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Face à Apple et Facebook, News Republic mise sur ses contenus et l'international
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Face à Apple et Facebook, News Republic mise sur ses contenus et l'international

Totalement OKLM
10 min

L'agrégateur d'actualités News Republic, utilisé par 12 millions de personnes, a sorti en mars sa dernière version. Elle doit paver le chemin d'une lecture plus personnalisée et sociale. Face à lui, Apple, Facebook et Google ont dégainé leurs concurrents à cette solution française, qui veut accélérer son internationalisation.

Ces derniers temps, l'actualité sur mobile est devenue l'une des grandes préoccupations des GAFA. Apple News, Facebook Instant Articles, AMP (porté par Google et Twitter)... Les initiatives se multiplient pour changer la manière de s'informer sur petits écrans. C'est déjà la mission que s'est donnée depuis plus de cinq ans une entreprise française, News Republic. Lancée en 2010, son agrégateur d'actualités attire 12,5 millions d'utilisateurs et 5,6 millions en quotidien.

La société s'est lancée en 2008 à partir d'un constat triple : le besoin d'actualités n'a jamais été aussi grand, le secteur est en mutation vers la délinéarisation (comme la musique et la vidéo) et le mobile sera le premier vecteur de news. « Il n'y avait pas d'acteur de ce type-là sur l'actualité en 2008 » nous explique Gilles Raymond, son fondateur.

Comme l'envisagent aujourd'hui Apple et Facebook, News Republic s'associe aux médias qu'il diffuse. Plutôt qu'un lecteur de flux RSS classique, News Republic agrège des contenus directement fournis par les médias. La clé : un partage des revenus publicitaires générés par l'application, à « 50/50 ». Une différence énorme avec un lecteur de flux RSS, qui renverrait à peine 3 % des lectures vers les sites des éditeurs, estime l'entreprise. « 97 % de la valeur va chez l'agrégateur de flux RSS, et 3 % au mieux chez l'éditeur » appuie Gilles Raymond.

Aujourd'hui, 1 650 partenariats sont signés dans 40 pays, pour fournir une actualité personnalisée aux utilisateurs des applications de l'entreprise. Grâce à un algorithme maison et ses community managers, le service affirme faire de ses utilisateurs leur propre « rédacteur en chef », avec une insistance marquée sur les fonctions sociales depuis la dernière version, sortie ce mois-ci. Une évolution importante pour la société, qui ambitionne d'être présente partout où elle le peut.

Le long chemin pour convaincre éditeurs et internautes

Le démarrage, peu après le lancement du premier iPhone, n'a pas été simple pour News Republic. « Au début, c'est l'enfer. Le mobile est peu générateur d'usage, de trafic, a peu de visibilité... Il faut six mois pour signer un deal » se souvient Gilles Raymond. Deux groupes français, Lagardère et Amaury, ont tout de même donné sa chance au service, tout comme les agences de presse AFP et Reuters, « très exigeantes sur leur rémunération ».

Aujourd'hui, l'entreprise dit signer deux contrats par jour. Avec ses millions d'utilisateurs et ses milliers de partenaires, il est désormais bien plus facile d'en attirer de nouveaux. De même, certaines fonctions du service aident à convaincre les médias de collaborer. Ainsi, pour chaque sujet, News Republic privilégie systématiquement le premier sorti et masque ceux qui en sont inspirés à plus de 50 %. « Cela représente des centaines d'articles tous les jours qui ne sont pas publiés pour préserver le respect de la source d'origine » affirme son fondateur. Au total, Elle traite 50 000 actualités, 40 000 photos et 1 500 vidéos au quotidien.

Pour l'utilisateur, l'intérêt de ces contrats est de pouvoir disposer des contenus directement dans l'application, plutôt que d'être redirigé sur le site de l'éditeur. Cela avec une personnalisation poussée du flux d'actualité et des alertes, en fonction des préférences déclarées et des contenus déjà lus. Bien entendu, l'entreprise compte aussi sur la qualité technique et ergonomique de ses applications et sur le choix entre elles. Car en plus de News Republic, elle édite Appy Geek et Appy Gamer, logiquement spécialisées dans les contenus « geek » et « gamer ».

