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5G et risques sanitaires : la délicate question de la « stratégie de communication »
Téléphonie Crédits : Brosko/iStock

5G et risques sanitaires : la délicate question de la « stratégie de communication »

La 5G donne le coronavirus ?
5 min

Le lancement de la 5G est pour bientôt, ce n’est plus qu‘une question de mois. Mais de nombreuses informations, parfois fausses, circulent sur les risques sanitaires alors que l'on manque cruellement d’études scientifiques. Dans un contexte particulier de pandémie, le gouvernement et l’Arcep doivent trouver la bonne stratégie pour communiquer sur le sujet.

Ce matin, Sébastien Soriano (président de l’Arcep) et Patrick Chaize (sénateur de l’Ain et président de l’Avicca) répondaient aux questions de collectivités sur le déploiement des réseaux fixes et mobiles en France.

Il a évidemment été question du lancement de Ma connexion Internet, des améliorations pour Mon réseau mobile, du point d’étape sur le New Deal mobile au 4e trimestre et de la 5G. La procédure d’attribution n'a pas été évoquée, puisqu'elle est en cours. La première étape est déjà validée – les quatre opérateurs nationaux ayant empoché 50 MHz à prix fixe (350 millions d’euros) – et la seconde (pour les 110 MHz restants) a déjà été annoncée comme retardée.

Il était donc plutôt question des « aspects sanitaires de la 5G », « car il y a beaucoup de fausses informations qui circulent, particulièrement dans nos territoires ruraux », expliquait l'un des participants. « C’est un sujet difficile, il y a pas mal de choses qui se mélangent dans cette histoire », reconnaît Sébastien Soriano, avant d’entrer dans les détails.

Des inquiétudes « légitimes », mais aussi de fausses informations

Les craintes sur le déploiement des infrastructures, le président de l’Arcep les considèrent « comme tout à fait légitimes » : « on peut un petit peu avoir [le sentiment] en tant que citoyen que les grandes firmes font un petit peu ce qu’elles veulent et que le principe de précaution, parfois, on court un petit peu après ».

Il faut donc être prudent et attentif, ce que fait notamment l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Elle vient d’ailleurs de mettre en ligne son observatoire de l’exposition des ondes au public pour 2019. Face aux « infox » faisant le lien « entre la 5G et le coronavirus » Sébastien Soriano ironise : « Manque de pot y’a pas la 5G aujourd’hui en France et j’ai comme l’impression qu’il y a quand même du coronavirus ». 

Le gouvernement réfléchit à « une stratégie de communication »

La question des risques sanitaires et de la 5G « est bien dans le radar du gouvernement. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre Bruno Le Maire, a fait une réunion de tous les intervenants sur ce dossier il y a quelques semaines, pour qu’on se mette effectivement à réfléchir à une stratégie de communication » précise-t-il.

La question est maintenant de savoir comment cette information va être diffusée : « ça va être très subtil. Si ce sont les pouvoirs publics traditionnels qui arrivent en mode "Grosse Bertha" de dire : "ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de problème avec la 5G, dormez braves gens", ça aura l’effet exactement inverse que celui recherché ». 

Le président de l’Arcep cite en exemple une « expérience assez douloureuse » qui reste encore aujourd’hui d’actualité : les craintes autour du compteur communicant Linky. Plusieurs études poussées ont pourtant étaient publiées à son sujet, notamment par Deus Ex Silicium et Canard PC Hardware. L’ANFR aussi y a été de son grain de sel en mesurant les niveaux d’exposions aux ondes de 178 lieux équipés de Linky, sans rien trouver à redire : les niveaux de champ crête sont « 25 fois et 37 fois inférieurs aux valeurs limites réglementaires ».

Bref, pour l’Arcep l’enjeu n’est pas seulement autour de la communication, mais aussi sur le « partage et [l]’appropriation » des informations, « pour donner des outils aux gens » afin qu’ils puissent comprendre de quoi il en retourne exactement. Le président du régulateur cite en l’exemple la maison de l’ANFR qui « vous permet de circuler entre différentes pièces d'une maison qui pourrait être la vôtre, et de constater l'émission réelle d'ondes de différents objets du quotidien ».

Maison ANFRMaison ANFR

Des études déjà disponibles sur la 5G, mais l’ANSES manque de données

Pour rappel, l’Agence nationale des fréquences a déjà publié mi-2019 plusieurs études sur la 5G dans la bande des 3,5 GHz (qui n’existe pas pour les 2G, 3G et 4G) : « Trente-six sites ont déjà fait l’objet de mesures qui ont montré qu’avant allumage des sites 5G, il n’y avait pas d’émission dans cette bande de fréquence et qu’après allumage des sites 5G, en l’absence de trafic, le niveau moyen d’exposition dans la bande 5G s’établit à 0,06 V/m avec un niveau maximal de 0,36 V/m. Ces niveaux se situent très au-dessous de la valeur limite réglementaire qui est fixée à 61 V/m dans cette bande de fréquences ».

Il y a quelques jours, l’ANFR expliquait travailler sur les expérimentations de la 5G afin de « caractériser les réseaux 5G en termes d’exposition du public aux ondes électromagnétiques ». Dans tous les cas, il faudra attendre le déploiement et l’utilisation massifs de cette technologie pour avoir des chiffres plus significatifs. 

Le principal problème pour le moment est l’absence en quantité suffisante d’études sur les effets des fréquences dans les bandes de 3,5 et 26 GHz, comme l’expliquait l’ANSES dans son rapport préliminaire sur les risques sanitaires liés à la 5G. Sa version finale est attendue pour le premier trimestre 2021, la 5G devant commencer à se déployer d’ici la fin de l’année.

Publiée le 10 avril 2020 à 15:26


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