus de chances de plaire. Mais les internautes voulant un navigateur apte à gérer une grande quantité d’informations devraient y jeter un œil, ou éventuellement lui redonner une chance avec la nouvelle version majeure.

D'ailleurs, quitte à aller dans le sens d'un navigateur très complet, pourquoi ne pas intégrer un client email comme le faisait Opera avant sa version 15 ? Mais peut être qu'en 2020, c'est le rôle d'une PWA, après tout.

Publiée le 22 avril 2020 à 09:00


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