News Republic v6News Republic v6News Republic v6

S'étendre dans le monde avec les constructeurs

La répartition est aussi importante, News Republic grandissant plus vite que les deux autres applications. Actuellement, elles fournissent les contenus des éditeurs de 53 pays, en 37 langues. Alors que la base d'utilisateurs était avant tout européenne il y a un an, « on est en train de devenir essentiellement asiatiques » affirme la société. L'Asie représente 40 % à 50 % de la base installée, l'Europe 30 % et les États-Unis 20 %. L'explication ? L'intégration de News Republic dans les terminaux mobiles.

News Republic est préchargé et prévouert sur l'écran d'accueil d'un certain nombre de fabricants. Le premier d'entre eux est HTC. « En un défilement à gauche sur l'écran d'accueil, vous avez les actualités déjà proposées par News Republic » indique Gilles Raymond. L'application est également fournie par Acer (dans le monde entier), Huawei (aux États-Unis et en Europe et Wiko.

Mais le coup dont l'entreprise semble la plus fière est Samsung en Chine. « Une vraie victoire » après trois ans de combat pour entrer sur ce marché, estime Gilles Raymond. Elle s'est longuement posé la question d'y aller, avec toutes les obligations (notamment éditoriales) que cela implique. « Notre choix est de dire qu'on préfère un verre à moitié plein que complètement vide » affirme-t-elle.

Il fallait donc respecter les règles, au moins pour protéger l'équipe sur place, et trouver des canaux de distribution. Si l'application est disponible sur les « stores » chinois, c'est bien l'intégration aux smartphones qui porte sa croissance. La société s'est également associée à Sohu, l'un des principaux portails Internet chinois, comme le demande la réglementation.

Une communauté gérée dans 12 pays

L'intérêt des fabricants pour News Republic s'explique par plusieurs raisons, dont le fait que le service dispose d'une large base installée et de contrats avec des éditeurs dans de nombreux pays. « En intégrant une seule application, le constructeur couvre 98 % de ses utilisateurs » résume le fondateur de l'entreprise, qui fournit plus de 200 actualités par jour dans 35 pays. Passer par ce service élimine également le risque juridique, une contrainte importante pour un acteur qui voudrait se lancer.

Le développement mondial aidant, l'entreprise française a lancé deux filiales aux États-Unis et en Chine, en plus de bureaux locaux dans d'autres, dont l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne et le Mexique. News Republic se focalise en fait sur 12 pays, qui ont une équipe dédiée au « community management », composée d'une à trois personnes. Parmi eux, la France est d'ailleurs celui avec le moins d'éditeurs signés.

Le fondateur de l'entreprise, Gilles Raymond, est lui basé à San Francisco, pour être au plus près des groupes qui modèlent le secteur. Pour lui, « la concentration de pouvoir de décision qu'il y a dans un rayon de 50 kilomètres autour de San Francisco » justifie d'y aller. Cela en plus d'« une grande acceptation de l'entrepreneur ».

La nouvelle concurrence d'Apple et Facebook

Ces géants de la Silicon Valley entrent d'ailleurs par la grande porte sur le terrain de News Republic. Apple News, Facebook Instant Articles ou encore AMP, poussé par Google, apportent une nouvelle concurrence à la jeune pousse française. Pour rappel, Apple News et Instant Articles sont des applications dédiées, quand AMP est un framework pour alléger les pages d'actualité sur mobile.

Si ces acteurs sont des géants de leur secteur, News Republic tient à rappeler leurs projets avortés dans l'actualité sur mobile, comme Facebook Paper. Jusqu'ici, « Facebook et Google n'ont pas réussi à avoir la même envergure dans l'actualité sur mobile que dans le social et la recherche » se rassure l'entreprise. « En 2008, 2009 ou 2010, on les voyait et on se disait que ce serait très dur d'être face à eux. Aujourd'hui, ce sont des concurrents qualitatifs, pas de doute, mais nous sommes plus sereins sur le sujet » appuie Gilles Raymond.

Pour justifier cette confiance, News Republic évoque la différence d'échelle entre les solutions. Quand News Republic fournit de l'actualité dans des dizaines de pays, Apple News a signé avec 50 éditeurs dans (à peine) cinq pays anglophones. Face à cela, les pages AMP sont très bien référencées dans les recherches Google. Malgré cela, il ne s'agit pas d'une concurrence directe selon la start-up française, pour qui il s'agit simplement d'apporter la qualité d'expérience des applications sur le web mobile.

L'arrivée d'Apple News bénéficierait même à News Republic. « C'est un fabuleux allié dans nos discussions avec les fabricants Android, qui disent que si Apple l'a fait, ils doivent aussi tenter de s'y mettre » résume son patron.

La sémantique au cœur du système

En dehors de ses liens avec les constructeurs, l'un des principaux atouts de l'agrégateur est son algorithme sémantique, qui trie les dizaines de milliers reçus par jour. La connexion avec les éditeurs est d'ailleurs simple : le média et le service interfacent leur CMS, via l'envoi d'un flux d'informations de l'un à l'autre, avec une quarantaine de formats supportés (dont les classiques XML et JSON).

Une fois l'article reçu, le moteur sémantique de News Republic analyse son contenu à partir de mots-clés. Il catégorise ensuite le sujet, grâce à une connexion à Wikipédia. Cela permet, par exemple, de mettre un article sur Barack Obama en catégorie États-Unis, même si le pays n'est pas mentionné. Enfin, il analyse les articles entre eux pour repérer les doublons et n'afficher que le premier sorti sur chaque sujet.

À partir de ces informations, une alerte est envoyée à l'utilisateur, en fonction de trois critères : une décision du community manager local pour les actualités importantes, les sujets sur lequel l'internaute est actif et les préférences déclarées. Il est ainsi possible de recevoir une notification par actualité sur un sujet donné, même si cela peut vite virer au spam.

Une nouvelle version depuis peu, axées sur le social

La v6, lancée sur Android et iOS courant mars, ajoute à cela une nouvelle couche sociale. Pour chaque lecteur, elle ajoute un profil avec ses préférences, des amis et la possibilité de suivre des experts, « sélectionnés par la communauté ». Les 600 experts actuels ont été choisis pour leur activité sur l'application et le nombre de suiveurs sur leurs thématiques.

Le service permet aussi de réagir et de commenter les actualités directement via son interface. Des sondages sont aussi régulièrement édités par les animateurs de communauté. En clair, l'entreprise veut reprendre les qualités de Twitter (le choix et la qualité de l'information) en vidant le modèle de ses défauts (la masse et la redondance des informations).

Le choix du mobile et de la publicité personnalisée

Le financement, lui, se fait par la publicité. Avec l'ambition « d'apporter de la news à sept milliards de personnes », les alternatives sont peu nombreuses. Elle dispose bien d'un abonnement à bas prix pour l'enlever, mais son usage est au mieux « anecdotique ». L'actualité doit être gratuite et il n'est pas encore question d'intégrer les paywalls de certains médias. Pour la société, le million d'abonnés payants du New York Times, l'un des plus grands médias mondiaux, ne serait pas impressionnant au regard de son audience.

L'entreprise française dit aussi bénéficier de la croissance « incroyable » de la valeur de la publicité sur mobile en 2015, qui conforterait son modèle, partout dans le monde. Elle passe par MoPub de Twitter pour diffuser ses publicités. Celles-ci doivent d'ailleurs devenir de plus en plus personnalisées pour l'utilisateur. Comme beaucoup d'autres sociétés, News Republic veut que la réclame ne soit plus subie mais devienne une information supplémentaire.

La société refuse pourtant de communiquer son chiffre d'affaires, après avoir levé 14 millions d'euros en trois tours, d'abord auprès des allemands de Creathor, puis les français de XAnge et l'américain Intel Capital. Elle ne compte pas non plus s'étendre hors d'Android et iOS, l'environnement Windows n'ayant pas encore suffisamment fait ses preuves pour l'entreprise, qui dit privilégier la qualité de ses clients.

Pour la suite, la jeune pousse française compte se concentrer sur deux pays supplémentaires dans l'année à venir, cela en plus d'enrichir son offre. Elle compte également améliorer son offre vidéo, jugée faible par rapport aux articles classiques (1 500 par jour contre 50 000). Enfin, elle compte donc améliorer son offre publicitaire, via « des partenariats avec des annonceurs qui sont capables de faire une pub intelligente ».

Publiée le 29 mars 2016 à 15:02


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